
Il y a en toi ces zones noires. Là, où tu caches tes ombres. Celles qui te renforcent ou t’encombrent. Toutes ces choses qui t’assaillent. Tu sombres ou tu batailles. Ces haines, ces peurs qui poussent comme des broussailles. Pour te cacher, te protéger où que tu ailles. Je ne peux plus te suivre, je ne suis plus de taille. Le grand mur blanc de ta vie s’est percé. De nombreux trous dans lesquels je tremble de m’engouffrer. Pour affronter tes failles. Elles ont craqué nos jours anciens, lézardé notre complicité. Nous sommes entrés dans la pénombre. Chacun de notre côté. Vivant avec les miennes, j’ai ressenti le poids de tes ombres. Tu t’es refermée comme je l’ai fait. Nous avons vu notre vie fondre. Le quotidien s’est rétréci pour devenir un tout petit rien. Face au grand mur de ta vie, je ne vois plus que des trous noirs aussi profonds que les miens. Nous ne pourrons plus nous répondre. C’est ainsi que nous devions poser le dernier point. Je n’aurais jamais pensé que nous en arriverions à nous morfondre. Nous sommes sans lendemain. Tout est toujours écrit, le mal et le bien. Tu me le disais. Tu me le répétais. Je ne pouvais y croire. Mais, aujourd’hui dans le noir. Je comprends que le destin est une forme de vérité. Pour l’accepter, il a fallu que j’aille jusqu’au désespoir. De te voir t’en aller. Tu m’as laissé cela en héritage. Suis-je vraiment devenu plus sage ?
Lire la suite
J’aime la lueur de tes yeux, ton pelage soyeux. Te caresser, si tu le veux. T’entendre ronronner. Aller au devant de ta curiosité. Sentir ta chaleur. Effleurer ta douceur. Compagnon de mes solitudes. Qui fait battre mon cœur. Qui efface mes turpitudes. Fier, la queue haute, ne jugeant jamais mes fautes. Pelotonné, ne montrant qu’une vérité. Celle d’une certaine fragilité. J’aime ta sensibilité. Toi l’orgueilleux solitaire et altier. Toi le funambule aux multiples visages. Tu t’échoues parfois sur d’autres rivages. Ils ont le goût du sang. Des chairs entre les dents. Machine à tuer. Aux griffes aiguisées. Tes yeux brillent de cruauté. Comment peux-tu me flouer ? Toi, qui porte ma confiance. Toi, qui a reçu toutes mes confidences. Je me mens. Je connais tes yeux, ton regard mauvais. Tu n’as jamais triché. Je me suis laissé embarquer. Pour oublier tes parts d’ombres, de lumières. Pour que tu restes près de moi, exhaussant mes prières. Celles de demeurer mon ami. Le dernier à supporter ma vie. Faîte de peurs, de noirceurs. De hauts, de bas. Qui a pour confesseur un chat.
Lire la suite
Il y a au milieu des bois, sur le sommet d’une montagne, une haute tour. Son toit crève le ciel, le doigt dressé d’une provocation à l’enfer, à la terre entière. Beaucoup s’acharnent dessus, les orages de l’été, les neiges de l’hiver. Ils n’ont pas eu assez de forces pour la briser, la faire plier. Elle est là, depuis des siècles, résistant aux maux des hommes, aux attaques du temps. On ne sait plus qui l’a construite. On ne sait plus grand chose d’ailleurs. La légende rapporte que les loups, en bande, venaient se coucher à ses pieds. Que des hommes sont morts sur le pas de sa porte. Ils voulaient entrer, se protéger, fuir la tourmente de neige qui les glaçaient. Ils se sont endormis morts dans le froid de l’hiver. La porte de la tour ne s’ouvre qu’à ceux qui en possèdent la clé. Ses fenêtres ne s’éclairent jamais. Il paraît que des pèlerins perdus dans la montagne l’ont vu étinceler dans le lointain. Cette lumière les a sauvés, évitant de s’égarer. On raconte tant de choses comme l’histoire de cette femme qui vivrait recluse depuis des siècles. Certains affirment avoir vu son visage regarder au travers des vitres implorant, tendant la main. On dit trop de bêtises. Je ne suis pas