
Les yeux perdus sans pouvoir cacher ce visage qui ne saurait être vu. S’affiche ta face à double faces aux traces noires comme un ravage. Coule en toi la haine d’une bête sauvage qui se maintient pour paraître sage. Se maintenir, se tenir, sans agir, sans réagir, pour ne pas souffrir. A en pleurer, à en rugir dans les limbes du martyre. Que tu n’as pas voulu. Qui te met à nu. Le jour, la nuit, au centre de la place, sur le pilori. Figée dans une pose toute en retenue. Suinte sur ta peau les eaux de jours pluvieux. Qui un jour provoqueront ta mue. Maquillant de jeune ton visage cireux. Trop noirci à en paraître vieux. J’ose croire que dansent en toi des jours heureux. Que ta vie n’est glacée que dehors. Que brûle dans ton corps un feu capable de te protéger de la mort. J’aime à penser que tu vis derrière ce bouclier. Écoutant battre le temps cognant comme ce cœur dont tu es privée. Je veux imaginer que tu pourrais parler. De ce que tu entends, de tous ces mots lâchés à tes pieds. Prenant ta pose frigide pour une absence rigide. De celle dont on ne revient pas. Immortelle, t’obligeant à rester là. Les yeux perdus sans pouvoir cacher ce visage qui ne saurait être vu. S’affiche ta face à double faces aux traces noires comme un ravage. Tu te réveilles la nuit en nage. Émergeant du cauchemar, les bras tendus vers le ciel. Pour qu’il te vienne en aide, qu’il entende ton appel. Vain car il n’y a jamais la moindre étincelle. T’apportant l’espoir de quitter ta camisole de désespoir. Soldat d’infortune, posé au cœur de la cité pour célébrer sa bonne fortune. Placée là pour rester là. Il te revient de faire bonne figure, les yeux perdus sans pouvoir cacher ce visage qui ne saurait être vu. S’affiche ta face à double faces aux traces noires comme un ravage. S’évaporent les larmes mortes de ton corps te quittant dans un ultime outrage.
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Comme une odeur de caramel brûlé s’échappant d’un four qui a trop chauffé. Coulent le miel et le lait ingrédients que tu voudrais lécher si tu le pouvais. Tu n’as que l’imagination pour t’enchanter, le rêve pour te contenter. Devant les grilles d’un sombre matin à la lune sans lendemain. Comptant sur ses doigts ronds ces journées qui tournent en rond. Vibre en toi l’appel de t’évader au travers d’images volées. A la mémoire, chapardées au coffre-fort de moindres remords. S’évaporant jusqu’à ce bonheur consommé de jouer avec le faux et le vrai. Pour s ‘en délecter puis s’en contenter avec passion dépassant les limites de la raison. Repoussant les grilles, en les tordant, rapetissant les interdits en les broyant. Tu aimes cette odeur de caramel brûlé s’échappant d’un four qui a trop chauffé. Coulent le miel et le lait ingrédients que tu peux lécher. Car, maintenant, au-delà des grilles tout t’est permis. Dégoulinent sur tes doigts la crème et la patte du gâteau de tes délices. Que tu manges dans ce voyage insolite au bout de tes caprices. Faisant du monde imaginaire une terre qui n’a plus rien de factice. Poussent les herbes et les mirages de tes prochains voyages. Dans l’air pur d’un matin se tordant au soleil comme un pantin. Aux membres tenus par des bouts de ficelle, captif du cycle du lever du jour, de son coucher dans un grand bal pour toujours. Sur le rythme effréné de tambours. Tanguent le désir et l’amour sur une odeur de caramel brûlé s’échappant d’un four qui a trop chauffé. Coulent le miel et le lait ingrédients que tu as savourés. En tournant les pages des livres de contes de fées. Où rien ne peut s’arrêter, ni jamais arriver, au terme de tant d’artifices. Réveille-toi, le rêve n’existe pas, personne ne croit aux merveilles du pays d’Alice.
