
Tourne le manège des jours et des semaines étirant les mois et les années dans une même peine. Sur la répétition d’une partition se balançant entre les rails du tramway. Emportant la séquence cadencée d’attentes renouvelées. Rythmant le manège enchanté prisonnier d’un unique trajet. Chaque fois répété au point de ne plus regarder. Derrière la vitre la vie se dérouler. Ni le décor majestueux s’étaler. Il n’y a que le vrai de se précipiter pendu au fil d’une destinée. Transportant les pantins désarticulés, démembrés de se déhancher sur les rails du tramway. Insensibles aux senteurs de l’humidité baignant la fin de journée. S’affole l’impatience donnant au cœur sa raison de battre. La précipitation de calculer le temps perdu, les heures gâchées à s’immobiliser. Dans une attente forcée à combattre. Ordonnée par le métronome de rails se tordant sous les roues du tramway. Ne se lassant jamais de répéter. Chaque jour sans s’épuiser le même trajet. Marquant la répétition, des heures et des années. Que tous empruntes en vieillissant, en s’exténuant pour finir par abandonner. Avec la certitude que toujours sera pareil en étant présents ou absents, imaginant les yeux fermés. L’instant où les portes s’ouvrent ou vont se refermer. Dans la douceur d’un balancier figé par sa raison d’exister. Pendu à l’horloge du temps qui aime à se répéter. Qu’hier et demain seront comme aujourd’hui, lents et mesurés. Emportant les attentes, les envies de se précipiter. Dans le rythme cadencé se balançant entre les rails du tramway. Que l’on peut aimer ou détester. Que rien jamais ne pourra arrêter. Fais pour vivre en étant enfermé sur la ligne parallèle de rails figés. Personne ne sait si le rêve ne serait pas de s’en échapper ? Apportant de la folie, une porte ouverte sur l’imaginaire afin de s’envoler. Jusqu’à un ailleurs libre et libéré. Tout de suite bridé par cette impérieuse nécessité. Que personne ne comprendrait le manque de respect. De cette loi qu’est la ponctualité. Faisant tourner le manège des jours et des semaines étirant les mois et les années dans une même peine. Sur la répétition d’une partition se balançant entre les rails du tramway. Pour toujours et à jamais.
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Il y a nos pas qui traînent le long du grand fleuve. Un décor de lumières qui baignent nos rêves. La douceur d’une nuit de mars avant qu’il ne pleuve. La langueur d’une journée qui s’achève. L’envie de la retenir. Pour l’empêcher de s’ensevelir. Dans l’histoire d’un passé qui chaque jour s’écrit. Parlant du bon et du mauvais dans le livre de nos vies. Brillent les étoiles que l’eau a englouties. Dans le reflet du miroir d’un ultime sursis. Il y a cette envie. Qui n’est pas un caprice juste le terme d’un instant magique. Où la dernière image conservera le cœur de ce moment unique. Protégeant les couleurs de nos souvenirs s’assombrissant. Quitte à en oublier les odeurs et les bruits. Libérant dans une pause figée l’âme des choses qui nous ont transportés. Permettant de s’en aller, de ne plus revenir, sans jamais perdre la nostalgie. De nos pas traînant le long du grand fleuve. Sans trace, ni empreinte, mélangé à l’histoire d’une présence invisible. Où tant de gens sont passés sans témoin, ni preuve. Juste portés par le courant des eaux paisibles. Se chargeant de leurs peines, de leurs joies avant que la nuit ne s’achève. Dans un décor de lumières qui baignent nos rêves.
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Il y a une image qui revient sans cesse comme une porte qui n’arrive pas à se refermer. Frottée, usée sur l’échiquier des regrets, des mots rejetés, des pensées construites sans être délivrées. Par peur de ne pas être comprises ou simplement par lâcheté. Il y a cette image d’un visage qui s’en va, que rien ne retient.Pas même un souvenir, une larme, un geste de la main. Il pèse cette impossibilité dans la lourdeur contrainte de rester spectateur. Victime d’une absorption, d’une réclusion dans un espace temps où s’infiltre la lenteur. De voir se dissiper derrière les nuages de la mémoire. La vivacité d’un regard, la lumière d’un sourire, le reflet passager du bonheur. Il ne reste rien ou si peu à choisir entre espoir ou désespoir. Il y a tant à reconstruire, combler le vide, maquiller les cicatrices à jongler avec les artifices du jour et du soir. Il baigne comme une impuissance autour d’un îlot de résistance. Qui allume la lumière du souvenir enveloppé de l’oubli des années. Sans tolérance dans une totale dépendance. A ce fil impossible à tendre entre le réel et le passé. Coupé au moment de le raccorder. Qui pourtant cherche toujours à se connecter. Au-delà du brouillard, des images vieillies et glacées. Dans la posture de statues plantées dans la commémoration d’une idée abandonnée. Au moment où le voile s’est levé, emportant leurs secrets. Ne laissant que le souvenir d’un regard embrasé, l’appel d’un dernier baiser. Il n’y avait que lui pour le lui donner.
