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gothique et romantique

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Pourquoi-as-tu fait ce vœu ?

Publié le 1 Juil 2012 | Aucun commentaire

Pourquoi-as-tu fait ce vœu ?

 

On était si bien au bord de cette rivière. Il faisait chaud. L’ombre des saules, la fraîcheur de l’eau nous rafraîchissaient. Nous étions si bien. Je sais, je me répète. Mais comment ne pas le faire ? Ta main jouait avec l’herbe. J’aimais la regarder avec ses doigts blancs tressant des brins d’herbe que tu lançais dans l’eau. J’ai eu cette idée folle. Oui, je m’en veux. Je m’en voudrai toujours, c’est l’unique certitude qui m’habitera maintenant. Je t’ai dit que tu ne pouvais pas lancer à l’eau la tresse d’herbe sans faire un vœu. Tu m’as regardé, amusée avec dans les yeux cet éclat espiègle qui te caractérisait. Tu te souviens ? Quelle question stupide ? Tu as fait le vœu. Celui de rester jeune, belle à jamais. « Comme les poupées de mon enfance », as-tu ajouté. Cela m’a fait sourire car ta déclaration était forte, authentique, chargée de plein d’espoirs. La tresse d’herbe est tombée dans l’eau, le courant l’emportant, sans que nous n’y prêtions attention. La nuit est arrivée. Nous sommes rentrés. Tu étais fatiguée, détendue. Nous venions de passer une belle journée. Ce fut la dernière. Je vis dans le rêve de ce moment passé. Depuis, j’ai jeté tant de tresses d’herbe dans l’eau de la rivière. J’ai remonté son cours maintes fois à la recherche de ce nœud où le temps s’est tordu pour modifier ta vie, notre vie. Je marche encore vers ce lieu que je désespère de trouver. Tu m’accompagnes bien que tu ne sois plus là en ma compagnie. Tu es toujours dans mon esprit. Seul, je sais que ma quête sera longue, parfois je m’effondre devant mon impuissance mais il faut que je lutte pour toi, pour nous. Je dois trouver le lieu où les choses ont été modifiées. Il y va de ma survie devant tes yeux fixes, tes mains tendues avec leur raideur immobile, incapables d’attraper le vide qui se tend à elles. Souvent, si souvent, toujours, je m’accuse de t’avoir demandé de faire ce vœu stupide. Pourquoi as-tu souhaité être transformée en la poupée de ton enfance ? Quel plaisir as-tu espéré trouver ? Regarde ce que tu es devenue ! Croiser ton regard est un supplice. Ton absence figée est une abomination. Le pire est que tu continues à sourire. Je n’ose croire que dans ta prison de plastic, tu trouves encore assez d’espace pour avoir des sentiments ou la foi dans un vœu qui t’amènerait à changer de statue, d’attitude ? Tu es là, posée sur un meuble, comme un objet dont on retire parfois la poussière. Tu pourrais tout aussi bien être au fond d’un placard, cela ne changerait en rien ton attitude. Il m’arrive parfois d’avoir cette idée folle de te jeter à la rivière, de me débarrasser de ton encombrante présence. Ce qui me retient ? Cette espérance que tu as encore un cœur, une âme, toutes ces choses qui te différencient de la poupée de ton enfance. Je sais, c’est absurde. Ton vœu ne m’a laissé qu’une absurdité pour dernière trace de ton amour.

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Lorsque tu étais le colosse…

Publié le 28 Juin 2012 | Aucun commentaire

Qu’est-il arrivé à ta force légendaire, ta puissance démesurée, toi le colosse de puissance et de force? Je me souviens de ces instants, où soulevant les rocs de tes muscles saillants, tu forçais l’admiration. Ta vaillance, ton courage étaient légendaires. Tu n’avais pas de limites. Stade ultime de la perfection, tu étais un exemple. Tu étais tant de choses. Tu étais surtout le colosse. Ce simple mot imposait le respect. Il n’y avait que toi capable de porter ce qualificatif. Il te représentait. Il était toi. Mais, aujourd’hui, qu’es-tu devenu ? Avec tes yeux bandés, ta nuque baissée, tes muscles écrasés, tu n’es plus que la statue de ton glorieux passé. Quelle honte ! Quel gâchis ! Qui a-pu-te soumettre ainsi ? Je n’ose l’imaginer, toi l’esprit libre devenu sujet servile et vil. Aurais-tu perdu la parole ? Il le semble. D’ailleurs personne ne veut entendre tes explications susurrées, tes excuses mal assumées. On ne peut pas voir cette image qui dérange. On veut se souvenir de ton glorieux passé où tu ne baissais pas la tête, où tu avançais la tête haute, prêt à relever tant de défis. Ces jours sont hier quand tu marchais pesamment du poids de tes muscles parfaits et que tu t’appelais le colosse…

