Avant. Il y a longtemps

Avant. Il y a longtemps. Il y avait des nuits étoilées. Des ciels qui s’enflammaient. Dans ma mémoire, ils me guidaient. Vers des rêves émerveillés. Un sommeil apaisé. Laissant mes cauchemars dans le monde oublié. Là où mes yeux ne peuvent se projeter. De peur de ne plus pouvoir les effacer. Une forme d’abandon, de lâcheté. Je le sais. Ne peux l’assumer. Les yeux fermés à voyager. Dans le labyrinthe angoissé. De mes nuits étouffées. A traîner sur les pavés. Au bord de la Tamise ses eaux argentées. Cherchant le reflet. De spectres tourmentés. Venus m’accompagner. Par désespoir, par fidélité. Comme si nous étions liés. Ayant tant de choses à partager. J’aurais aimé les pousser. Les voir se noyer. J’aurais aimé. Ils sont ma moitié. La face cachée. Que je ne peux répudier. Mon passé décomposé. Aggloméré à cette proximité. Je les ai apprivoisés. Des nuits à marcher, à composer. La mélodie de pas rythmés. Endormant les fantômes du passé. Dans ma mémoire. Ils sont dans une armoire. Faussement oubliée. S’ouvre avec la clé. Des regrets.
Lire la suiteFantômes ou pantins ?

J’ai fait de tes insomnies. Les battements de ma vie. Chaque soir, chaque nuit. Le sommeil qui s’enfuit. Les yeux ouverts vers l’infini. Le temps sans fin. Derrière les murs de notre château. Le froid de nos mains. Parcourant les touches d’un piano. Nos notes sont silencieuses, muettes. Sans partition à jouer. Notre mort est éveillée. Nos ombres obsolètes. Nous ne sommes rien. Moins que rien. Transparents. Il nous reste cet amour. Mordant. Nos regards émerveillés. Enfantins. Ce besoin. De s’effleurer. De se toucher. Ta robe de dentelles. Blanche éternelle. Tes cheveux blancs. Envoutants. Nos pas traînants. Depuis des siècles, des années. Je ne parviens plus à me rappeler. De tout, de rien. Je me souviens. On a refusé de se quitter. Prenant le néant. Pour paradis. J’ai fait de tes insomnies. Les battements de ma vie. Chaque soir, chaque nuit. Assis à se regarder. A s’observer. Je n’ai rien à te refuser. Tu n’as rien à m’opposer. On a tout balayé. Épousant le néant. Devenant transparents. Notre futur est notre passé. Notre passé est oublié. L’oubli est la signature. De ce temps qui dure. Le tien, le mien. Notre désir qui le retient. Parmi les perles de cristal. De ce jeu infernal. De savoir qu’un jour tout s’arrêtera. Le hasard je n’y crois pas. Je regarde ta poitrine se soulever. J’ai peur de la voir s’arrêter. Toi aussi. Tu vis avec cette folie. Seule perdue dans le néant. Les cris, les pleurs de cet enfermement. Oppressant. Fantômes ou pantins je ne sais plus. Au bout de quel fil nous sommes pendus ? D’un souffle glacé, je repousse ce temps capable de nous effacer. De rester seul abandonné. J’ai cette peur à partager avec toi. Elle nous guette, plane au-dessus de notre toit. Faisant de nos faiblesses. L’outil qui nous agresse. Je veille. Je surveille. J’ai fait de tes insomnies. Les battements de ma vie.
Lire la suiteL’agonie de la lumière

L’agonie de la lumière. En tache de fond sur l’horizon. Un soir sans raison. Porte le gout de larmes amères. Avec le goût rance. Du jour, de ses outrances. Sans exagération avec la compassion. D’un soir sans raison. Soudainement. Brutalement. Le corps à trembler. Les mains à rejeter. L’instant. Le présent. Seul à cet instant. Pour comprendre. Qu’on ne peut entendre. Les plaintes, le souffle. L’agonie de la lumière. Là-bas au bout de la terre. Où nous n’irons jamais. Nos courses à bout de souffle. Sans aller. Aux portes du brasier. Pour contempler. Les flammes effaçant ce passé. Récent et oublié. Les mains rouge sang. Du soleil s’abaissant. En tache de fond sur l’horizon. Provoquant notre impuissance. Respirer l’air. Jeter en l’air. Notre décadence. Tout derrière. Triste. Minimaliste. Je comprends ta haine. Elle entrave ta peine. Un soir sans raison. Seule dans le cimetière. L’agonie de la lumière. Tes pieds nus marchant sur des pierres. Tête basse. Le poids qui harasse. D’une solitude. Vraie et assumée. Se mélangeant parmi les ombres. Se protégeant dans cette attitude. Sombre. Sans peur. A cœur ouvert. Trouvant dans la nuit le refuge. Du bruit, de l’enfer. Sans personne qui juge. Le cercle de ta vie. Tes envies. Tes paradis. L’agonie de la lumière. Marque la frontière. Où tous tes chats sont gris. Câlins et cruels. Où tous tes pas portent le cri. Sans fin et éternel. De tes rêves. Je crois en eux. Partagés à deux. Ils enlèvent. Pour toujours. Les perles de jour. En tache de fond sur l’horizon. Ils soulèvent. Les volutes de la trêve. Entre tes craintes et tes plaintes. Ils rappellent que tu existes. Dans le noir de tes soirs. Ta différence sans être une offense. N’a rien de fataliste. L’agonie de la lumière. Est ta manière. De dresser le paravent. Où s’enfantent tes secrets. Tu me mens. Je le sais. C’est ta vérité. Pour résister. Être ce que tu es. Vraiment. J’en suis écarté. En l’acceptant. L’agonie de la lumière. N’est pas notre crépuscule. Sans rien derrière. N’a rien de ridicule. Elle porte le goût de tes délices. Nés dans le calice de tes caprices. L’agonie de la lumière. N’est que le corps et l’esprit. De ce qui te définit.
Lire la suiteL’écorce scarifiée