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Un clair de lune volant à la nuit ses lumières et ses ombres. Un réverbère dérobant à la solitude ses fantômes et ses heures sombres. S’endorment les rêves et les peurs laissant vibrer le souffle d’une torpeur enveloppante. Recouvrant les pas d’errances s’enfermant dans un parc endormi. Là où s’étendent les cris d’enfants, leurs courses trépidantes. Somnole le retour prochain d’une vie récurrente. Que le silence et les formes de la nuit ont assoupi. Bordant l’espérance d’un prochain matin dans le lit d’un sommeil souverain. Tu traînes, tu manges à grande faim. Le calme, l’absence, le néant comme un indicible festin. En léchant le miel, en buvant le vin au calice de ces minutes sans fin. Ne cherchant qu’à étirer chaque seconde au-delà des heures et des jours. Retenant le vent des années pour rester, exister. Pourtant, l’impossible reste tapis dans l’ombre muet et sourd. A ton désir de retenir l’aurore. A ton souhait de freiner la montée du soleil, le retour de ses couleurs, de son or. Tu tangues sur les eaux troubles d’une insomnie qui se répète quand tout renaît. Au moment où tout se tait. Au bord de la fuite, au cœur de l’ennui. Tu traînes dans le parc, tu te languis. Dans cette forme d’évasion qui ressemble aux murs d’une prison. Sans conditionnelle, sans libération. Il y a la répétition de ces nuits où ton ombre s’habille de noir pour te confondre. Avec le vide et le néant où tu te caches habilement. Ondulant dans cette vie où tu trouves ta place si difficilement. Avec un réverbère pour tout soleil dérobant à la solitude tes fantômes et tes heures sombres. Un clair de lune volant à la nuit ses lumières et ses ombres.
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Chapardés sans vouloir les voler, j’ai joué avec les outils du temps. Les utilisant maladroitement en figeant les arabesques de tes mouvements. Te laissant pendre au bout de longues ficelles. Comme une marionnette sans cervelle. Je ressens une forme d’amusement. Il est difficile de te l’avouer sans déclencher ton mécontentement. Pourtant, je ne me sens coupable de rien. J’ai le plaisir de tenir ton destin. Entre mes mains, dirigeant ce que tu es devenue, un pantin. D’habitude, je me tais. Aujourd’hui, je fais le malin. Tu t’abstiens car tu crains. De rester figée. J’aime ce pouvoir. De ne plus redouter mais de savoir. Que je peux tout imaginer. Pendant que tu es paralysée. Peut-être terrorisée ? A l’idée de ne jamais te libérer. Ai-je envie de le faire ? Pour me retrouver de nouveau à terre. Toi, me manipulant d’un regard fier. Je porte la clé de mes péchés. Avec l’absence de regrets. Pourquoi revenir en arrière m’empêcher d’exister ? Car tu pends au bout d’un fil. Que je t’abandonne sur ton île. Autant de raisons qui ne sont pas ma raison. Autant de situations qui ne rallumeront pas ma passion. Éteinte à force d’être l’objet de tes complaintes. J’ai accepté, tout enduré, quitte à m’emmurer. Dans le silence pour supporter toutes tes offenses. Jusqu’à ce jour où je pourrais me détacher. De tout, de toi, de ce qui me semble mauvais. Chapardés sans vouloir les voler, j’ai joué avec les outils du temps. Les utilisant maladroitement en figeant les arabesques de tes mouvements.Je ne vais pas me plaindre de cette chance. Toi qui danse. Au bout de longs fils. Moi qui pense. Que tu es bien futile. Ma revanche, ma vengeance ne sont pas violentes. Elles sont la mort lente. Du fait que je ne crois plus en toi. Que tes pirouettes sont tristes, tes grimaces contractées. Comme un mauvais coup de pinceau sur du bois laqué. Qui ne fait pas rêver. Que je n’ai pas envie d’acheter. Te laissant dans la vitrine sans regret. Je m’en vais sans être attristé. Ni même pleurer. Les larmes ne coulent pas le jour d’une libération. Il n’y a qu’une profonde respiration. La naissance de nouvelles sensations. Le retour d’une époque où je ne t’avais pas encore rencontrée. Les mains libres, les bras non retenus par des fils. Que j’ai serrés au bout de tes poignets pour t’empêcher de te libérer. A jamais.
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