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gothique et romantique

Venue me hanter

Publié le 1 Oct 2019

Encore et encore dans un désert blanc. De si loin, là-bas. Dans un murmure complice. A petits pas comme un. Artifice ou un cataplasme. Sur une cicatrice et quelques fantasmes. Je dessine des traits de fusain. Annonciateurs de ciels nuageux. De couchers ténébreux. Dans la majesté d’une réincarnation. Pourpre et originelle, celle de nos impostures. Cajole-moi par intimidation ou exaspération. Emporte-moi sur tes courbures. Sans faire de morale caricaturale. Tout en titubant, tout en proscrivant nos reniements. Je hais ces serments palpitants. Qui infusent de nos excréments. Sans totem, loin de tous théorèmes. Alors, je m’endors sur un oreiller d’or. Et, me prends pour un conquistador.

Il n’y a pas d’autres fuseaux horaires. Que les hurlements atomiques d’une mégère. La flamboyance de loups. La cour carrée d’un tout. Ce petit plus de romantisme. Nous deux sur un isthme. Loin de toute hystérie. Coffre-fort à notre rêverie. Ses toiles bleues, nos yeux fiévreux. Et, le vent dans le souffle de l’ouragan. Désespérément. Exagérément. Pour faire des étincelles. Avec les particules de nos âmes résiduelles. Celles que l’on a épinglé sous des ailes. D’alouettes et de mouettes. Couples s’envolant dans la postérité de nos contrariétés. Je joue à pile ou face. Avec cette bande de rapaces. Fragiles et immortels. Creusant une tombe avec une pelle.

Demain, ils s’en iront enterrer. Notre illustre amitié. Sans larme, sans arme. Avec l’insuffisance d’une maigre pitance. Nos remords au bout d’une potence. Morts de rire dans un dernier soupir. Je m’en souviens à en vomir. Un matin lorsque s’en vient. Le carrosse d’une fée cabossée. Colportant les vertiges d’un voyage sans retour. Mon amour. Pour toujours. Je sais que j’implore l’impossible. Avec une insolence sensible. Dans la tourmente asphyxiée. Des ravages de tant d’outrages. Et, pire encore. Encore et encore dans un désert blanc. De si loin là-bas. D’où ruisselle une faiblesse lasse et en triste état.

Je devine tes hésitations, cet appel ultime. Cette approche que tu abhorres. Me suivre, me subir, nous anéantir. Encore une fausse idée, une fausse rime. Quelques larmes pour chamarrer nos visages. Ridés venus affirmer notre ancienneté. Sur la carte de visite de notre impartialité. Sage et admirable. Puis nous scellerons notre humanité. Sur un tonneau de bière et d’argent. Bancal et instable. En narguant le firmament. En jouant naïvement. Notre vie n’aura été qu’un acte de théâtre. Plat et atone, sans fard, au goût de plâtre. Tu en auras été l’ombre outragée et tourmentée. Venue me hanter. Venue me combler.

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