Un matin de vampires

Le jour s’éveille lentement. S’étirant sur le firmament. Poussant la nuit. Marquant la fin de l’infini. Au loin doucement. Nos langueurs endormies. Tendrement, chaleureusement. Entre des arbres engourdis. Par un froid mordant. Le sel d’un envoutement. Sur tes lèvres caressant. Mon désir violemment. Dans tes bras me pressant. Aimant blotti. L’obscurité qui s’enfuit. Nos corps transis. Bientôt éblouis. Par un soleil brûlant. La scarification d’un ensorcellement. Sur nos peaux brutalement. Notre martyr irrésistiblement. Vers la mort nous jetant. Attendre encore un moment. Une envie. Les restes d’une vie. Tous deux réunis. D’un amour suffoquant. La brulure d’un volcan. Sur nos âmes irrémédiablement. En poussières nous réduisant. Vers une séparation nous emportant. Rêvant d’une larme de temps. Alanguie. Tombant petit à petit. Toi et moi bénis. Par cet instant. La caresse d’un ultime évènement. Freinant notre évanouissement. Nous effleurant. Avant. Notre effacement. Fatalement. Nous les amants maudits. Errant la nuit. Au bout de l’infini. Un matin de vampires. Notre dernier soupir.
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Ce matin la gelée est tombée

Ce matin, la gelée est tombée. Sur les champs et les près. Ce matin, la gelée s’est allongée. Sur les herbes glacées. Craquant sous les pieds. M’en allant te retrouver. Je sais. Que tu m’attendais. Patiente, frigorifiée. Depuis toutes ces années. Je ne veux pas t’humilier. Je vais d’un pas pressé. Pour t’éviter. De t’impatienter. Dans la tête le requiem embrumé. D’un souvenir embaumé. Le notre, presque oublié. Emporté. Par la rivière venue charrier. Le bon et le mauvais. Entre des rives canalisées. La regardant nous le voler. Sans pouvoir s’y opposer. Ce matin, la gelée est tombée. Pour aviver. La plaie. De nos cœurs marqués. Entravés par la fatalité. De devoir s’effacer. Face à la destinée. Sans pouvoir rien empêcher. Je viens te retrouver. Proche de cette rivière qui t’a emportée. Sans visage, rien à se raccrocher. Dérivant vers l’infini abimé. Sans croix pour se rappeler. Le vide pour imaginer. Tes sourires, nos délires atrophiés. Sous le poids des années. Voilées de s’être égarés. Je suis mortifié. Devant cette impossibilité. De mettre un visage sur le reflet. Du miroir des eaux pressées. Que je suis seul à regarder. Cherchant à te parler. Te dire mes regrets. Je crois que tu peux les écouter. J’ai besoin de le penser. Pour ne pas culpabiliser. Lutter après toutes ces années. Ce matin, la gelée est tombée. Sur la tombe de notre passé. Il le fallait. Pour voiler les couleurs élimées. Cette fatalité imposée. D’être séparés. Toi, dans un monde que je ne peux imaginer. D’où tu dois me regarder. Peut-être me juger ? Je ne t’ai pas oubliée. Cela tu ne peux pas me le reprocher. J’aime te rechercher. Porté par la mélancolie d’un temps effacé. Où l’on aimait. Se retrouver. Dans les champs et les près. Au bord de la rivière, les pieds mouillés. A regarder flotter nos projets. Les laissant dériver. Sur les bâtons que nous avions jetés. Pour les transporter. Les tiens allaient. Plus loin que les miens, une fatalité. Je t’enviais. Un jour, je n’ai pas oublié. Tu es partie les retrouver. Ce matin, la gelée est tombée. Sur les champs et les près. Ce matin, la gelée s’est allongée. Sur les herbes glacées. Craquant sous les pieds. M’en allant te retrouver. Je sais. Que tu m’attendais. J’ai encore la force de l’espérer.
Lire la suiteUn ciel aux multiples étoiles

Volées à la voie lactée. Se balançant accrochées. Dans le silence d’une attente. De tes yeux émerveillés. Tanguent les étoiles impertinentes. D’un ciel pleurant son infirmité. Concession à cette obligation. De forcer la délivrance. De notre profonde dépendance. A observer un ciel étoilé qui serait. Les champs et les blés de fées. Capables de nous faire rêver. Les étoiles, je les ai volées. Pour te les donner. Capturées au fil de leur mélancolie. Pendues devant des murs vieillis. A portée de main prisonnières. De mes pensées amères. Dans tes yeux aucune lumière. Plutôt une prière. En attente d’une liberté. Rendre les étoiles à la voie lactée. Cet endroit où elles te font rêver. Les yeux élevés vers un ciel irradié. Hallucination d’une nuit à tourner en rond. Exécution sans contrefaçon. Demain soir, sans histoire. Elles se seront envolées. Parsemant la toile. D’un ciel aux multiples étoiles.
Lire la suiteMa mauvaise volonté.

