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gothique et romantique

Bienvenue

Et …

Publié le 14 Oct 2019 | Aucun commentaire

Je n’ai jamais eu de nom à te donner. Ni même su comment t’appeler. Cela ne m’a jamais gêné. Un seul regard suffisait. Pour te croiser, te regarder. Par hasard, selon ce hasard désiré. Simplement avec humilité. Dans une rue, une allée. Un échange, d’un seul trait. D’union sacré. Et.

Puis, nous pouvions nous oublier. De longues matinées, de courtes journées. Par usage, par simplicité. Il en était ainsi, nous l’avions décidé. Sans même s’en parler. Cela c’était fait. Un soir de mai ou de juillet. Lors d’un crépuscule d’été. Et.

Dans l’approche d’une nuit étoilée. Avant un ouragan outragé. Ou un orage électrisé . Cela n’a plus d’intérêt. Nos liens se sont resserrés. Sans lutte, ni sentiments échevelés. Juste dans la liberté de s’éviter. Sans nécessité de se parler. Ni même d’échanger. Et.

Le silence pour nous accompagner. Avec pudeur ou timidité. Sur nos lèvres la douceur de son lait. Que l’on goûta avec avidité. Pour se rappeler. Ces instants volés. De nous croiser. De nous frôler. Puis de s’éloigner. Sans plus demander. Sans jamais briser. Ce lien écourté. Et.

Attendre ou espérer. Une occasion de se croiser. Pour lire sur un visage empressé. Le masque d’une tristesse assumée. Le  rayonnement d’un bonheur étoilé. Sans plus d’information à partager. Pour éviter de s’engager. Dans le processus labellisé. De violer une intimité. Et.

Puis quelques pas pour s’éloigner. En évitant de se parler. Avec des mots inappropriés. Venus salir et déflorer. Détruire et abîmer. Ce fil invisible, toute sa fragilité. Que nous avons tissé. Entre nos pas lors de ces journées. Partagées à force de se croiser. Et.

Puis, est arrivé. Ce temps étiré. De ne plus se frôler. Par une absence non programmée. Inévitable avec les années. Nos histoires se sont différenciées. Cela devait arriver. Une tristesse partagée ? Je ne saurais jamais. Ce nom à te donner. Ni, même comment t’appeler ? Et.

Il ne me reste qu’une belle évanouie.

Partie libre vers ses paradis.

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Hier

Publié le 8 Oct 2019 | Aucun commentaire

Nous étions endormis. Sur un grand canapé gris. Dehors, il faisait nuit. Tombait la pluie. Nous rêvions de paradis. Une idée imagée. Peut-être exagérée ? Comme une forme de vérité. Une fatalité. Avant de s’en aller. De tout oublier. Pour construire un ailleurs. Avec un ciel, d’autres couleurs. Quelques symboles, d’autres valeurs. Sans formalisme, ni tableurs. En XXL sans interdits castrateurs. Qui piétinent nos cœurs, notre labeur.

J’évoque une époque. Qui se moque. D’une poignée de phoques. Prostrés sur un roc. Leur banquise en loque. Je me souviens. De si peu, de rien. C’est bien pour commencer le matin. Pour parler à des mannequins. Le néant entre leurs mains. J’abhorre leurs yeux morts. Ce charisme d’alors. Sans vitalité dans le corps. Une humanité contrariée et qui s’endort. Dans une sorte de confort.

Nous sommes endormis. Sur un grand canapé gris. Dehors, il fait nuit. Tombe la pluie. Nous rêvons de paradis. A quoi ressemblent-ils ? A des illusions imbéciles ? A des sensations faciles ? On cultive le mythe d’une île. Solitaire où s’emmerdent. Des crevettes et des calamars. Sans repère et qui se perdent. Dans la cuvette de nos cauchemars. Pendant que l’on jette du pain aux mouettes.

Je sculpte dans le marbre. Le tympan d’un ennui. Froid et glacé qui reste de marbre. Sous le vent et la pluie. Ses reliefs rougis et bouffis. Pour se maintenir en veille. Lorsque vient le sommeil. Cet ennemi assoupi. Fait pour oublier et ensevelir. Toute forme de désir. Sous la pesanteur de ses soupirs. Je hais leurs images bigarrées. Comme des cicatrices maquillées. Pour mieux accepter cette infirmité.

Nous serons endormis. Sur un grand canapé gris. Dehors, il fera nuit. Tombera la pluie. Nous rêverons de paradis. Par usage, par compromission. A une habitude sans imagination. Et, le spectacle devra se poursuivre. Pour vivre et survivre. Dans le capharnaüm d’un jour. Ivre et sans amour. Entre les heurts de silex ravageurs. Parmi les étincelles d’une ritournelle. Nous ne serons jamais immortels .

