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gothique et romantique

Le rêve crépusculaire

Publié le 23 Sep 2019

Par myriades et par saccades, j’entends les feux joyeux crépiter. Leurs lames d’aciers fendre les humeurs pétrifiées. Les soleils cachés. Les ombres épargnées. Et, le silence aux sourires pâles et effacés. Là, pleinement gavé. A l’aube d’ouragans et de tornades crépusculaires. En meute erratique et filaire. Progressant la bave aux lèvres. Bravant le vent. Un matin de fièvre. Quand la lune s’apitoie. Et que le soleil la rudoie. Les doigts en croix. Parle-moi. De nos errances passagères, de nos outrances. Dans l’accoutumance de notre dépendance.

Je suis frileux, fiévreux. De nos tremblements. Tu dirais capricieux. Furtivement. Je t’écouterais en lisant sur tes lèvres nos émois décousus. Ces vertiges de phrases sans point. Ainsi, il en a toujours été de ce désir absolu. D’hier, de si loin. Comme un pacte infernal, téméraire et imaginaire. Accouplé aux ombres pétrifiées de nos visions passives et troublées. J’ai dans le cœur nos rancœurs empaquetées. Comme des cadeaux empoisonnés. A découvrir un soir de noël avec le désespoir à ses pieds.

Je hais le plaisir proscrit de ses ondes merveilleuses. Aux étoiles éparses et tumultueuses. A la sortie d’un jugement sans sursis. Qui fait la part belle à une vie sans envie. Je me rappelle dans le sang de l’ennui. L’éloge véniel de nos mélancolies. Tentaculaires et versatiles. Leurs aubes bleues et virginales. Amères, dans le pourpre infini de nos valeurs cardinales. Infantiles et imputrescibles. J’ai ce vertige de l’abandon. Accouplé à mes erreurs sans pardon.

Quoi qu’il advienne, plus loin que que je me souvienne. Il y a cette odeur, ces couleurs, les teintes anciennes. De toiles impudiques et oniriques. Accrochées dans les ruelles de nos catacombes. Là où se vautrent nos enfants aux yeux illuminés. Sous les trombes d’orages moqueurs. Le labeur et la fureur de nos querelles à toute heure. Lorsque bat le temps nostalgique. De se rappeler l’essence de notre problématique. Une passion esthétique. Cette complicité excessive profondément amnésique.

Je sais les tremblements pieux. Les jugements élogieux. Toutes ces frondaisons de fleurs d’un jour pluvieux. Pour faire croire. Que nous fûmes moins que laborieux. Tutoyant l’absolu, méprisant le miroir. De nos ombres caractérielles sur une plage de lave. Un soir à la gibecière gavée de mots suaves. La mélancolie de l’oubli dans le viseur de notre fureur. Cette sensibilité pour éradiquer notre humanité. Enfants de rien aux soubresauts hoquetant. Je te provoque par offense ou par suffisance ?

Je me moque de ce rêve morbide. Où nous étions insouciants et joyeux. Heureux ; de si loin, avec nos émois insipides. Morcelés en particules ridicules. Minimalistes comme un trait. Simpliste sur une toile gelée. Il y a sur le pôle cet igloo ravageur Où nous abritons les trésors futiles. De nos emplettes poussives sur des marchés batailleurs. Je frappe cette noirceur qui nous envahit. Inutile et intrépide comme un voleur impavide. Aux tics frénétiques. Sur un visage doux et hermétique.

Tu me laisses psalmodier sur notre passé. Dans une pose lascive et jouissive. Tu me laisses m’abandonner, me noyer. Sans sourciller. Par excès . Dans une lassitude pétrifiée. Sur le bûcher de nos spectres empalés. Posément accumulés au fil des années. Ce désordre institutionnel et suranné. De nos mélancolies giboyeuses et chamarrées. Sous un soleil noir de juillet. Par myriades et par saccades, j’entends ses feux joyeux crépiter. Je ressens ses lames d’aciers fendre nos humeurs pétrifiées.

Je pourrais te parler de nous enfuir. De nous unir. Sous les évaporations luminaires d’un jour de canicule. Comme çà par facilité. Exister en minuscule. Sur le globe d’un monde opaque et insomniaque. Lorsque s’endort le sombre dans les traces de nos ombres. J’aime ce squelette aux parfums aphrodisiaques. Trimballant en chahutant dans un sac. Nos exaspérations prodigieuses. Ces passions cultivées sous serre. J’en désespère une récolte lumineuse.

Pour éclairer le corridor où trônent sur un mur des trophées. Abandonnés pour ne pas avoir été. Ballottés dans les torrents de nos pleurs passagers. Venus irriguer nos concessions contraintes. Lorsque se lèveront les aubes feintes. De matins caverneux. Alors que s’endormiront les meutes mélancoliques. De nos touchers soyeux. Dans la pesanteur dithyrambique. D’un rêve accouplé à un passé inhibé. J’oserai t’aimer.

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