D’un geste de la main sur la terre et les blés. S’étend la fumée. D’un jour embrumé. Avec ce pouvoir de vouloir. Changer les couleurs et les saveurs. La teneur de mes humeurs. Rage et fureur. Maquillées de douceur. Pour ne pas faire peur. Je hais le jaune des blés. Leur fadeur. Ils seront ras et verts. Je l’ai décidé. Sur les pentes et les dévers. Finies ces teintes de déserts. Les reflets du soleil. La blondeur toujours pareille. Les filles qui ensorcellent. Leurs cheveux blonds. Comme un appel. Le tout qui tourne en rond. Répétition d’une obsession. Apparition d’une rébellion. Tout sera vert. Les filles aux cheveux blonds. Dans les près et sur la terre. Captation d’une attention. Il y aura aussi. Des matins embrumés. Au gré de mes envies. J’ai ce pouvoir de vouloir. Volé à des dieux capricieux et facétieux. Plane le doute. D’une prochaine déroute. Le refus des blondes. Leur imagination féconde. Pour rester proches des dieux. D’un œil langoureux. Impuissance du merveilleux. A résister aux blondes peroxydées. Je vois mon pouvoir s’effriter. Mes rêves m’abandonner. Monter la brume des regrets. L’envie de refuser. La haine des dieux. L’arrivée de l’enfer. Absence de choix entre les deux. Pour des près verts. Des blondes et leur couleur. La teneur de mes humeurs. Ma rage en fusion. Les près brulés de lave. Totale destruction. Les dieux, les blondes qui en bavent. Un jour embrumé. Un matin pour changer. Le pouvoir de tout pouvoir. D’un geste de la main sur la terre et les blés. S’étendent les fumées. De ma mauvaise volonté.
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Un premier matin

Une pesanteur, une lenteur. Un premier matin. Un geste anodin. Posant des couleurs. Sur la toile du monde. D’une imagination féconde. Blanche, gris alangui. Sur les verts et les dévers. Sur les têtes des arbres. Coupantes comme des sabres. Dans le coton d’un brouillard. Se levant tard. Il y a le silence obsédant qui s’étend. En ombre sur les zones sombres. Notre vie, nos regards, si proches. Plus solides que la roche. Se renforçant chaque jour. Sans autre approche. Que de s’aimer toujours . Sur la terre et le monde. Les vagues d’une onde. Sans ravage, ni carnage. Noyée dans les bois et les forêts. Veillant aux aguets. De ne pas s’égarer. Sur des chemins sans lendemain. Teintée du gris. De matins transis. Quand on a mal dormi. Tristes et fades. Au bout d’une ballade. Quand les mots s’enchaînent. Entraînant la peur et ses chaînes. Sur la partition d’une ancienne révolution. Le sang qui coule à profusion. Putréfié, noir sous les arbres. Les cris des corbeaux. Une danse macabre. Sur le sol des tombeaux. Des couleurs passées. Un rêve oublié. Les teintes d’un premier matin. Sans ombre sur la terre sombre. Un soleil irradiant la nuit. L’idée qui s’enfuit. Une odeur de vomi. Cet avenir ranci. Des couleurs tristes et pales. Portant le mal. D’une pesanteur, une lenteur. Coupable d’être incapable. D’imaginer un été en hiver. Un ciel bleu en enfer. Entravé par cette incapacité. De se projeter plus loin que la fatalité. Oubliant qu’aimer est source d’éternité. Avec cette folle humeur. De créer les teintes d’un monde. Où les couleurs seront vives et majeures.
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Si tard en ce soir de fête

Il y a ce chant, une berceuse. Ses paroles heureuses. D’une fenêtre envolées. Jusqu’à nous tombées. Au cœur d’un été. Dans une rue de Vienne. La grande autrichienne. Égarés dans les vapeurs. D’une nuit et ses chaleurs. Lentement et en douceur. Les yeux fermés. Marchant sans se presser. Pour mieux gouter. Le plaisir d’aimer. Se toucher. Romantiquement, tendrement. Devant les lumières. Sous les voutes de pierres. Furtivement, désespérément. Avec l’attirance. D’une irrésistible dépendance. La force de briser l’écorce. De violer toute résistance. Fatalement, diaboliquement. Nous, jusqu’au bout. D’une nuit, ses mélancolies. Il y a ce chant, une berceuse. Ses paroles heureuses. Nos âmes vagabondes. Sur la terre ronde. Arrachant d’un piano. Les larmes de trop. Qui font naître nos peurs. Égarés entre douceur et terreur. Sur les rives du Danube. Toi et moi qui titubent. Sous l’iceberg de notre ivresse. Laissant flotter nos faiblesses. Dérivant au cœur d’un été. Dans une rue de Vienne. La grande autrichienne. Avec nos fragilités. Cette sensibilité. La violence de nos émotions. L’immense pression. De ressentir ce désir. Nos corps qui s’attirent. Il y a ce chant, une berceuse. Ses paroles heureuses. Parlant d’avenir, de grandir. De jours lointains. En ne pensant qu’à demain. Sans aller à plus loin. Au-delà n’existe pas. Une vérité sans projet. Un amour sans rigueur. Qui engendre nos peurs. Mélangeant douceur et terreur. Sur les rives du Danube. Toi et moi qui titubent. Cette nuit, sa mélancolie. Le brouillard dans nos têtes. Si tard en ce soir de fête. Avec ton être qui m’entête.
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