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gothique et romantique

La complainte d’une âme trop noire

Publié le 20 Oct 2015

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Je suis le vent.  Je suis les éléments. Parsemant la terre. Jouant avec la mer. Je suis instable. Coupable. Sans sourciller. Ni m’excuser. Je danse avec les ombres. Maquillant leurs humeurs des teintes sombres. De mon cœur. Je sème la terreur. Avec un parfum de bonheur. Trop brûlé. Trop carbonisé. Les mains enduites du goudron. De la couleur du charbon. De mes yeux. De mes cheveux. J’entends chuchoter à mon oreille. Les tentations de la paresse. Un miel. Une indolence. Qui me caressent. Je suis en transe. Aux portes de l’enfer. Pour satisfaire. Le sublime, l’artificiel. Mes cimes sont intemporelles. Je déclenche la haine. Mes fautes ne sont que peines. Je suis exécrable, abominable. Sans m’inquiéter, ni m’apitoyer. Toujours, tout le temps. Revenant au plus mauvais moment. Semer l’ennui. Engendrer la nostalgie. Inaccessible, impossible. Je suis fort. Je n’ai jamais tort. Allongé sur le dos des nuages. Le temps en otage. Enchaîné au fond d’une tombe. Plus loin que les catacombes. Je regarde la terre. Envieux, amer. J’observe ton visage. Merveilleux, sévère. Fier et sage. Je suis terrorisé. A l’idée de t’approcher. Je crane. J’ai mal. Au bout d’une pique mon crane. Mon âme dans un étau infernal. Je suis prisonnier. De ton regard que j’ai croisé. Cette sensation qui m’a envahi. Affaibli. La pluie n’est que mes larmes. Le vent n’est que mes soupirs. J’ai rendu les armes. Vulnérable avec l’intense désir. De descendre te rencontrer. Sur la terre, au bord de la mer, aux confins d’un désert. J’aimerais. C’est un conditionnel. Un espoir obsessionnel. Sans masque, ni bouclier. Je me sens faible. La première fois. Pour toi. Faible. C’est ainsi que je le vis. Mon univers étriqué. Mon écorce fendue, élimée. Le dos des nuages ne sont que cactus. Je voudrais écrire un nouvel opus. Être celui que je n’ai jamais été. Ce rêve impossible si loin de mes mains. Articulé comme un pantin. Je tremble. Plus rien ne ressemble. A ces certitudes qui renforçaient mes habitudes. Ce passé éradiqué. Damné. Ton regard m’a transpercé. Il m’habite. A tout cassé. A coup de dynamite. Je n’étais pas préparé. A devenir une épave éventrée sur des rochers. Tu ne sais pas que j’existe. Tu ne le sauras jamais. Je suis fataliste. Masochiste. Je m’invente un monde. Où nous sommes. Nos enfants faisant la ronde. Avec ce bonheur qu’ils nous donnent. Je te regarde. Vivre et sourire. Heureux pour ne pas être malheureux. Sans parvenir à retenir.  Le temps instillant le poison. Dans tes veines coulant. Lentement, imparablement. Je pourrais tout arrêter. T’aimer. Si, seulement j’osais.  T’embrasser. Mon cœur est trop noir. Ma lutte sans espoir. Je te vois t’en aller. Derrière le voile du passé. Sans rien faire pour l’arrêter. Je n’ai pas cette force. Je m’efforce. De protéger tes jours. Leur offrant mon absence pour toujours. Mes pluies seront infinies. Mes vents entêtants. Ils emporteront chaque soir. La complainte de mon âme trop noire.

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