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gothique et romantique

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Pierre par pierre

Publié le 19 Août 2019 | Aucun commentaire

Impertinent et  inconséquent ; violemment éprouvant ; terriblement étouffant. J’entends le ruissellement outrageant du temps. Dégoulinant lentement en s’abritant dans le vent. Lapidaire ou téméraire, il use de l’infiniment crépusculaire. Pour parfaire les terrils de ses mystères. Un à un, pierre par pierre, il s’abrite dans le cimetière. D’une pensée sclérosée de parler à l’imparfait. Comme jamais comme si tout était vrai. La postérité d’avoir été. Le présent de pouvoir regretter. Un compost décomposé pour fertiliser. La fusion d’une prochaine réunion. Je tangue sur les lèvres une mangue. Du sucre pour oublier le salé. Je revois les images d’autrefois. En décalé, dans un flou suranné. Mes fantômes savent sourire. Ils se sentent pourrir. Tant pis si c’est leur dernière folie. Minimaliste ou charismatique. J’aime leur coquetterie asthmatique. Hoquetant en tremblant. Frémissant en se recroquevillant. J’entends le ruissellement outrageant du temps. En huant son nasillement assourdissant.

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La chanson de l’homme vert

Publié le 6 Août 2019 | Aucun commentaire

Animal nocturne, habillé de brume. Sur le nez des traces de rhume. Regard sombre et taciturne. Yeux de braise et lugubres. Avec le besoin de se vider les burnes. Quelque part dans un bordel insalubre. Comme si c’était génial, d’être un animal.

Sans empathie, fidèle à la main qui le rappelle. Si violemment avec sur le visage un rictus. Cette cicatrice d’un rire, doux comme un cactus. Là où saignent des mouchoirs noirs. Quand la laisse se tend autour du cou d’un loup. Qui hurle, qui crie, qui gémit. Comme si c’était génial, d’être un animal.

En pissant sur des murs là où murissent des mures. En se frottant le long d’arbres se prosternant. Quand pâlit le soleil d’un été qui s’émerveille. Et qui jure qu’il fera un don. Aux souvenirs d’hier en les lapidant. Avec des pierres sans jamais leur demander pardon. Comme si c’était génial, d’être un animal.

Maintenant ou dans quelques instants.  Lorsque la mutation initiera l’apparition. D’un être solitaire, fort et fier. Construit de fer avec des reflets verts. De quoi rêves-tu ? Me le diras-tu ? Afin de colporter la bonne nouvelle. Il y a quelque part une étincelle. Qui allume des feux pour les dieux. Comme si c’était génial, d’être un animal.

En errant aux portes de l’enfer. En promenant dans une poussette. La pluie et le vent, ces deux commères. Cherchant à dissimuler leurs silhouettes. Dans une posture invisible. Pour que leur transe soit imprévisible. Comme si c’était génial, d’être un animal.

Se protégeant du jour, en croyant à l’amour. Déclaratif sur un pont avec des cadenas. En croyant que c’est comme ça. Que tout durera, jusqu’à ? Ce que les fleurs se fanent, que la lune se cache. Pour se moquer sans laisser de trace. Comme si c’était génial, d’être un animal.

Alors l’animal nocturne, habillé de brume. S’en ira là où il ne veut pas. Là où le noir est toujours là. Pas à pas envahissant les rêves étouffants. Marinés dans la friture d’une huile bleue. Comme ces yeux d’un regard langoureux. Que je vois si proche de moi. Transi, je sens le froid qui m’envahit. Comme si c’était génial, d’être un animal ?

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Le navire abandonné

Publié le 29 Juil 2019 | Aucun commentaire

Tandis que s’envolaient des mouettes corrompues. Des goélands planaient sur des confettis de maigres menus. Pendant que  bronzaient des sirènes sur des plages  volcaniques. Sous le panache de volcans rouge asthmatique. Alors que la fin du jour s’allongeait comme un élastique. Passa un navire étiolé et abimé ; au pont scarifié. Par les lames d’un soleil tronçonnant ses mas et leurs futaies. Là où s’abritent les rêves évasifs et intolérants. De gens cassés et prostrés. Se laissant emporter et capturer par les rimes d’un tango merveilleux. Vagues contre coque ; chocs éparpillés en souvenirs vagues. Comme une atteinte à une vertu de flocons cotonneux. Emprisonnés dans une bouteille à la pression atmosphérique. Par la magie d’un filtre intime et stratosphérique.

Où sont passés les marins de tant de pénombres ? Où sont leurs corps las et éreintés ? Je tends les mains et caresse leurs ombres. Dans une étreinte informelle et surannée. J’aime cet artificiel comme un rituel. J’aime cette impossible irruption affligée. Parmi leur monde de pacotille. Dans les soubresauts d’étoiles qui scintillent. Comme des blés avant d’être fauchés. J’irai manger ces pains de petits matins. Sur le pont d’un navire timide et craintif. Craquant sous les claques des typhons. Se pliant sous les pattes de goélands affirmatifs. Le trépas est là sous nos pas. A chaque mouvement, en avançant, en tournant en rond. Je pleure l’esprit insuffisant aux pâleurs insolentes. Qui fait de demain une attente envoutante. Dis-moi si ? Les heures à venir seront torrides et brûlantes ?

