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gothique et romantique

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J’ai failli te perdre…

Publié le 5 Juil 2012 | Aucun commentaire

Le matin, en me levant, je sais que tu seras là. Le soir, tu m’accompagneras au moment de me coucher. C’est simple, régulier, routinier. Tu aimes les habitudes. Elles sont dans ta nature. Les habitudes te sécurisent. Tu te sens protégée. Je l’ai accepté car tu ne pourras jamais changer ce qui est inscrit en toi. Je t’aime pour cela et pour tant d’autres choses. Je hais les habitudes, la routine mais tu en as besoin pour te sentir bien. C’est ta nature. Je l’accepte car je t’aime. Je n’arrête pas d’utiliser ce verbe. Je le conjugue à tous les temps. Je le conjugue à ce temps si imparfait de cette routine qui lui enlève sa vraie nature. D’ailleurs, je ne sais plus vraiment ce que c’est que de t’aimer. Le matin, tu es là. Le soir tout autant. Mon amour est rongé par l’habitude. Cette répétition lancinante n’est qu’un appel vers ce vide où je m’étale avec trop d’aisance. Je l’ai compris, hier, lorsque tu as glissé, que tu t’es cognée. Tu as titubé. Tu as failli tomber. J’ai ressenti ta douleur, le danger qui venait de te menacer. J’ai eu peur de cette peur affreuse, violente qui a produit une faille en moi. Il y avait au fond le vide de te perdre. J’ai mesuré ce que tu représentes pour moi, ce qui donne un sens à notre vie de chaque jour. Le bonheur de voir l’éclat de tes yeux, leur façon si vive de me regarder. J’avais oublié que je pouvais te perdre, que nous pouvions nous perdre.Ta chute a brisé en moi le mot aimer et ses pollutions routinières de chaque jour . Je l’ai remplacé par cette crainte que nous pourrions nous perdre à jamais. Elle est plus vive, plus forte que ce verbe aimer que je hais, que je déteste, si facile à utiliser, incapable de définir ce que j’ai ressenti lorsque j’ai failli te perdre.

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La chaleur de ta main

Publié le 3 Juil 2012 | Aucun commentaire

Tu voulais que je vienne avec toi admirer la cathédrale, ses tours, ce ciel qui entoure ses flèches. Tu me disais qu’il y avait une ambiance, « une âme ». Je t’écoutais d’une oreille discrète, sans vraiment porter attention à tes dires. Tu m’ennuyais mais je ne le disais pas. Tu insistais me lassant, m’exaspérant. Pourtant, tu me poussas dehors. Tu m’as tiré, entraîné, me prenant la main pour la première fois. J’ai aimé. Je ne te l’ai pas dit. Par pudeur, par peur de casser la magie de ce moment ? Nous sommes arrivés sur la place. J’ai levé la tête, vu les tours jumelles, sœurs identiques aux parents sans imagination.  Je gardai la chaleur de ta main dans la mienne. Cela me tenait le plus à cœur. Je t’ai dit que j’aimais la vision de cette cathédrale alors que je ne pensais qu’à toi. Tu m’as dit que je mentais, que je n’étais venu que pour te faire plaisir. Déçue, tu m’as lâché la main. Tu ne l’as plus jamais reprise.

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Lorsque tu étais le colosse…