Sur l’écorce scarifiée reposent tant de cicatrices. En cœurs gravés pour se souvenir. Dans le verbiage d’un mirage. A la pointe d’un couteau comme un artifice. Pourquoi existe-t-on avant de mourir ? Une trace, un hasard. Un rien, quelques désirs. La nuit puis plus tard. Dans la cacophonie de ma mélancolie. Alanguie dans le brouillard. Les fantômes du passé. A me narguer. Sage reste ma rage. Le dédain en dernier câlin. Le mépris pour ces spectres bannis. Englués dans les méandres du miroir. Que je ne saurais voir. A vendre du désespoir. Quand je veux croire. Qu’il y a une autre fin à notre histoire. Mes pas sortiront du noir. Comme chaque fois. Devant la grille du cimetière. Allant jusqu’à toi. Mes fantômes derrière. Errant sur leur terre de misère. Il me reste cette foi. De te rencontrer sans ce poids. Pour faire semblant. En te mentant. Ultime caprice. Je veux te parler, je veux te dire. Sur l’écorce scarifiée reposent tant de cicatrices. Les nôtres. En cœurs gravés pour se souvenir. Drôles d’apôtres. Faits de chair et d’os se croyant immortels. Provoquant en duel. Le présent, l’instant, le moment. Nous nous sommes perdus. Dans le labyrinthe de notre folie. Pour ne croiser que le néant, ses terres nues. Je ne regrette rien. Si ce n’est la chaleur de ta main. Elle m’a laissé le vide, le froid, l’absence. Ton absence. Je viens te rencontrer. En foulant les terres de brouillard. La nostalgie a endormi mon cafard. L’ennui veille sur moi jusqu’à plus tard. Je me suis enfui plus loin que l’infini. Il me reste cette force. De tracer sur l’écorce. Les jours, les mois, les années qui m’écartent de toi. Notre arbre a grandi. Je te parle de lui. Il nous relie. Me maintient en vie. J’ai si peu à te raconter. Devant ta tombe figée. Je ne sais plus ce qui est vrai. Le présent, le passé. Cela n’a plus d’intérêt. Sur l’écorce scarifiée reposent tant de cicatrices. En cœurs gravés pour se souvenir. Un artifice. Une mesure, un soupir. Dans la cacophonie de ma mélancolie. Tu es là, tu restes en vie.
Lire la suiteDémoniaque

Mes ciels noirs. Ton cœur noir. Unis. Sous l’étendard de nos faiblesses. Je crois en toi. Dans la vague caresse. Du bal démoniaque de nos haines. Contre le vent et le temps. Ce battement du sang dans nos veines. Tentant. Comme les méandres de ton corps. L’héritage de l’âge. Nous sommes immortels. Plus forts. Plus sages. Intemporels. Irrationnels. Tu crois en moi. Dans l’irrévocable promesse. De jours, de nuits. Infinis. Sans cesse. A croiser le fer. Tes yeux cruels. Le miel amer. De tes baisers empoisonnés. Perpétuels. Une peine. Un frisson à peine. Nous sommes fous. De nous. Sur les toits. Au dessus des douves. L’appel aux loups, aux louves. En meute sous notre loi. Démoniaque. Il faut un nom. A notre passion. Cette déraison. Aphrodisiaque. Castration. D’hier, de notre passé. Il n’y aura plus de lendemain. Le vide et puis plus rien. Tout sera effacé. Dans le silence de mes ciels noirs. A écouter battre ton cœur noir. Habillés des oripeaux de nos fantômes. Là-haut près du dôme. Où la nuit étend ses tentacules. Libre et sans calcule. Les bras en croix, le visage au vent. Face aux tempêtes. Un moment de fête. Envoutant. Je t’offrirai le monde. Une terre ronde. Sans aspérité. Sans endroit où te couper. Tu ne m’as rien demandé. Je le sais. Démoniaque. Tu hantes mon cœur. Enfante mes peurs. Maniaque. En addiction de toi. Je crois en toi. Il était une fois. Il était ainsi. Le corps, les rêves de mon infini. Je peux te les conter. De mots muets. A lire dans mes yeux. A toucher dans mes mains. Nous deux. Sans fin. S’évanouit cette espérance improbable. Ne laissant que l’ombre coupable. De mes ciels noirs. De ton cœur noir. Portés comme une fatalité. Venant souiller. Ce qui reste de notre éternité.
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