La raison de t’aimer

Il pourrait y avoir le tonnerre et la pluie, le vent et la peur Il y a le soleil, le calme et la chaleur. Ton pelage séduisant, rayonnant, se jouant. Des ombres, des regards, des menaces, des râles qui trépassent. Toi, forte et puissante, régnante sur un royaume invisible que tu gardes d’une démarche apaisante. Il y a cette lumière qui te recouvre d’un brillant hommage. Que tu acceptes pour sa douceur, refusant son éclat qui n’a d’égale que ta rage. Contenue, maintenue dans l’éclat de tes yeux que tu sais rendre sage. Attitude polie d’une souveraine parfois hautaine. Sachant que sa puissance, sa force, ne sont pas faines. Devant des suzerains rampant pour assouvir leur faim. Toi, allongée sur le canapé de tes excès. Toi, méprisant tous ces détails insignifiants. Cachant la vérité de ses instants. Derrière le masque fermé de traits impassibles. Il y a le vrai, le faux que tu peux rendre possible. D’un grognement, d’un agacement. Il y a l’amour que tu donnes au compte goutte, à torrent, suivant tes caprices du moment. Actrice victime de ses énervements. Reine dominatrice, qui peut se montrer manipulatrice. Dorment en toi tant de sentiments qui peuvent sortir bouillonnants mâtinés d’une fureur castratrice. En ce moment de paix, règne l’instant pesant de chercher à deviner le sens de tes silences. Cet œil à peine luisant qui renvoie l’offense. D’être observé pour chercher à comprendre, pour espérer entendre. Ces mots que tu ne prononceras jamais. Ce regard d’amour jeté à la volée. Qui est ta vérité et la raison de t’aimer.
Lire la suiteNe me quitte pas maintenant

Ne me quitte pas maintenant. Garde les yeux ouverts, tes larmes s’échappant. Emportant, tes regrets, tes mots hachés. Jetés gratuitement pour faire mal, le tout rongé par la culpabilité. D’errer dans la cacophonie de ces pensées qui te bouleversent, que tu ne peux maîtriser. Submergée par tes faiblesses, cet afflux de tendresse que tu ne peux étouffer. Ne me quitte pas maintenant. Sans avoir refermé le livre de tes secrets pour que tu puisses accepter le pardon, les laissant s’échapper. Pour respirer un air nouveau, libre, sans ces souffrances qui sont venues saturer. Tes rires, tes regards amusés, qui se sont peu à peu enterrées. Dans la répétition de ces cauchemars te laissant éveillée. Tout au bout de la nuit avant de partir alanguie fatiguée. Sur les eaux de la rivière serpentant dans les méandres de ta vie tourmentée. Mais avant de me quitter laisse la paix entrer. En toi, t’envahir, t’inonder. Pour me sécuriser, savoir que tu seras heureuse, libérée. Il ne me restera qu’un dernier combat, lutter pour ne pas t’oublier. Ne me quitte pas maintenant. J’ai peur de ce futur sans toi, me tétanisant. Impuissant à arrêter pour quelques secondes le temps. Afin de te respirer, de t’écouter, faire semblant. Que nous sommes comme avant. Proches indolents, imprudents en croyant. Que tout restera ainsi nous voyant, nous touchant. Mais cela est faux car maintenant tu vas t’en aller. Je ne puis rien pour t’en empêcher. Ce n’est pas comme avant. Je le sais. Je ne peux que te crier. Ne me quitte pas maintenant !
Lire la suiteLes vapeurs d’un oubli

Des lumières blanches balafrent le voile noir de la nuit. La pluie tombe drue sur des pas qui s’enfuient. Dans la pesanteur d’un soir de mélancolie. Calme et paisible à l’écoute des bruits. D’une course sur des marches vieillies. Il y a la douceur de l’air humide, le silence de l’ennui. Le plaisir de les fendre doucement dans une ambiance endormie. Où la solitude a la douceur d’une caresse bienvenue. La tendresse d’une confession attendue. Traînant comme un somnambule au cœur des rues. A la recherche d’une sensation inconnue. Le goût du sucré ou du salé ou d’une autre saveur bienvenue. Il y a l’absence de repère et de temps. Juste le bonheur ou la facilité d’un instant. Rêvant en disparaissant. Derrière le rideau d’un brouillard s’enfuyant. Ombre parmi les ombres refermant. La porte d’un jour qui sombre derrière le voile de la mélancolie. Ne laissant que les vapeurs d’un oubli.
Lire la suiteBrille fugacement une lueur

A la mort de la nuit, au lever du jour, brille fugacement une lueur le temps d’une mesure. Portée par le chant d’un chœur introduisant le Requiem de Mozart. Emprunt d’une tristesse qui dure. Alors que dans nos cœurs coule le nectar. De ces longues heures d’obscurité où nous nous sommes lovés. Protégés par le silence, abandonnés dans le confort de canapés, écoutant les bruissements de la nuit nous recouvrant. Toi et moi, nous levant pour jeter les cartes de nos jeux sur le velours de la table nous séparant. Pendant que dehors le froid s’étend dans la blancheur d’un givre s’épaississant. Nous regardant le visage éclairé par les reflets de la lune. Ses rayons s’en allant chercher fortune. Dans le miroir des carreaux de cette fenêtre recouverte de glace, ouvrant nos regards sur l’atmosphère d’un matin d’hiver. Plus tard que la nuit qui a conservé la douceur de notre chaleur. Brille fugacement une lueur le temps d’une mesure. Blanche, sinueuse, s’étalant capricieuse. Dans le ciel, sur la table, sur nos mains, refroidissant la température. Toi frissonnant, moi m’approchant. Sans nous regarder, sans nous parler. Juste alanguis amoureusement. Caressés par le lever du matin. Observant la nuit s’endormir, le jour le remplacer, appelant un lendemain. A notre soirée qui s’est éternisée. Que nous avons étirée jusqu’aux confins. De ce jour où brille fugacement une lueur le temps d’une mesure que nous délaissons comme une flétrissure. Laissant au jour son royaume, ses fantômes. Les nôtres n’ont pas d’ombres. Comme nous, ils vivent dans la pénombre. Attendant cette lueur qui brille le temps d’une mesure. Unique moment où comme eux nous existons. Portés par le choix de voir encore le jour se lever sur nos nuits. Terrible frisson. Enivrant, stupéfiant qui nous apporte la force de ne pas sombrer au fond d’un puits. A la mort de la nuit, au lever du jour, pendant que brille fugacement une lueur le temps d’une mesure. Portée par le chant d’un chœur introduisant le Requiem de Mozart. Emprunt d’une tristesse qui dure. Alors que dans nos cœurs coule le nectar. D’être ensemble si tard. Réunis dans une passion qui cogne comme les notes hachées d’une fanfare. Nous n’avons plus de corps, nous sommes morts. Mais, il reste les yeux de nos souvenirs pour retranscrire. La douceur des choses qui ont ensoleillé nos vies passées comme ces petits matins où brille fugacement une lueur le temps d’une mesure. Arrachant les barreaux à nos murs. Projetant nos espérances de liberté s’en échappant, leur doux murmure. Un jour ou l’autre à la mort de la nuit, au lever du jour, brillera longuement une lueur brisant l’amure du temps, je te l’assure. Nous serons là à l’observer avant de fuir avec elle à jamais.
Lire la suiteUne lumière a couru sur le lierre et la pierre

Dans une nuit d’éclairs a jaillit une lumière courant sur le lierre et la pierre. S’étalant sur les murs d’une chambre aux papiers déchirés. Éclairant l’histoire de soleils éteints. Qui endormaient les enfants venant s’y reposer. Il y a longtemps fantômes d’un passé sans lendemain. Laissant le noir s’installer rampant dans un tonnerre assourdissant. Brisant le cœur des amours d’hier. Perdus dans la steppe et l’hiver. Kidnappant les souvenirs loin de la maison de l’enfance. Éteignant la chaleur des premières années d’insolence. Adolescence enfuie dans le départ de ceux qui l’ont habitée. Laissant la maison vide sans personne à aimer ni à protéger. Tombent les larmes d’une cantatrice chantant les notes tristes d’un opéra maudit. Pleurant la mort lente de ce corps refroidi. D’avoir trop souffert d’être délaissé. Raisonne en écho le chant d’anges noirs. Têtes basses reprenant à tue tête le refrain. D’un avenir sans espoir. Ne laissant que le sable d’une mémoire filant entre les mains. Lente désagrégation d’une maison s’effaçant sous un amas de ruines. Dans une nuit d’éclairs s’invitant sous la bruine. Cogne le battement du temps inlassablement comme le métronome d’un opéra fantôme. Arrachant les dernières forces de vie, portant le chant d’une cantatrice rappelant ces cicatrices. Infligées par l’abandon, recouvertes par le lierre comme dernier artifice à la misère. S’effaçant dans le désert de pièces vides de repères. Que la nuit recouvre d’un voile noir. S’endort alors le souvenir de ceux l’ayant habitée jusqu’à leur ultime soir.
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Il y a …

Il y a le froid, le silence, le poids pesant de l’absence. Il y a ces reflets au sol brillants comme une insolence. Le son diffus d’une balade s’échappant d’une chambre. Tanguent deux corps dans le soir de novembre. Il y a toi et moi dans le noir. Marchant pas à pas sur le même trottoir. Il y a l’effacement du temps. Qui nous effrite oppressant. Ne nous laissant que le vide. Dans lequel on s’enfonce avides. De fuir les toits sombres de notre ville. Qui n’accueillent plus notre asile. Il y a ce concerto pour piano. Lent, sombre et beau. Qui me revient en tête. Ta main dans la mienne comme une nuit de fête. Il y a longtemps. Avec le plaisir envoûtant. De garder le souvenir de ce doux moment. Il y a tous ces petits bouts de vie. Qui nous ont unis. Collés les uns aux autres pour tresser la corde. Sur laquelle s’est construite la passion que l’on s’accorde. Il y a le frémissement de l’air. Portant le froid de l’hiver. Tu frissonnes, je le sens. Sans le besoin de faire de mystères. Avec le temps. J’ai appris à te comprendre avant même de t’entendre. Il y a ce balbutiement d’une fin peut-être celui d’un nouveau commencement. Lentement, au fur et à mesure que s’efface la rue. Que nous perdions de vue. Ce en quoi nous avons parfois cru. Il y a l’absence de regrets. Le besoin de s’éloigner. C’est ainsi que cela doit se passer en toute humilité. Ne reste que le son diffus d’une balade s’échappant d’une chambre. Tanguent deux corps dans le soir de novembre. Et ce souvenir quand pour nous tout a commencé.
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