English Version
gothique et romantique

Blog

Les portes de la tentation

Publié le 6 Jan 2013 | Aucun commentaire

IMG_9785

Un jour, les portes s’ouvriront. Un jour, nous entrerons à l’intérieur. Pour savoir et connaître la vérité. Celle qui nous échappe. Celle qui donnera un sens. A tout ce que l’on fait, à tout ce que l’on ressent. Sans jamais le comprendre. Le réalisant chaque jour par habitude, lassitude. On ira main dans la main franchissant les portes à l’instant où elles s’ouvriront. Sans peur avec la certitude que notre tour est venu. Pour ne pas avoir triché. Pour avoir attendu. Regardant ce mur de pierres et de bois. Chaque jour. Chaque soir. Nous l’avons contemplé à l’attente de ce moment où le droit nous sera donné. De quitter ce monde, de pénétrer dans un autre que nous imaginons différent. Il n’y aura plus de beauté, ni de laideur. Il n’y aura que l’espoir de nos rêves. Nous les emporterons avec nous pour unique bagage. Ni lourd, ni léger. C’est ainsi que nous imaginons cet ailleurs. Il ne peut en être autrement. Imaginer le pire pour faire de l’instant présent le meilleur. Rester encore et encore face à la porte. Il suffirait de la pousser. Ce serait si simple. Rien n’est simple. On le comprend peu à peu. S’aimer pour respirer. S’aimer pour vivre. S’aimer pour continuer de rêver. Nous fortifier pour ce jour où il faudra faire le choix. Le bon. Franchir la porte. Se lancer ou rester. Je ne suis plus sûr de moi. Je ne suis plus sûr de toi. Pourtant, j’ai tant besoin de toi. Partir seul, je ne peux l’imaginer. Te voir t’en aller, je ne peux le supporter. Je hais cette impasse dans laquelle la tentation nous a emprisonnés. Nous avons perdu tant de temps à façonner, modifier, transformer notre destiné. Nous nous sommes égarés devant ces portes fermées qui le resteront à jamais. Quelle folie d’avoir voulu un jour les dépasser. Pour être heureux, il nous suffit de rester de notre côté. Avec ce bonheur de chaque jour de vivre ensemble. Avec ce souci  de le protéger, de le séquestrer afin de ne jamais le voir nous échapper.

Lire la suite

Partir sans se retourner

Publié le 3 Jan 2013 | Aucun commentaire

IMG_9529

Partir sans se retourner. Marcher sur la crête des vagues. Monter, descendre, sans se noyer. Juste s’éloigner. Porté par le souffle du vent. Transporté par le bruit de l’eau. Regarder le vol des mouettes, plongeant dans l’écume glacée. Aimer la tempête qui s’est levée. Fermer les yeux pour ne plus voir. Ne plus chercher à savoir. Flotter pour s’en aller. Sans direction, sans hésitation, sans question. Laisser derrière soi le bon, le mauvais. Ne plus rien attendre, ne plus chercher à entreprendre. Juste voguer, se laisser porter. Sentir le calme naître. Pour avoir la sensation de renaître. Être bien. Dans un soir ou peut-être dans un matin sans lendemain. Fuir loin. La seule force du destin. L’avoir compris presque trop tard. Aux portes du désespoir. Pour s’être perdu dans le noir. Pour s’être fourvoyé au bout d’un chemin de hasard. Se laisser ballotter. Se laisser dériver. Plonger dans l’eau pour se laver, se nettoyer. Pour tout effacer. Pour un jour s’échouer. Dans un autre monde où tout est à créer. Sur une plage abandonnée. Sur une rive ensoleillée. Avec l’inquiétude de ne pas avoir conservé en soi les affres du passé.

 

Lire la suite

Notre maison

Publié le 3 Jan 2013 | Aucun commentaire

IMG_9212

J’ai voulu fermer la porte pour ne rien regretter, nos vacances, nos moments de vie, ensemble à contempler le ciel d’été, les flammes hivernales de la cheminée. Au fur et à mesure que la voiture dévale la route bordée d’arbres, j’essaie de me rappeler. Comme un test pour me souvenir, savoir que je suis en mesure de retenir. Ce long escalier que j’ai vu descendre jusqu’à moi une dernière fois. Tu n’étais pas en haut, tu ne l’es plus depuis si longtemps. Je ne me rappelle plus vraiment cette image où tu le dévalais en courant. Ce n’est pas si vieux mais j’ai oublié ne m’en veuille pas. J’ai regardé une dernière fois cet escalier en pensant à toi. Ta présence me manque tant. Je fais semblant de vivre sans. Solide comme un roc, fragile comme un colosse aux pieds d’argile. Au bas de l’escalier, il y avait le vieux canapé où nous venions nous effondrer après nos courses dans les prés. Par pudeur, je l’ai recouvert d’un drap blanc. J’ai eu l’impression de placer sur les ombres de nos vies le voile définitif qui les étouffera. C’est cela qui m’a le plus touché. J’ai refermé la porte sans plus rien regarder. Je me l’étais promis. Je n’étais plus sûr de rien, ni de moi, ni de cette envie de vendre la maison de notre passion. Sans toi, elle était une coquille vide. Au moment de la quitter, j’ai compris qu’elle faisait partie de ma vie même sans toi. Tu l’habiteras à jamais. Je n’y reviendrai pas. Je n’en aurais bientôt plus la clé. Un jour prochain quelqu’un ouvrira la porte, pénètrera dans notre paradis. Il enlèvera le drap du canapé, le jugera trop vieux, élimé. Comme nos souvenirs, nos vies que cette maison a abrité. La route entre les arbres s’achève. Je me souviens de la première fois où nous avons fait le chemin inverse; moi conduisant, toi anxieuse de découvrir. En haut, derrière un mur, le feuillage de bosquets, la maison est apparue. Maintenant, je ne la vois plus dans le rétroviseur. Les troncs des arbres de l’hiver me la cachent. C’est le moment que je redoutais le plus. Celui de savoir que tout est fini. Je ne l’avais pas imaginé de la sorte. Une foule de souvenirs m’assaillent, me tenaillent. Je ne veux en conserver qu’un seul, toi descendant l’escalier en ce premier matin d’été te jetant dans mes bras.

