La larme de lune

Éphémère moment de félicité. Traversant la voute des cieux , dans la langoureuse chaleur d’un soir d’été, sur ton château une larme de lune a coulé. Rebondissant sur les pierres blanches, les fenêtres à petits carreaux, le sol de graviers, elle s’est étirée. Les moutons n’ont pas levé la tête, trop absorbés de manger. Cette lueur a peu duré, si peu vécu, provoquant tant de regrets. Il n’en reste que cette image donnant à son souvenir la grâce de l’éternité.
Lire la suiteIn the garden of my muse

This small hour, in the garden of my muse, I went myself from there. The fog extended, mixing lovingly with the fog, intertwining with the branches of the trees. Licking their feet, being coiled on their knotty chests, it was spread out over the bed of the dead leaves, over the wall of a sky without life. Its voluptuous forms became deformed under the caress of the wind. My hand was tightened meeting only the skin of a transitory body. My muse is thus. Losing my reference marks, I was inserted in the vaporous forest, according to a way without end, goal. I did not have any of it. Behind me, the night was closed again, enclosing me of its pressure. I felt his presence. It was enough for me.
Lire la suiteDans le jardin de ma muse

Ce petit matin, dans le jardin de ma muse, je m’en suis allé. La brume s’étendait, se mélangeant amoureusement au brouillard, s’enlaçant aux branches des arbres. Léchant leurs pieds, se lovant sur leurs torses noueux, elle s’étalait sur le lit des feuilles mortes, sur le mur d’un ciel sans vie. Ses formes voluptueuses se déformaient sous la caresse du vent. Ma main s’est tendue ne rencontrant que la peau d’un corps éphémère. Ma muse est ainsi. Perdant mes repères, je me suis enfoncé dans la forêt vaporeuse, suivant un chemin sans fin, sans but. Je n’en avais aucun. Derrière moi, la nuit se refermait, m’enserrant de son étreinte. Je ressentais sa présence. Elle me suffisait.
Lire la suiteThe eye of the day

This morning, the sun rose on the cellar of my secrecies. It entered gently, so slowly that I felt it to penetrate, preparing me with its intrusion, its questions. I hid in the darkest recesses of my insulation, the reducing one, not wanting to face this world of light which attacks me. In the cellar, under the stone vault, the calm, silence are my more faithful companions. It made fresh there whereas outside the dry grass, the flowers miss water, the sheets curl up. I see this sun going up white, aggressive, extreme. It will enter by the small window. That which is too high, that I, that I cannot reach cannot close. It is the eye of the day. This intrusive, inquisitive eye. The sun entered, I knew it. It lit the first stones of the window, then extended on those from the vault. I felt his heat. With it, the visitors of the day entered, discovering the underground crypt of the church where I am in hiding since so a long time. Always same remarks, same anxious glances. I have the habit. They are in search of phantom, of a phantom. They seek me, never see me. The days of summer, when the eye of the day violates my intimacy, I funds on the walls, run on the ground, slip between the stone slabs. I remain invisible.
Lire la suiteL’oeil du jour

Ce matin, le soleil s’est levé sur la cave de mes secrets. Il est entré doucement, si lentement que je l’ai senti pénétrer, me préparant à son intrusion, ses questions. Je me suis caché dans les recoins les plus sombres de mon isolement, le fuyant, ne voulant pas affronter ce monde de lumière qui m’agresse. Dans la cave, sous la voûte de pierres, le calme, le silence sont mes plus fidèles compagnons. Il y fait frais alors que dehors l’herbe sèche, les fleurs manquent d’eau, les feuilles se recroquevillent. Je vois ce soleil monter blanc, agressif, brûlant. Il va entrer par la petite fenêtre. Celle qui est trop haute, que je ne peux pas atteindre, que je ne peux pas fermer. Elle est l’œil du jour. Cet œil intrusif, inquisiteur. Le soleil est entré, je le savais. Il a éclairé les premières pierres de la fenêtre, puis s’est étendu sur celles de la voûte. J’ai senti sa chaleur. Avec elle, sont entrés les visiteurs du jour, découvrant la crypte souterraine de l’église où je me terre depuis si longtemps. Toujours les mêmes remarques, les mêmes regards anxieux. J’ai l’habitude. Ils sont à la recherche du fantôme, d’un fantôme. Ils me cherchent, ne me voient jamais. Les jours d’été, quand l’œil du jour viole mon intimité, je me fonds sur les murs, coule sur le sol, glisse entre les dalles de pierres. Je reste invisible.
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