
Une grille, une porte, une muraille, rien n’arrêtera l’envie. De franchir les barrières, d’aller voir briller la nuit. Noire, étincelante, sans nuage, sans étoile. Juste l’odeur, les liqueurs de nos peurs. Pour savoir que l’on est en vie. Derrière nous, l’infini du voile. Moisissure de nos rancœurs. Toi et moi, habillés de noir. Aux couleurs du ciel. Faisant du jour notre soir. Rien de vrai, de matériel. On marchera dans l’herbe et les prés. Plus loin au bout du silence. Volant le temps. De rêver. Tirant sur les fils de notre mélancolie. Notre vie. A petits pas se prolonge la danse. Une lente dérive. Derrière la muraille, une nuit qui enivre. Doucement en jouant. Avec les odeurs, les liqueurs de nos peurs. