Un vertige sans aile

Entends-tu la musique de la nuit ? Tombant sur nous sans bruit. La mer émeraude. La peur qui rode. Un vertige sans aile. Fragile et frêle. Le vent caressant. Nos corps gelés. Violemment, pénétrant. Toi prêt de moi collée. Tremblante, troublante. Sens-tu le froid de la nuit ? Tombant sur nous transits. La mer écumante. L’angoisse envoutante. L’envol d’un soupçon. Une perte de raison. Le sol se dérobant. Moi et toi déconcertante. Lancinante, combattante. Entends-tu la plainte de la nuit ? Tombant sur nous sans abri. La mer montante. L’inquiétude suffocante. L’air salé. Des gouttes de marée. Dans la bouche pénétrant. Le visage ruisselant. Toi et moi partageant. Lentement, irrésistiblement. Sens-tu le froid de la nuit ? Tombant sur nous par magie. La mer irradiante. La panique qui nous envahit. Un abandon, une passion. Irrémédiable, imparable. Nos corps rapprochés. Fusionnels. Toi et moi un appel. Entends-tu la musique de la nuit ? Tombant sur nous endormis. La mer qui gronde. Le vent qui sonde. Nos rêves ébahis. Depuis longtemps enfuis. Un trait de fusain. Lointain. Sur l’écume de nos pages. Abandonnées sur une plage. Toi et moi oubliés. Délaissés, effacés. Sens-tu le froid de la nuit ? Tombant sur nous rabougris. La mer inlassable. Qui projette le sable. Recouvrant la tombe. D’un vertige sans aile. Frêle colombe. Nos corps calcinés. Nos âmes desséchées. Toi et moi rapprochés. Un rêve empoisonné. Noyé avant d’être né.
Lire la suiteLa haine

La haine de ton regard n’éteindra jamais la part de hasard. Qui nous a fait nous revoir. Au travers du labyrinthe de nos mémoires. Empoussiérées de souvenirs aléatoires. Fuyant en s’évitant. Se détestant en s’attirant. Pour finir par s’apercevoir que notre couleur est le noir. Teintant nos sentiments. Maquillant nos ressentiments. Sans chercher à savoir si cette haine nous a empêchés de nous mouvoir. En reflétant nos tourments. En avilissant nos égarements. J’ai la faiblesse de le croire. Regardant nos reflets dans le miroir. Vieillissant en se courbant. S’éteignant en palissant. Toi et moi sans s’émouvoir. Plantés là en faire-valoir. S’observant méchamment. Lentement diaboliquement. Tu pourrais vouloir me frapper à coups de rasoir. Tu saurais dresser la haine en devoir. Le sang coulant comme dans un abattoir. Noircissant en mourant. Salissant l’entendement. Sans raison avec pour seule passion. D’avoir atteint le bout d’une exception. Toi et moi fusionnels. Trop, irrationnels. Statufiant en aimant. Glaçant en s’attirant. Un regard, un désir, un appel. Brisant nos corps en tremblant. Se tordant en s’affrontant. S’aimant sans faire semblant. Ne laissant que la haine en s’endormant. Éclairée par la flamme d’un bougeoir. Personne pour vouloir savoir. Le néant d’une attitude, un doigt pointé. Pour accuser, dramatiser. Avec la haine de ton regard qui n’éteindra jamais la part de hasard. Nous ayant fait nous revoir. Au travers du labyrinthe de nos mémoires. Soufflant la page de nos désespoirs. Avec l’unique bonheur de ne plus se revoir. Oubliant de regarder l’avenir avec la peur de mourir. Ni chercher à se soutenir alors que l’amour expire. Donnant un corps à nos haines. Enfant sans tête porteur de tant de peines. Les nôtres ondulant dans le cloaque où se vautrent les rois et les reines.
Lire la suiteUne nuit sur la mer

