Un monde à imaginer

Ce n’est pas le remord, ni même le regret. Qui m’empêcheront de déplorer. De voir le jour s’en aller. Refermant les heures ensoleillées. Passées à se promener. En rêvant d’un monde à imaginer. Où nous pourrions nous protéger. Il suffirait de le fabriquer. Au fil de nos pensées. En se laissant divaguer. Ivres de tanguer. Dans le silence d’une nuit ensommeillée. Glissant le long du château à ses pieds. Portés par l’eau glacée. Que nous ne pourrions toucher. Les yeux vers le ciel rivés. En regardant les étoiles filer. Nos cauchemars derrière accrochés. J’ai le droit de rêver. A un univers rond ou carré. Sa forme ne pourra m’empêcher. De croire que les murs sont faits. Pour être repoussés. Ce n’est pas le remord, ni même le regret. Qui viendront me contrarier. De croire et d’espérer. Que les péchés sont faits pour être pétrifiés. Et que les rêves terminent embaumés. Même s’ils ne se sont jamais réalisés. Ils restent à la mémoire accrochés. Comme des étoiles filants illuminées. Sur la voute d’un soir ombragé. Tableau noir marqué. Des lettres de craie. Racontant pourquoi on était fait. Sans jamais l’avoir réalisé. Il reste la nuit, le silence écrasé. Pour caresser les cordes du passé, les faire vibrer. En écouter les larmes couler. Les boire, s’en abreuver. Pour tenir, ne pas craquer. Afin d’être prêt à se lever. Quand le jour viendra rappeler. Que ce n’est pas le remord, ni même le regret. Qui m’empêcheront de déplorer. De voir le jour s’en aller. Refermant les heures ensoleillées. Passées à se promener. En rêvant d’un monde à imaginer.
Lire la suiteLe livre inachevé

Plus loin que se souvienne la mémoire. Dorment dans un livre inachevé les mots d’un texte sans espoir. Écris à la lumière vacillante d’une bougie dans la pénombre d’un soir. Sculptées sur le papier à l’encre noire. Les lettres déstructurées de phrases hachées sont le miroir. D’une âme triste et désemparée s’engluant dans le désespoir. La peur, la crainte de ne pas savoir. L’inquiétude désemparée de ne plus rien voir. Ont eu raison de ces mots d’amour jetés à travers le hachoir. D’une passion arrivant au bout de son histoire. Dans une bibliothèque ou quelque part ce livre inachevé est en attente du bon vouloir. D’un lecteur prêt à douter ou bien à croire. Que ces lettres peuvent encore émouvoir. Et mieux qu’un vieux grimoire. Elles reflètent une âme qui n’a rien d’illusoire. Car en elles sommeille un esprit dans lequel on peut encore percevoir. Le sang vif d’un amour infini prêt de nouveau à s’émouvoir.
Lire la suiteLe souvenir d’un champ de blé

Il me reste le souvenir d’un champ de blé. La pluie tombant, un sol détrempé. Les nuages volant bas s’accrochant. Aux branches d’arbres les harponnant. Dans la moiteur d’un été égaré. Au ciel gris et envoutant.Mystifiant toute idée de se délasser. Il me reste le souvenir d’un champ de blé. Aux couleurs délavées jaune d’or. Ondulant dans le vent jusqu’à la mort. Pourrissant au cœur des vapeurs. Suintantes d’un jour jusqu’à la nuit. Baignant dans une torpeur. S’enfuyant au bout de l’infini. En n’ayant plus peur. De la tristesse et de la pitié. Il me reste le souvenir d’un champ de blé. Au hasard d’une marche forcée. Sous la pluie de l’été. Sans chercher à me retourner. Pour voir s’évanouir. Le fantôme d’un souvenir. Derrière le brouillard dense. D’une dernière offense.
Lire la suiteTu pourrais me pardonner

Une nuit, un goût de pluie. Des lumières, des ombres. Un manque d’envie. Tout qui sombre. Sans pouvoir se rattraper, juste lâcher. Une force venue d’ailleurs. Qui inquiète, qui fait peur. Je ne sais plus. Je ne peux plus. Un souvenir vague. L’ âme qui divague. Les ailes d’un corbeau. Noires luisantes. Tout là-haut. Une lune rayonnante. Mes pas qui traînent; une paresse insolente. Je voudrais prendre ta main. La serrer. Me rassurer. Je suis seul. Avec ce goût de pluie. Sur mes lèvres, sur ma gueule. Les yeux qui se ferment, je m’endors. Au bord du rêve, si proche de ton corps. Je peux l’imaginer. Le toucher. De mes mains d’aveugles. Mes remords qui m’aveuglent. Déversant des flots de regrets. Les images qui se brouillent. La solitude pour pitié. L’âme qui se souille. Des fantômes du passé. Errant dans le château oublié. Que nous avons déserté. Sans parvenir à nous retrouver. Je ne suis plus rien. Sans pays, sans abri. Il me manque ta main. Pour sortir du labyrinthe. Mes larmes ne sont pas feintes. Tu pourrais me pardonner. Si tu le souhaitais. Je n’ose te le demander. Toi que j’ai abandonnée. Dans un recoin de ma mémoire. As-tu seulement existé ?
Lire la suiteDes saints se tenant la main

Les stigmates d’un trait de fusain tracé d’un revers de main. Ont posé sur la pierre blanche un dessin en attente d’un lendemain. De saints se tenant la main. Mettant fin à la langueur d’une absence portant les ailes de l’offense. Insolence coloriée de suffisance aux frontières de l’indécence aussi loin que s’envole la conséquence. De cette balafre noire sur une neige immaculée. Appliquée pour marquer avec la volonté de reposer à jamais. Sur le tombeau d’une brisure aux corps d’enluminures. Avec l’épitaphe d’un dernier parafe. De saints se tenant par la main. Plus haut que volent les anges. Aussi loin que portent les louanges. Se courbant sous le poids d’un temps qui passe. Ne laissant de soi qu’un arrière-plan qui s’efface.
Lire la suiteLa pesanteur de l’instant

La pesanteur de l’instant au cœur de l’accélération du mouvement bat lentement sur ton corps dormant. S’immisçant comme le grain de sable déstabilisant du moment, elle ondule sur le firmament de l’horloge du temps cognant imperceptiblement. Impuissante à retenir ses battements coule l’onde s’enfuyant de ton cœur s’essoufflant. Moi, te regardant incapable de le retenir, s’effritant dans l’air environnant en me remémorant ton souvenir poignant.
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