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L’étage interdit

Publié le 23 Juin 2012 | Aucun commentaire

Combien de fois t’ai-je dit de ne pas monter en haut de l’escalier ? Si souvent que je ne m’en souviens plus. Mais, il a fallu que tu y ailles. C’était plus fort que toi. L’interdiction était un appel à la désobéissance. Tu devais monter les marches de ce dernier étage qui t’étais refusé. Tu disais toujours que tu ne le ferais pas. Je ne te croyais pas. Je connais ta nature, ton désir de forcer les portes closes pour exister dans le refus d’obéir. Mais obéir, c’était te protéger, t’éviter de souffrir car je sais que là-haut au dernier étage ce que tu y trouveras n’est pas pour toi. Tu es si fragile, si vulnérable. Mais la perversité de monter les marches une à une a été la plus forte. Tu as mis ta main sur la rampe de bois, posé ton pied sur la première marche. Il ne s’est rien passé. Il ne pouvait rien se produire si ce n’est que je te surprenne. Mais, cela était impossible tu as attendu mon départ. Alors, libre, tu as gravi chaque marche une à une comme une libération. Dans le grand coude de l’escalier, tu as vu la porte légèrement ouverte, la lumière venant du dehors. Je savais que tu viendrais. Autant te recevoir avec une porte ouverte plutôt que close car tu serais revenue encore et encore au point que cela devienne une obsession. Aussi, tu as franchi le coude de l’escalier. Tu es arrivée en haut. Tu as poussé la porte. Il y avait derrière le vide de pièces inhabitées. Le néant. Tu es restée silencieuse laissant la marque de tes pas sur la poussière de cet appartement où je ne vais plus. J’avais confiance en toi. Je te croyais capable de résister au piège d’une chimère de conte pour enfants. Tu croyais trouver Barbe Bleue, les cadavres de ses femmes. Tu avais peur de mon retour alors que tu franchissais la porte de mon interdit. Pauvre folle. Ta peur était le carburant de ta désobéissance. Tu voulais avoir des frissons. Tu n’as trouvé que de la déception à ton attente et une question pourquoi m’avoir interdit de monter ? Cette interrogation te hante maintenant. Plus que de monter là-haut vers l’étage interdit. Jamais tu ne sauras qu’il s’agissait d’un piège que je t’ai tendu. Te souviens-tu de cette façon furtive avec laquelle tu as répondu à ma question, « as-tu passé un bon après-midi ? » Non, tu ne te rappelles plus de ton mensonge. Moi, si, je me souviens de la marque de tes pas sur le plancher du dernier étage comme l’unique preuve que je ne pourrai jamais te faire confiance. C’était le sens de mon interdit et toute la valeur de tes promesses…

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La lueur merveilleuse

Publié le 23 Juin 2012 | Aucun commentaire

 

Il y a une heure particulière où le soleil passe au travers des vitraux projetant sur le sol de la cathédrale une tache lumineuse. Elle s’allonge sur le sol, sur les chaises, les stalles des moines, étendant son corps, ses bras dans une blanche lueur. Elle reste peu. Un nuage, l’ombre d’un pilier viennent souvent l’éteindre. Chaque jour, elle revient inexorablement.

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Je n’ouvrirai plus jamais la porte

Publié le 23 Juin 2012 | Aucun commentaire

 

Au bout de la rue, il y a la maison. On dit la maison car on ne lui connaît pas de nom, ni de propriétaire. Pourtant, un jour elle a été construite, désirée, imaginée, très certainement habitée. Mais depuis un temps sans limite, elle est inoccupée. C’est la première image qu’elle en donne. On passe devant le jour sans faire de détour. La seconde image est différente avec l’arrivée de l’obscurité. La nuit, des gens de la rue évoquent des lumières furtives glissant dans l’obscurité derrière des rideaux salis. Les rumeurs se font insistantes pour certifier qu’elle est habitée.On ne sait qui loge dedans ? Faut-il vraiment croire ce type de propos ? On a du mal à imaginer des occupants…Certains ont ajouté avoir vu la porte d’entrée parfois ouverte donnant sur un grand escalier. Un propriétaire désireux de venir faire un tour ? Pourquoi pas ? Pourtant, elle reste sinistrement vide avec de grandes pièces froides, silencieuses, terriblement angoissantes. Que se passe-t-il derrière ces murs imposants ? Dans la journée, au travers des volets, le soleil doit filtrer, éclairer quelques meubles empoussiérés. Le soir, lorsque les éclairages de la rue éventrent l’obscurité, des miroirs accrochés aux murs reflètent des étoiles de lumière. C’est si peu pour animer ce grand vaisseau de pierres. L’envie d’y pénétrer est trop forte. Pousser la porte lentement, faire craquer le parquet d’un premier pas timide; monter hésitant un escalier à la rampe blanche de poussière; respirer difficilement l’air saturé d’ennui; ouvrir fébrilement la porte grinçante d’une chambre; oser glisser un regard avec une peur qui tenaille; se figer d’effroi devant une lumière furtive s’enfuyant, fuir en courant pour ne plus jamais revenir. Il y a au bout de la rue une maison dont je n’ouvrirai plus jamais la porte.

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