venu te les raconter. Je ne voudrais pas te lasser. Je suis là pour t’annoncer que j’en ai reçu la clé. Je peux ouvrir la porte. Ensemble, nous pouvons grimper l’escalier de la tour qui monte tout en haut des étoiles, si loin que la terre, la mer, le ciel ne feront qu’un. Tu me prends pour un fou. Je le sais. Comment te convaincre du contraire ? J’hésite depuis si longtemps à te l’annoncer. La clé est tombée du ciel, envoyée par les derniers qui sont montés. Ils l’ont jeté comme le bâton d’un relais qu’ils voulaient nous transmettre. Regarde, elle est entre mes mains. Petite, fragile, je l’aurais pensé plus impressionnante, à la taille du cadeau qui nous est fait. Pourquoi, ne veux-tu pas la voir ? Elle nous offre l’éternité. Elle est le plus beau présent que nous puissions recevoir. Tu doutes de moi. Tu doutes de toi. As-tu peur de ma proposition ? Je ne sais pas si tu me prends pour un fou ou si tu crains de passer l’éternité à mes côtés ? Tu ne sais pas si ton amour aura cette force. Tu as peur, je le sens, le comprends. Tu n’hésites plus. Tu rejettes ma proposition. Je ne peux te haïr malgré le mal que tu me fais. Tout va si vite. Le choix que je te propose te dépasse. Te place dans une impasse. Tu refuses de remonter avec moi les escaliers du temps. Tu ne veux pas vivre ta vie à l’envers sans savoir ce qu’auraient pu être tes nombreux autres matins. Tu avais des projets pour nous deux. Je ne les ai pas écoutés. Je ne te parle pas d’avenir mais de passé. Comme si je doutais de nos lendemains. Comme si j’étais paralysé d’affronter notre avenir ensemble, main dans la main. Cela te fait peur, plus que tout. Tu ne m’a jamais pris pour un fou. Tu refuses car par ma faute, tu ne crois plus en nous.
Lire la suite
Sur ces vagues de fleurs, nous naviguerons de bonheur. Rien ne nous touchera ni le désespoir, ni le malheur. Nous avons juré de nous aimer. Avec l’encre de nos certitudes, les battements de nos cœurs. Nos vies ont pris le sens de ne jamais se quitter. Le vent a emporté notre secret jusqu’au bout du ciel. Là, où les abeilles butinent le miel. Là, où les nuages ne pleurent que des larmes de joie. Dans ce pays où il n’y a qu’une mer de fleurs. Dans ce lieu où nous viendrons étouffer nos pleurs. Nous en aurons. Toi et moi. Ne pas le croire serait une erreur. Nous parviendrons jusqu’au pardon. Sur le ciment de notre foi. Nous voguerons au-delà des couleurs et des parfums. Pour ne faire qu’un. Nous unissant à jamais.
Lire la suite
Un soir. La neige sur les toits, les trottoirs. Une ville déserte. Des lumières blanches. Le silence. S’arrêter pour écouter le bruit de leurs pas. Imaginer les rues animées. Ou simplement rêver. L’absence de passants. Une ville sans habitants. Une terre de fin du monde. Sans êtres humains soudainement. Marcher dans les rues vierges de vie. Chercher sans trouver. Seul entre les murs aux lumières tristes . La neige a étouffé leurs derniers souffles. Recouverts d’un joli papier blanc. Reste dessus les traces de leurs pas. Les dernières avant ce départ pour un pays imaginaire où il n’y a ni paradis, ni enfer. Marcher dans les rues vierges de vie jusqu’au moment où les lumières s’éteindront. Regarder le jour se lever. Pour un d’après. Où le froid sera cuisant. Agressif et violent. Rentrer se réchauffer. Dans les maisons abandonnées. Aux grands escaliers grimpant vers les sommets. Où il n’y a plus de cris d’enfants. Des chambres désertes où l’on entend que le vent. Glissant sur les toits recouverts de neige s’enfuyant en hurlant. Se sentir seul. La magie du rêve morte sous le voile de ce linceul.
Lire la suiteThis site is protected by wp-copyrightpro.com
This function has been disabled for Gothique-et-Romantique.