Comme ce temps où se sont consumés les tremblements. Je dirais les frémissements tournoyants de nos folies. Allant gambadant sur les mers emmenés par des poissons pilotes. Rougis par le feu d’une passion lunaire pour des vierges polyglottes. Avec la promesse d’alunir sur les écailles de leur dos torsadé. Par l’avarice de tant de sentiments maîtrisés. Elles iront jusqu’à leur perte sur un air de fête. Alors, j’entends ces messages de conquêtes. Irrationnelles, s’évadant vers des mers voluptueuses. Comme si. Tout était aisé,  facile ou vaporeux. Une caresse parmi les volutes du vent. Une promesse parmi des vagues aux eaux aqueuses. S’évaporant sous la canicule de jours pernicieux.

Froide et noir, la douche des abysses est tombée. Méthodique et sans précipitation sur nos hésitations. Faisant de leur acide des sillons sur nos peaux délavées. Mais il n’y eut pas de douleur, juste une peur. Fragile et blanche comme le sel qui affleure. Sur les marais salants à une heure. Quand le soleil se fait rond, quand les amoureux traînent sur des pontons. Quand erre un navire abandonné sur une mer. Emportant dans ses cales des rêves bleues enveloppé dans du papier soyeux. Livré à l’instant, sans but, voguant triste et abandonné. Sur un océan multicolore à l’odeur de chlore. Dans des eaux dépravées de s’être trop mélangées. J’aime cette vision d’un aquarium où tout serait réuni. Quelques bulles, quelques poissons, beaucoup d’opinions, tous engourdis. Avec le néant se tricotant des gants. Sur le pont d’un navire abandonné.

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Les bateaux infirmes

Publié le 24 Juil 2019 | Aucun commentaire

Dans des ports reculés, pendus à des quais. Des bateaux infirmes tanguent sur la pointe des pieds. Prêts à s’élancer pour de lointaines destinés. En solitaires vers les mondes barbares d’un imaginaire. D’où ne reviennent que des magiciens ridés. A pas nonchalants tombant de ciels tumultueux. Rapportant les frimas de mots fades et vertueux depuis un firmament. Vaporeux et totalement inexpressif à l’image de leurs âmes émotives. Violemment ballotées par les impertinences d’un autre temps.

Ils ne croient plus à la force de l’impossible vertu. Dérive  artificielle sur un radeau ivre et sans retenue. Plus haut et plus beau que des vagues de pierres. Si frêle et tellement intemporel. Comme les courbures de leurs manières. Comme des parjures jetés en pâture. A l’immense ou à l’intense. Là où ils iront s’échouer dans le tourbillon d’une vie qui ne fut qu’un brouillon. Une esquisse, un trait de fusain sur le papier. Sans savoir dessiner, sans chercher à apprivoiser le possible.

Ils lui ont donné un nom, un sommet, un symbole l’inaccessible. Qu’ils iront conquérir avec un piolet. Pas à pas dans la brume et la pénombre. Pied à pied dans une lutte farouche et sombre. Sans témoin, le regard noir en serrant les poings. Plongeant leurs yeux vers des lieux mystérieux. Noirs et laborieux comme ce curieux miroir. Aux concessions larges et irrationnelles avec le réel. Qui donne un visage et un âge aux bateaux infirmes. Amarrés à des quais, apprêtés comme une mariée répudiée. Que leurs parures affadies affichent et que leurs rictus confirment.

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Langueurs

Publié le 15 Juil 2019 | Aucun commentaire

Je m’adresse à tes langueurs. A ces moments sans heure. A tous ces petits riens qui te maintiennent. Dans la profondeur de nos jours mélancoliques. Au cœur de ces variations qui sont les miennes. Là dans ce besoin d’être laconique. Voire minimaliste sans autre espérance que l’apesanteur. De ce cocon bienfaiteur parmi les bruissements du vent.

Apparaît alors la paix. Comme si rien ne s’était passé. Dans l’étrangeté d’une forme de fatalité. Désirée et assumée, j’oserai dire espérée. Toi tu le sais. Pour l’avoir connue et rencontrée. Pour l’avoir épousée et aimée. Sans hésiter, sans discontinuer. Comme si cela avait toujours été. Ces riens, ces détails inanimés. Que nous avons enfantés et fabriqués. Fruits de nos nuits agitées, de nos matins blancs et reposés. Quand lézardaient sur l’oreiller nos fragilités, notre destiné.

Aussi, je rappelle à ton oreille les veilles de nos insomnies. Dans le phare dressé face aux tempêtes de nos cauchemars. Quand la peur était la colonne vertébrale de résistance. A la fureur de toutes ces nuits de décadence. Attendries par les humeurs de nos matins de mélancolies.

Je nargue le passé antérieur recelant nos peurs. Dans le chaos de tumultes interdits. Ceux qui nous ont conduits à fuir. Plus loin que ne s’endorment les colibris. Là où nos sens s’étourdissent à en pâlir. Lors de ces aubes blafardes sur la plaine blanchie. Par les neiges d’une nuit profonde et transie. 

C’est alors que je sais que l’on s’est aimé.

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