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gothique et romantique

A huit heures

Publié le 9 fév 2015

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A huit heures, on s’est dit au revoir. Sans chercher à se revoir. On a rangé le mobilier. Laissant les rideaux écartés. Regardant le soleil entrer. Comme si de rien n’était. Le parquet ciré. La poussière enlevée. On s’est retirés. Avec l’idée. De ne jamais revenir. Le dos tourné pour en finir. A huit heures, on s’est séparés. Sans se retourner. Nos pas ont crissé sur le gravier. Il pleuvait. Le visage détrempé. Les cheveux mouillés. Tu t’en moquais. Moi aussi. Sans rage, sans envie. De s’écharper encore et encore. Jusqu’à la mort. C’était la fin. Notre fin. A huit heures, on s’est quittés me projetant vers l’infini. Loin de ton ennui. De tous tes cris. Ce passé entravé. Notre château glacé. Ses portraits figés. Nous au milieu. Ne croyant plus rien. Ni à dieu. Nos mains. Pour s’écharper, se griffer. Des plaies sur nos visages défaits. Je te hais. Tu me hais. A huit heures, on a tout arrêté. Laissant le silence s’imposer. Dans les couloirs, ton boudoir. Au cœur du château de notre désespoir. Là, où tu voulais régner. En reine. Du poison dans mes veines. Le battement de mon cœur lent. L’angoisse montant doucement. Te détestant. Toi, tout autant. A huit heures, on a brisé la charme. Nous emprisonnant. Sans  larme. La rage en-dedans. Sans enfant nous écartelant. Juste le vomi. De ce ressenti. Notre ennui. Je m’enfuis. Tu me fuis. A huit heures, on a savouré ce bonheur. De s’oublier. Il le fallait. Rien à regretter. Tout à jeter. L’erreur du passé. De s’être rencontrés. Attirés. D’avoir fait semblant de s’aimer. Tu m’as copié. Je te l’ai reproché. On s’est déchirés. Émiettés. Rapprochés. Pour mieux se gifler. A huit heures, on n’a pas commis l’erreur de se réconcilier. Comme par le passé. Pour se mentir ou se punir ? On s’est séparés après tant d’années. A penser le faire. Sans parvenir à le faire. Aimant notre enfer. Ce que nous avons sur terre. Se délectant de l’appauvrissement de nos sentiments, leurs misères. Je te hais. Tu me hais. Le trait d’union. De notre union. Sans contrefaçon. A l’unisson. De l’horloge du temps. Que je pourfends. Irrémédiablement. A huit heures, tes talons se retournant. Ton dos masquant. Le visage de tes yeux s’embuant. Je le sais. Combien de fois avons-nous essayé de nous séparer ? Sans penser mourir. Sans aboutir. Demain, on recommencera. Jusqu’ au jour où l’on y parviendra. A huit heures ou plus tard dans le leurre de trouver le bonheur ailleurs.  Tu es revenue. Je t’ai attendue. Un large sourire. On n’est pas prêts d’en finir. A neuf heures, on est heureux de se revoir. Avec l’espoir de se revoir. On a déplacé le mobilier. Fermant les rideaux écartés. Empêchant le soleil d’entrer. Comme si de rien n’était.

 

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