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gothique et romantique

Les chants des anges

Publié le 12 déc 2012

Les chants des anges se sont étendus sur le premier matin du monde. Souples comme le vol d’une colombe, ils glissèrent sur la terre, l’enveloppèrent.Puissants, forts, ils couvrirent le bruit de la bataille qui s’engagea entre la nuit et le jour. Les éclats de cette lutte montèrent jusqu’à nous. Nous étions collés l’un contre l’autre. Nous avions si peur. Les éclairs de leur combat crevèrent les ténèbres. Les montagnes jaillirent du sol. Les volcans crachèrent leur lave dans une mer écumante. Tu tremblais. Les vibrations de leur combat traversaient notre corps, nos âmes. Les chants des anges nous transperçaient. Ils voulaient nous sécuriser. Nous étions effrayés. Nos yeux pleuraient. Nos larmes avaient le goût de l’amertume. La disparition de cette nuit dans laquelle nous vivions depuis si longtemps. Le combat s’est arrêté avec la victoire du jour sur la nuit, l’arrivée du premier matin du monde. Il était blanc, laiteux. Paresseux, il s’est étiré en de longs nuages cotonneux. Il y avait la terre et les arbres. Le vent et le froid. Un sol blanc de givre. Lentement, le soleil perça derrière le voile de nuages. Nos yeux quittèrent les ténèbres. La lumière se fit de plus en plus vive, nous éclairant.  Son éclat a habillé nos corps, les réchauffant. Surprenante, la sensation a été agréable, réconfortante. Pour la première fois, j’ai vu ton visage. Avant, tu n’étais qu’une ombre que mes doigts effleuraient, que mes yeux ne voyaient pas. Nous étions bien ainsi. Le chant des anges a modifié tant de choses. Aujourd’hui, l’on se voit. Tu es si belle. On se touche si peu maintenant pour se comprendre. Nous regardons au-delà des collines et des bois de cette soif nouvelle de savoir. Avant, dans le noir, nous avions besoin de si peu de choses. Notre faim est devenue insatiable. Nos querelles interminables. Nos choix, nos regards si différents. On se sépare peu à peu chaque matin un peu plus. Il nous reste encore ces derniers instants de nuit où l’on se souvient que nous étions des ombres collées l’une à l’autre.

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