Faut-il s’en offusquer ? Alors que l’on ne peut rien maîtriser. Hier et demain juste maintenant. Quelques instants, momentanément. Un étrange pouvoir faible et illusoire. Devant la cheminée à parler d’espoir. Pour croire que chaque soir. Nous fumes endormis. Sur un grand canapé gris. Alors que dehors, il faisait nuit. Tombait la pluie. Et, que nous rêvions de paradis.

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Venue me hanter

Publié le 1 Oct 2019 | Aucun commentaire

Encore et encore dans un désert blanc. De si loin, là-bas. Dans un murmure complice. A petits pas comme un. Artifice ou un cataplasme. Sur une cicatrice et quelques fantasmes. Je dessine des traits de fusain. Annonciateurs de ciels nuageux. De couchers ténébreux. Dans la majesté d’une réincarnation. Pourpre et originelle, celle de nos impostures. Cajole-moi par intimidation ou exaspération. Emporte-moi sur tes courbures. Sans faire de morale caricaturale. Tout en titubant, tout en proscrivant nos reniements. Je hais ces serments palpitants. Qui infusent de nos excréments. Sans totem, loin de tous théorèmes. Alors, je m’endors sur un oreiller d’or. Et, me prends pour un conquistador.

Il n’y a pas d’autres fuseaux horaires. Que les hurlements atomiques d’une mégère. La flamboyance de loups. La cour carrée d’un tout. Ce petit plus de romantisme. Nous deux sur un isthme. Loin de toute hystérie. Coffre-fort à notre rêverie. Ses toiles bleues, nos yeux fiévreux. Et, le vent dans le souffle de l’ouragan. Désespérément. Exagérément. Pour faire des étincelles. Avec les particules de nos âmes résiduelles. Celles que l’on a épinglé sous des ailes. D’alouettes et de mouettes. Couples s’envolant dans la postérité de nos contrariétés. Je joue à pile ou face. Avec cette bande de rapaces. Fragiles et immortels. Creusant une tombe avec une pelle.

Demain, ils s’en iront enterrer. Notre illustre amitié. Sans larme, sans arme. Avec l’insuffisance d’une maigre pitance. Nos remords au bout d’une potence. Morts de rire dans un dernier soupir. Je m’en souviens à en vomir. Un matin lorsque s’en vient. Le carrosse d’une fée cabossée. Colportant les vertiges d’un voyage sans retour. Mon amour. Pour toujours. Je sais que j’implore l’impossible. Avec une insolence sensible. Dans la tourmente asphyxiée. Des ravages de tant d’outrages. Et, pire encore. Encore et encore dans un désert blanc. De si loin là-bas. D’où ruisselle une faiblesse lasse et en triste état.

Je devine tes hésitations, cet appel ultime. Cette approche que tu abhorres. Me suivre, me subir, nous anéantir. Encore une fausse idée, une fausse rime. Quelques larmes pour chamarrer nos visages. Ridés venus affirmer notre ancienneté. Sur la carte de visite de notre impartialité. Sage et admirable. Puis nous scellerons notre humanité. Sur un tonneau de bière et d’argent. Bancal et instable. En narguant le firmament. En jouant naïvement. Notre vie n’aura été qu’un acte de théâtre. Plat et atone, sans fard, au goût de plâtre. Tu en auras été l’ombre outragée et tourmentée. Venue me hanter. Venue me combler.

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Le rêve crépusculaire

Publié le 23 Sep 2019 | Aucun commentaire

Par myriades et par saccades, j’entends les feux joyeux crépiter. Leurs lames d’aciers fendre les humeurs pétrifiées. Les soleils cachés. Les ombres épargnées. Et, le silence aux sourires pâles et effacés. Là, pleinement gavé. A l’aube d’ouragans et de tornades crépusculaires. En meute erratique et filaire. Progressant la bave aux lèvres. Bravant le vent. Un matin de fièvre. Quand la lune s’apitoie. Et que le soleil la rudoie. Les doigts en croix. Parle-moi. De nos errances passagères, de nos outrances. Dans l’accoutumance de notre dépendance.

Je suis frileux, fiévreux. De nos tremblements. Tu dirais capricieux. Furtivement. Je t’écouterais en lisant sur tes lèvres nos émois décousus. Ces vertiges de phrases sans point. Ainsi, il en a toujours été de ce désir absolu. D’hier, de si loin. Comme un pacte infernal, téméraire et imaginaire. Accouplé aux ombres pétrifiées de nos visions passives et troublées. J’ai dans le cœur nos rancœurs empaquetées. Comme des cadeaux empoisonnés. A découvrir un soir de noël avec le désespoir à ses pieds.

