Une mauvaise nuit

Quand l’ennui se marie avec l’infini d’une mauvaise nuit. Tous deux intensément épris. Ils s’effondrent comme des fêtards. Dans un corbillard perdu dans le brouillard. Raillés par un couple de chauve-souris. Trempés sous la pluie. Dans l’écœurement despotique. D’un râle pathétique. Ces épousailles n’étant qu’un feu de broussailles. Ils se sont promis de se mentir. Pour le meilleur et pour le pire. Quand l’ivresse de leur mensonge étire leur paresse. Leur corps engourdis pèsent sur un mauvais lit. Sous une lune blanche et affadie. Les mains nouées pour mieux s’écarteler. Leurs enfants seront maudits. Ils iront au delà du pont aux planches pourries. Jouer sur le sol noir de volcans engourdis. Construisant des châteaux avec des pont-levis. Dans le rêve imaginaire. De fuir ce cimetière. Reniant leur père et leur mère. Unis sous la sombre bannière. De ne s’être jamais compris. Quand les amours futiles seront inutiles. Les larmes rempliront les lacs. Et les rivières repoussées par le ressac. D’un sentiment de culpabilité. Aux enfants mort-nés. Condamnés par des spectateurs muets. Regardant le corbillard passer sans s’apitoyer. Quand le jour se sera levé. Il ne restera que le ciel de traîne. D’une mauvaise nuit, de son boulet et de ses chaînes.
Lire la suiteRevenant

Tu vois en moi le froid. D’une nuit sans lune. S’assemblent. La peur, l’effroi. L’ombre brune. De nos corps qui tremblent. S’éparpillent les miettes de nos cœurs. Dans le gémissement. De matins. Sans lendemains. Cette sensation m’écœure. Je hais. Ce qui a été. En moi. Tu vois le froid. Cette vérité glacée. Je suis mauvais. Je vis avec. L’empreinte animale du mal. Ce cœur sec. Venue te défigurer. Tu m’as trop aimé. Nos corps. Dans le mauvais sort. D’une rencontre interdite. Maudite. Je voudrais me faire pardonner. Venant à toi en rampant. En addiction d’autres fois. Dans le geste lent. D’une nouvelle fois. Je t’entraînerais vers des sables brûlants. Sous les soleils de mes enfers. Je frémis. A l’idée de te perdre dans ce désert. D’une vie. Tous deux liés à jamais.
Lire la suiteEnfermés dans l’éternité

Sur la musique. Diabolique. D’une partition méthodique. J’entends le tic et le tac. De nos heures en vrac. Sur les rochers. Le ressac. De nos infirmités. La parade de nos âmes en rade. Incapables de s’écouter. Fuir pour se ressembler. Furieusement attachés. A marier nos médiocrités. Pour ne pas s’ennuyer. J’entends le temps. Nous abandonner en courant. Pourrait-il en être autrement ? Monte la peur. Le salaire de nos rancœurs. La nuit, le silence. Le goût rance. De toi. De moi. Sans saveur. Cette idée m’écœure. Oubliant le temps dépravé. De nos corps emmêlés. Laissant le vague souvenir. D’un désir qui expire. Fuir pour vivre. Vivre pour fuir. Quoi ? Toi et moi. Dans les méandres du temps. Je sens le vacillement. D’un imperceptible frémissement. Je me plais à rêver. De pouvoir nous retrouver. D’accepter de s’accepter. Comme des spectres apaisés. Je le sais. Nous n’étions pas prêts. A vivre l’éternité. Cette peine avérée. De toujours se côtoyer. Tu appelles le vide, le néant. Cette idée morbide, rouge sang. Te protégeant. J’en ressens l’acide, le présent. Cette idée morbide, rouge sang. M’agressant. Notre avenir en confettis. Notre passé en charpie. Que reste-t-il ? Une condamnation sans sursis. Abandonnés à se ressembler. Je veux te parler d’un autre temps. Tu veux me parler du temps présent. Comment écourter ? L’éternité. Quand sa nature est de nous éprouver. Souffrir pour s’unir. Il n’y a pas de temps présent. Ni de temps passé. Nos codes ont changé. Dans l’enferment. De notre passé décomposé. Fantômes abandonnés. Il ne reste que nos mains pour nous accrocher. Et ne pas sombrer.
Lire la suiteQui sera à te veiller ?

Une nouvelle fois. J’effleure ton visage. Avec ce voile de pudeur. Sous mes doigts. Cette peur de violer tes rivages. Sur ta peau échoués. Comme des marques de beauté. Tes bonheurs, tes ennuis. Ta vie. Je te parle le langage des signes. Mes mains à te toucher. Ne pouvant te caresser. Je n’en suis pas digne. Ne faisant que contempler. Ton silence, la danse du temps. Étouffant ta pose de pierre. Je suis le lierre qui t’enserre. Te supplie, te parle de mes enfers. Voué à ne jamais pénétrer. Dans le jardin de tes secrets. Combien de fois t’ai-je observée ? Je ne sais plus. Je ne compte plus. Je t’ai parlé. Tu ne m’as pas répondu. Je te disais qu’un jour tu serais libérée. Tu ne m’as pas cru. Les menteurs n’ont pas le droit au bonheur. Je t’ai apportée des fleurs. Chapardées dans des jardins imaginaires. Elles portaient les couleurs de la terre. A tes pieds. Elles se sont fanées. Une nouvelle fois. J’effleure ton visage. Avec ce voile de pudeur. Sous mes doigts. Cette peur de violer tes rivages. Je ne t’ai jamais vue sourire. Ni pleurer. Ni même respirer. J’aimerais te dire. Qu’il me manque des mots. Au bout de tes lèvres. Donnant au temps le tempo. D’un adagio. Triste et mièvre. Je le vois ainsi. Aux teintes de ta vie. Pierres après pierres. Sur des fondations d’argile. Je te sais sensible et fragile. Mes doigts me l’ont dit. Dans le toucher de tes frémissements. Ta joue vers ma chaleur s’approchant. Je le crois. Ainsi est ta volonté. Une forme de croix. Qui dessine ton éternité. Un jour elle va nous séparer. Qui sera à te veiller ?
Lire la suiteSur les terres glacées de ton cœur

Sur les terres glacées de ton cœur. S’étirent les lueurs de tes humeurs. Passagères et fugaces. Blanches et s’enlacent. Entre les branches d’arbres qui s’embrassent. Au loin venus d’un ciel blanc. J’entends les mots. Ressurgis du passé. Pesants et dépassés. Ils sont de trop. Ombres et peurs. Du néant, de notre douleur. Je me prends à rêver. De ne pas les avoir écoutés. Il y a dans ma lâcheté. Une part d’abandon. Un soupçon de vérité. Oublier et effacer. Le faux, le vrai. Comme si je n’avais jamais été. Évaporé. Sur les terres glacées de ton cœur. Particule noyée dans tes crépuscules. Parsemant à toutes heures. Le sol noir de ton désespoir. J’ai cru pouvoir. Te tenir la main. Parallèles sur le fil de notre destin. Différents et impuissants. A se rejoindre. Vont ainsi nos chemins. Sans voir poindre. La lumière d’un espoir. La possibilité de croire. En une étoile. Cachée derrière tes brouillards. Aujourd’hui, il ne reste que le voile. D’un autre soir, l’instant où il se fait tard. Alors que s’étirent les lueurs de tes humeurs. Sur les terres glacées de ton cœur.
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