Une nuit sur la mer. La tête en enfer. Un corps qui rêve d’une terre. Où tout serait plat. Sans remous ni de cœur à l’envers. Fatigué et las. A espérer que tout va s’arrêter. Les hauts et les bas, les vagues qui cognent sur le bateau en contrebas. Le vent sifflant en s’enfuyant. Dans le noir d’une nuit portant le message de ton ennui. En cet instant où tout tu replies. Sur cette coquille fragile ballotée par les eaux. Allant ailleurs vers un meilleur qui sera beau. Tu le crois. Ce rêve porte ta foi. Au bout de l’exil, il n’y aura plus de péril. Sans crainte, ni plainte. Le ciel illuminé du phare de tes projets. Apportant aux ombres de tes cauchemars la clarté. De les chasser, pour tout recommencer, tout imaginer. Mais avant, il y a une nuit sur la mer. La tête en enfer. Un corps qui rêve d’une terre. Où tout serait plat. Sans remous ni de cœur à l’envers. Te demandant ce que tu fais là. Tu penses à la folie. A cette idée inaboutie. Qui t’a poussé à tout claquer. Laissant derrière toi une terre abandonnée. Il fallait oser. Si proche de désespérer. Sans te demander si tu pouvais hésiter. A t’en aller pour effacer ailleurs les traces de tes erreurs. Là où tout est différent. Tu le crois. Ce rêve porte ta foi. Il vibre en toi enivrant. Entêtant, envoutant. Poussant tes pas à franchir le pas. D’une nuit sur la mer. La tête en enfer. Un corps qui rêve d’une terre. Où tout serait plat. Sans remous ni de cœur à l’envers. Morte de trouille les mains accrochées à la rouille. Du bateau qui tangue dans la tempête d’une nuit. Le vent pour confident. Séchant tes larmes avant qu’elles ne se soient noyées. Dans l’océan s’écoulant à tes pieds. Il n’y a que toi. Rien que toi. Ce rêve fou. Qu’en changeant tout. Tes jours n’auront plus les couleurs de tes nuits. Seule à border les cauchemars de ton ennui. Tu le crois. Ce rêve porte ta foi. Quelque part existe une baguette magique. Que l’on peut agiter. Étouffant tes crises de panique. Cela coûte une nuit sur la mer. La tête en enfer. Un corps qui rêve d’une terre. Où tout serait plat. Sans remous ni de cœur à l’envers. Une misère, toi qui depuis si longtemps désespère. Enfin, brille une lumière belle et fière. Tu t’es jetée vers. Un effort terrible comme une première pierre. Pour construire le mur qui te sépare de tes galères. Tes yeux rêvent derrière tes paupières. D’enfin sortir de la nuit de ton ennui. De s’illuminer, d’être ébahis. Demain et les autres lendemains. Après une nuit sur la mer. La tête en enfer. Un corps qui rêve d’une terre. Où tout serait plat. Sans remous ni de cœur à l’envers.
Lire la suiteOn the walls the memories sleep

On the walls the memories sleep. Pinned, arranged well. Framed So well.For better falling asleep. Bordered of dust. Listening To their prayers. Under the factitious suns of a pretense of cemetery. Memory not to cry more. Hope not to forget. Who is erased slowly. So peacefully. When come the nights each day. Awake the increasingly remote following days. In turn. At the point. To see to disappear the memories. Hanging up again itself with executives, photographs by imagining an eternity. Completely manufactured. Ridges of dried tears, confusions. Truncated images of a shoddy past. Falling into the lapse of memory from a passion. Leaving only one scrap of shivers. Awaking sometimes in front of the cold glance of a yellowed photograph. Pointing Out the old horizons. Facts of joys, cries. Beats of the life. One day extinct in an ultimate pression.
Lire la suiteDorment les souvenirs

Sur les murs dorment les souvenirs. Épinglés, bien rangés. Si bien encadrés.Pour mieux s’endormir. Bordés de poussière. Écoutant leurs prières. Sous les soleils factices d’un semblant de cimetière. Mémoire pour ne plus pleurer. Espoir de ne pas oublier. Qui s’efface lentement. Si paisiblement. Quand viennent les nuits de chaque jour. Se réveillent les lendemains de plus en plus lointains. Tour à tour. Au point. De voir s’évanouir les souvenirs. Se raccrochant à des cadres, des photos en imaginant une éternité. Totalement fabriquée. Faîtes de larmes séchées, de confusions. D’images tronquées d’un passé effiloché. Tombant dans l’oubli d’une passion. Ne laissant qu’un lambeau de frissons. Se réveillant parfois devant le regard gelé d’une photo jaunie. Rappelant les anciens horizons. Faits de joies, de cris. Battements de la vie. Un jour éteinte dans une ultime étreinte.
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