Le vent mauvais

Sur les pierres de mon cœur asséché s’écoulent les frissons de ton âme blessée. Ces vacillements du temps effleuré d’un battement d’aile mesuré. Ourlant le cadre d’un ciel mal luné. S’abandonne le regard blasé de nos péchés oubliés. La violence de nos combats épuisés. Ces corps à corps endiablés. Tes luttes pour résister. Restent des fenêtres crevées, des escaliers las d’être piétinés. S’assèchent les larmes de cette cruauté. Tout casser pour exister. Exister en ayant tout brisé. Nous sommes fous à lier. A toi enchainé. A tout jamais. Crever de t’aimer. Sur ce corps que tu m’as donné. Que j’ai griffé, déformé. Tu tremblais. Tu suppliais. Je ne pouvais t’écouter. Tu pourrais me pardonner, tout m’enlever. Il te reste juste à susurrer. Que je ne suis pas aussi mauvais. Qu’il n’y paraît. Ta rage pourrait t’égarer. Je ferais semblant de l’ignorer. Pour te rattraper. Ta cajoler. Avec cette folle envie de tout recommencer. Rien ne nous sera épargné. Les pierres tombant une à une. Nos nuits sans lune. La mort dans ton ventre qui se tord. Tes murs se lézardant à toute allure. Je fais semblant de ne rien voir. Te laissant le droit de croire. Que tout peut s’arranger. Ta laideur, l’ombre de toutes tes terreurs. Cette lèpre que le noir de tes nuits ne peut masquer. Tes yeux embués de ne pouvoir oublier. Ce passé où ta beauté resplendissait. J’ai ma part de cruauté. Je ne te l’ai jamais caché. Je t’ai violé m’engouffrant entre tes fissures. L’amorce de toutes tes brisures. L’effritement de ton engourdissement. L’émiettement de nos sentiments. Mariés pour le pire. Tu délires. Tu expires. Je soupire. Soufflant l’unique vérité. Je ne suis et je ne vends que du vent.
Lire la suiteA huit heures

A huit heures, on s’est dit au revoir. Sans chercher à se revoir. On a rangé le mobilier. Laissant les rideaux écartés. Regardant le soleil entrer. Comme si de rien n’était. Le parquet ciré. La poussière enlevée. On s’est retirés. Avec l’idée. De ne jamais revenir. Le dos tourné pour en finir. A huit heures, on s’est séparés. Sans se retourner. Nos pas ont crissé sur le gravier. Il pleuvait. Le visage détrempé. Les cheveux mouillés. Tu t’en moquais. Moi aussi. Sans rage, sans envie. De s’écharper encore et encore. Jusqu’à la mort. C’était la fin. Notre fin. A huit heures, on s’est quittés me projetant vers l’infini. Loin de ton ennui. De tous tes cris. Ce passé entravé. Notre château glacé. Ses portraits figés. Nous au milieu. Ne croyant plus rien. Ni à dieu. Nos mains. Pour s’écharper, se griffer. Des plaies sur nos visages défaits. Je te hais. Tu me hais. A huit heures, on a tout arrêté. Laissant le silence s’imposer. Dans les couloirs, ton boudoir. Au cœur du château de notre désespoir. Là, où tu voulais régner. En reine. Du poison dans mes veines. Le battement de mon cœur lent. L’angoisse montant doucement. Te détestant. Toi, tout autant. A huit heures, on a brisé la charme. Nous emprisonnant. Sans larme. La rage en-dedans. Sans enfant nous écartelant. Juste le vomi. De ce ressenti. Notre ennui. Je m’enfuis. Tu me fuis. A huit heures, on a savouré ce bonheur. De s’oublier. Il le fallait. Rien à regretter. Tout à jeter. L’erreur du passé. De s’être rencontrés. Attirés. D’avoir fait semblant de s’aimer. Tu m’as copié. Je te l’ai reproché. On s’est déchirés. Émiettés. Rapprochés. Pour mieux se gifler. A huit heures, on n’a pas commis l’erreur de se réconcilier. Comme par le passé. Pour se mentir ou se punir ? On s’est séparés après tant d’années. A penser le faire. Sans parvenir à le faire. Aimant notre enfer. Ce que nous avons sur terre. Se délectant de l’appauvrissement de nos sentiments, leurs misères. Je te hais. Tu me hais. Le trait d’union. De notre union. Sans contrefaçon. A l’unisson. De l’horloge du temps. Que je pourfends. Irrémédiablement. A huit heures, tes talons se retournant. Ton dos masquant. Le visage de tes yeux s’embuant. Je le sais. Combien de fois avons-nous essayé de nous séparer ? Sans penser mourir. Sans aboutir. Demain, on recommencera. Jusqu’ au jour où l’on y parviendra. A huit heures ou plus tard dans le leurre de trouver le bonheur ailleurs. Tu es revenue. Je t’ai attendue. Un large sourire. On n’est pas prêts d’en finir. A neuf heures, on est heureux de se revoir. Avec l’espoir de se revoir. On a déplacé le mobilier. Fermant les rideaux écartés. Empêchant le soleil d’entrer. Comme si de rien n’était.
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Les fantômes d’un autre temps