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La porte s’est refermée en raclant le sol. Laissant filtrer le soleil éclairant cette idée folle. De t’embrasser dans l’air chaud de cette fin de matinée. Passée à flâner en souhaitant t’effleurer. Dans l’odeur fraîche d’un petit matin. Avec ce vent léger qui nous faisait du bien. Nous marchions, nous rêvions avec en moi l’envie de prendre ta main. Figé par cette peur de trop vite poser le point de la fin. Le risque de tout faire rater. Le pari de se lancer. En moi, brûlait cette envie de t’attirer. Sans savoir si tu la ressentais ? Jusqu’au moment de pénétrer dans la chapelle abandonnée. La porte s’est refermée en raclant le sol. Laissant filtrer le soleil éclairant cette idée folle. De t’embrasser dans l’air chaud de cette fin de matinée. Tes lèvres étaient douces et sucrées. Au goût de ces bonbons au miel que nous avions partagés. D’autres souvenirs se sont ajoutés. Éteignant peu à peu le soleil sans pareil de cette belle journée. L’hiver succédant à l’été sans parvenir à balayer. Cet instant magique où tu t’es collée. Dans la chapelle abandonnée, je suis retourné. La porte s’est refermée en raclant le sol. Laissant filtrer le soleil éclairant cette idée folle. Que vole en ce lieu l’âme de notre jour heureux.
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Je te tiens la main, je ne veux pas couler. Tu me tiens la main, tu ne veux pas te noyer. Pourquoi plonger, sans savoir nager ? Jouer avec les limites de la vie pour savoir que rien ne nous trahit . Monte en moi la violence du rejet. Vibre en toi la terreur d’avoir eu peur. De ne plus toucher le bord, de ne pouvoir remonter, de ne jamais respirer. Dans l’eau, seuls à nous abandonner, nous avons touché à cet ardent désir de ne plus nous quitter. Promesse que la lame de fond de nos peurs a scellé à jamais. Il a fallu pousser les portes de la terreur. Pour comprendre que notre rage est plus forte que nos fureurs. Les vagues de nos rancœurs portent le sel d’aviver nos plaies. Sans avoir la force de cette terrible frayeur. Que j’ai eu à te voir sombrer ailleurs. Pour notre plus grand malheur. Dans les abysses d’un océan de douleurs. J’ai ressenti ce besoin de rester en vie avec toi. Que tu ailles jusqu’au bout avec moi. Je te tiens la main, je ne veux pas couler. Tu me tiens la main, tu ne veux pas te noyer. C’est cette image que je veux emporter. Allongé sur le dos, flottant en regardant un ciel étoilé.
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Il reste l’image d’une exaspération juste avant la capitulation. Un geste de la main envoyé au ciel. Un drapeau battant comme une aile. Un lion figé couché aux pieds. Scellé dans le bronze pour ne pas déformer. L’idée d’un révolté qui voulait tout chambouler. Emporté par un besoin d’absolu. Le poussant à se mettre à nu. Habité d’une sensibilité lui donnant une âme d’écorché. Le brouillard des années est venu. Recouvrant d’une uniformité, les contours et les détours de sa personnalité. Plongeant le sculpteur dans une quête d’absolu. Imaginant un visage, une expression sur des souvenirs tenant du mirage. Il reste comme une idée de ce qui pouvait l’animer. Tracé d’un trait de plume sur une feuille de papier trop sage. Où les mots sont jetés pour se coucher, s’alignant en soldats formatés. Sans restituer le sens exact de ce qui l’enflammait. Un drapeau battant comme une aile, un geste envoyé au ciel. On peut lire un nom au pied de la statue. Gravé avec retenue, pour ceux qui ne l’ont pas connu. Il reste les oiseaux prenant ses bras pour des branches. Se posant pour porter au loin leur vue. Sinistre réalité que le magicien du temps sort de ses manches. Sans public pour s’extasier, ni même se retourner. S’étend dans le parc l’ombre d’un souvenir vierge de tout soupir.
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