Lire la suite

Il n’aurait eu qu’à t’aimer

Publié le 25 Déc 2012 | Aucun commentaire

IMG_6745

Au fond du bois, dans la pénombre du jour, tu te noies. La lumière de la vie n’arrives pas jusqu’à toi. La peau blanche de tes pêchés te désigne. A tous, même à moi. Je t’ai connue, humble, fragile. Jusqu’à ce jour où tu as plongé dans les eaux tourmentées du Nil. Tu voulais connaître le monde. Dépasser les frontières, les tiennes, pour te perdre, valser dans les tourbillons glauques de ta déraison. Tu les as trouvés en Égypte. Cela aurait pu être en Chine ou ailleurs. Dans ta tête, dans ton corps, il n’y avait plus de repères, ni d’heure. Tu voulais conquérir, fuir. Tu voulais ne rien entendre qui puisse te retenir. Courir au-delà de tes limites. T’essouffler, pousser ton cœur jusqu’à l’exaspération. Ne plus respirer pour que se tourne la dernière page de ta partition. Engloutie dans cette eau éteignant le feu de ta passion. Tu y es arrivée. C’était ta solution. En souvenir, il a pleuré. C’était trop tard, le mal était fait. Il t’a construit cette statue, pour te glorifier, t’honorer, réparer. Il pensait se sauver. Il s’y est consumé. Comprenant, bien trop tard, qu’il n’aurait eu qu’à t’aimer.

Lire la suite

La fin du monde

Publié le 19 Déc 2012 | Aucun commentaire

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

La fin du monde serait de te perdre. La fin du monde serait de nous perdre. Qu’un soleil qui ne se couche pas vienne brûler nos vies. Que le froid de l’hiver se lève blanc de givre qu’il recouvre nos âmes. Que nous soyons tétanisés, incapables de bouger, pétrifiés. La fin du monde serait de rester impuissants, les bras ballants, les fissures de la terre nous séparant. Un fossé se creusant. Toi d’un côté, moi de l’autre hurlant, pleurant. La fin du monde est ce vide qui chaque jour nous menace. Son risque est vivace. Nous le savons.

Lire la suite

La cendre de tes souvenirs

Publié le 19 Déc 2012 | Aucun commentaire

IMG_0027

Le soleil est entré imperceptiblement. Comme la marée remonte les plaines de sable gris jusqu’aux dunes blanches de lumière. Ombre de ce matin s’infiltrant sur l’étendue sombre de la nuit, il s’est introduit du haut de l’abbatiale par le vitrail le plus élevé dégoulinant sur les piliers, inondant le cœur, les travées. Il s’est installé repoussant dans les coins obscures les dernières larmes de nuit. Tu es entrée. En plein soleil. Cette clarté t’a gênée. Tes yeux ont cligné. Tu t’es écartée. Petite silhouette timide. Le long d’un grand mur blanc tu t’es installée. Agenouillée, prostrée, à pleurer. A prier ? Tu as entre tes mains ces quelques lignes où il dit te quitter. Tu n’y crois pas. Tu ne peux le croire. Tu te raccroches à un espoir. Celui de te tromper, d’être dans un mauvais rêve, tu vas te réveiller. Oui, te réveiller. Ouvrir les yeux, être en pleine lumière, dans cette abbatiale où vous veniez si souvent vous promener. Regarder des enfants courir, se poursuivre entre les bancs et les chaises, penser, espérer qu’un jour les vôtres en feront tout autant. Il y a eu le temps des certitudes, celui des assurances puis ce mot, ces quelques lignes qui viennent tout briser. Il faudra te relever. Chasser la nuit qui s’est introduite dans ta vie, laisser s’étendre le temps des ombres avant que ne naisse le jour d’un autre lendemain. Tu le sais. Tu as peur de ne pas pouvoir attendre. Cela t’effraie. Tendre la main à la lumière, voler une parcelle de jour, quitter ce mur qui soutient ta peine, lâcher prise, se lancer, oublier, se forcer à le faire. La force est en toi. Tu es venue la chercher sur la cendre de tes souvenirs.

Lire la suite

This site is protected by wp-copyrightpro.com

This function has been disabled for Gothique-et-Romantique.