Je hais le plaisir proscrit de ses ondes merveilleuses. Aux étoiles éparses et tumultueuses. A la sortie d’un jugement sans sursis. Qui fait la part belle à une vie sans envie. Je me rappelle dans le sang de l’ennui. L’éloge véniel de nos mélancolies. Tentaculaires et versatiles. Leurs aubes bleues et virginales. Amères, dans le pourpre infini de nos valeurs cardinales. Infantiles et imputrescibles. J’ai ce vertige de l’abandon. Accouplé à mes erreurs sans pardon.

Quoi qu’il advienne, plus loin que que je me souvienne. Il y a cette odeur, ces couleurs, les teintes anciennes. De toiles impudiques et oniriques. Accrochées dans les ruelles de nos catacombes. Là où se vautrent nos enfants aux yeux illuminés. Sous les trombes d’orages moqueurs. Le labeur et la fureur de nos querelles à toute heure. Lorsque bat le temps nostalgique. De se rappeler l’essence de notre problématique. Une passion esthétique. Cette complicité excessive profondément amnésique.

Je sais les tremblements pieux. Les jugements élogieux. Toutes ces frondaisons de fleurs d’un jour pluvieux. Pour faire croire. Que nous fûmes moins que laborieux. Tutoyant l’absolu, méprisant le miroir. De nos ombres caractérielles sur une plage de lave. Un soir à la gibecière gavée de mots suaves. La mélancolie de l’oubli dans le viseur de notre fureur. Cette sensibilité pour éradiquer notre humanité. Enfants de rien aux soubresauts hoquetant. Je te provoque par offense ou par suffisance ?

Je me moque de ce rêve morbide. Où nous étions insouciants et joyeux. Heureux ; de si loin, avec nos émois insipides. Morcelés en particules ridicules. Minimalistes comme un trait. Simpliste sur une toile gelée. Il y a sur le pôle cet igloo ravageur Où nous abritons les trésors futiles. De nos emplettes poussives sur des marchés batailleurs. Je frappe cette noirceur qui nous envahit. Inutile et intrépide comme un voleur impavide. Aux tics frénétiques. Sur un visage doux et hermétique.

Tu me laisses psalmodier sur notre passé. Dans une pose lascive et jouissive. Tu me laisses m’abandonner, me noyer. Sans sourciller. Par excès . Dans une lassitude pétrifiée. Sur le bûcher de nos spectres empalés. Posément accumulés au fil des années. Ce désordre institutionnel et suranné. De nos mélancolies giboyeuses et chamarrées. Sous un soleil noir de juillet. Par myriades et par saccades, j’entends ses feux joyeux crépiter. Je ressens ses lames d’aciers fendre nos humeurs pétrifiées.

Je pourrais te parler de nous enfuir. De nous unir. Sous les évaporations luminaires d’un jour de canicule. Comme çà par facilité. Exister en minuscule. Sur le globe d’un monde opaque et insomniaque. Lorsque s’endort le sombre dans les traces de nos ombres. J’aime ce squelette aux parfums aphrodisiaques. Trimballant en chahutant dans un sac. Nos exaspérations prodigieuses. Ces passions cultivées sous serre. J’en désespère une récolte lumineuse.

Pour éclairer le corridor où trônent sur un mur des trophées. Abandonnés pour ne pas avoir été. Ballottés dans les torrents de nos pleurs passagers. Venus irriguer nos concessions contraintes. Lorsque se lèveront les aubes feintes. De matins caverneux. Alors que s’endormiront les meutes mélancoliques. De nos touchers soyeux. Dans la pesanteur dithyrambique. D’un rêve accouplé à un passé inhibé. J’oserai t’aimer.

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Jaune

Publié le 17 Sep 2019 | Aucun commentaire

Une variation ou une abomination, une nuit en couleur jaune. Sur une toile de murs, de pierres, sombres. Parle à mon cœur qui s’ébahit de cette postérité fauve. Jaune comme l’or d’un talisman se miroitant parmi les ombres. Du grand canal à Venise une nuit aux spectres mauves. Nous balbutiant des mots saupoudrés de flocons d’admiration. Devant les cristaux lumineux de ce soir voluptueux. Chaud et doux comme le ventre velu d’un lion. Au repos après un festin monstrueux. Je ressens les vents du large, leurs odeurs iodées. Quelques vagues plus loin le besoin de s’en aller. Parmi les ruelles et les canaux endormis. Sous les lumières jaunes d’une nuit au paradis.

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