Il y a le silence pesant. Nos pas lents. L’insolence indolente. Les lents mouvements. Du soleil nous caressant. La langueur de nos mouvements. Marchant en rangs. Vers la lumière nous enveloppant. Les mains sur la pierre effleurant. Adorant le froid envoutant. Nous souvenant. Du passé, nos chants. S’envolant dans la voute du monument. Hier, il y a si longtemps. Prosternés, habillés de blanc. Nos voix emportant. Notre recueillement. Nos mains jointes en priant. Nos vœux implorant. Un paradis dans le firmament. Nos âmes s’envolant. En espérant. En croyant. Au meilleur. En un être supérieur. Nous protégeant. Nous rassurant. En nous endormant. En mourant. Nous emportant. Il y a le silence pesant. Nos pas lents. L’insolence indolente. Les lents mouvements. Du soleil nous caressant. La langueur de nos mouvements. Marchant en rangs. Fantômes habillés de blanc. Dans la cathédrale s’écroulant. La pluie ruisselant. Sur les pierres s’érodant. Sans toit, nous en dedans. Errant en attendant. Que passe le temps. Humbles pénitents. Humiliés avec le poids infamant. D’être absents. Dans la peur. Avec la terreur. Que s’étire le moment. De notre oubli irrémédiablement. Reste imperceptiblement. Cet éclat troublant. Sur la pierre se glissant. De nos reflets s’allongeant. Nos pas lents. L’insolence indolente. Les lents mouvements. Du soleil nous caressant. La langueur de nos mouvements. Marchant en rangs. Pénitents habillés de blanc. Il y a si longtemps. Emprisonnés dans le temps. En respirant le vent. Se saoulant du temps. Attendant l’instant. L’heure. Le bonheur. De fuir, s’en allant. Sans regret abandonnant. La cathédrale s’écroulant. Nous les fantômes d’un autre temps.
Lire la suiteBetween two banks of our delights.

You are frozen. On the one stiff winter old bridge. Between two banks of our delights. To look at passing. Deadened barges. On water which slips. Your glance which flees. In the distance. Where you cannot tighten the hand. In the night, its infinite wall. Music of silence. Your steps which dance. The image of our lovesong. Between two banks of our delights. The lights temptresses. Darkness to protect itself. To observe time from to go away. Gently at the end of these moments. Who mark your heart. Scoff at your heat. You are frozen. But, you want to remain. There. To force-feed you of all that. Better still of the city which sleeps. With this intense power. To believe. That all is for you. This other law. To beat in you. With its silences. This deep dependence. Of living in unison. Your intense shivers. Between two banks of our delights. Which to choose? To leave. To leave the wonders of the country of Alice. By manufacturing half of vacuum. An infinite and cursed space. Morbid. Sawn Timber of the regrets to have very left. You are frozen. You chose to remain. Until tomorrow. To tighten the hand. With the sun. With its first alarm clock. Its heat without similar. The white, fog which will rise in the distance. Carrying the night, the lights, your nostalgia without end. Me, loan of you holding you the hand. While having seen spending the time. Between two banks of our delights.
Lire la suiteEntre les deux rives de nos délices.

Tu es frigorifiée. Sur le pont d’un hiver transi. Entre les deux rives de nos délices. A regarder passer. Des péniches endormies. Sur l’eau qui glissent. Ton regard qui s’enfuit. Dans le lointain. Là où tu ne peux tendre la main. Dans la nuit, son mur infini. La musique du silence. Tes pas qui dansent. L’image de notre romance. Entre les deux rives de nos délices. Les lumières tentatrices. L’obscurité pour se protéger. Observer le temps s’en aller. Doucement au bout de ces instants. Qui marquent ton cœur. Narguent ta chaleur. Tu es frigorifiée. Mais, tu veux rester. Là. Pour te gaver de tout cela. Mieux encore de la ville qui dort. Avec cet intense pouvoir. De croire. Que tout est pour toi. Cette autre loi. De battre en toi. Avec ses silences. Cette profonde dépendance. De vivre à l’unisson. Tes intenses frissons. Entre les deux rives de nos délices. Laquelle choisir ? Partir. Quitter les merveilles du pays d’Alice. En fabriquant une moitié de vide. Un espace infini et maudit. Morbide. Avivé des regrets d’avoir tout quitté. Tu es frigorifiée. Tu as choisi de rester. Jusqu’à demain. Pour tendre la main. Au soleil. A son premier réveil. Sa chaleur sans pareil. Le blanc, la brume qui se lèveront dans le lointain. Emportant la nuit, les lumières, ta nostalgie sans fin. Moi, prêt de toi te tenant la main. En ayant vu passer le temps. Entre les deux rives de nos délices.
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