Publié le 28 Juin 2012 | Aucun commentaire

Qu’est-il arrivé à ta force légendaire, ta puissance démesurée, toi le colosse de puissance et de force? Je me souviens de ces instants, où soulevant les rocs de tes muscles saillants, tu forçais l’admiration. Ta vaillance, ton courage étaient légendaires. Tu n’avais pas de limites. Stade ultime de la perfection, tu étais un exemple. Tu étais tant de choses. Tu étais surtout le colosse. Ce simple mot imposait le respect. Il n’y avait que toi capable de porter ce qualificatif. Il te représentait. Il était toi. Mais, aujourd’hui, qu’es-tu devenu ? Avec tes yeux bandés, ta nuque baissée, tes muscles écrasés, tu n’es plus que la statue de ton glorieux passé. Quelle honte ! Quel gâchis ! Qui a-pu-te soumettre ainsi ? Je n’ose l’imaginer, toi l’esprit libre devenu sujet servile et vil. Aurais-tu perdu la parole ? Il le semble. D’ailleurs personne ne veut entendre tes explications susurrées, tes excuses mal assumées. On ne peut pas voir cette image qui dérange. On veut se souvenir de ton glorieux passé où tu ne baissais pas la tête, où tu avançais la tête haute, prêt à relever tant de défis. Ces jours sont hier quand tu marchais pesamment du poids de tes muscles parfaits et que tu t’appelais le colosse…

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L’étage interdit

Publié le 23 Juin 2012 | Aucun commentaire

Combien de fois t’ai-je dit de ne pas monter en haut de l’escalier ? Si souvent que je ne m’en souviens plus. Mais, il a fallu que tu y ailles. C’était plus fort que toi. L’interdiction était un appel à la désobéissance. Tu devais monter les marches de ce dernier étage qui t’étais refusé. Tu disais toujours que tu ne le ferais pas. Je ne te croyais pas. Je connais ta nature, ton désir de forcer les portes closes pour exister dans le refus d’obéir. Mais obéir, c’était te protéger, t’éviter de souffrir car je sais que là-haut au dernier étage ce que tu y trouveras n’est pas pour toi. Tu es si fragile, si vulnérable. Mais la perversité de monter les marches une à une a été la plus forte. Tu as mis ta main sur la rampe de bois, posé ton pied sur la première marche. Il ne s’est rien passé. Il ne pouvait rien se produire si ce n’est que je te surprenne. Mais, cela était impossible tu as attendu mon départ. Alors, libre, tu as gravi chaque marche une à une comme une libération. Dans le grand coude de l’escalier, tu as vu la porte légèrement ouverte, la lumière venant du dehors. Je savais que tu viendrais. Autant te recevoir avec une porte ouverte plutôt que close car tu serais revenue encore et encore au point que cela devienne une obsession. Aussi, tu as franchi le coude de l’escalier. Tu es arrivée en haut. Tu as poussé la porte. Il y avait derrière le vide de pièces inhabitées. Le néant. Tu es restée silencieuse laissant la marque de tes pas sur la poussière de cet appartement où je ne vais plus. J’avais confiance en toi. Je te croyais capable de résister au piège d’une chimère de conte pour enfants. Tu croyais trouver Barbe Bleue, les cadavres de ses femmes. Tu avais peur de mon retour alors que tu franchissais la porte de mon interdit. Pauvre folle. Ta peur était le carburant de ta désobéissance. Tu voulais avoir des frissons. Tu n’as trouvé que de la déception à ton attente et une question pourquoi m’avoir interdit de monter ? Cette interrogation te hante maintenant. Plus que de monter là-haut vers l’étage interdit. Jamais tu ne sauras qu’il s’agissait d’un piège que je t’ai tendu. Te souviens-tu de cette façon furtive avec laquelle tu as répondu à ma question, « as-tu passé un bon après-midi ? » Non, tu ne te rappelles plus de ton mensonge. Moi, si, je me souviens de la marque de tes pas sur le plancher du dernier étage comme l’unique preuve que je ne pourrai jamais te faire confiance. C’était le sens de mon interdit et toute la valeur de tes promesses…

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La lueur merveilleuse

Publié le 23 Juin 2012 | Aucun commentaire

 

Il y a une heure particulière où le soleil passe au travers des vitraux projetant sur le sol de la cathédrale une tache lumineuse. Elle s’allonge sur le sol, sur les chaises, les stalles des moines, étendant son corps, ses bras dans une blanche lueur. Elle reste peu. Un nuage, l’ombre d’un pilier viennent souvent l’éteindre. Chaque jour, elle revient inexorablement.

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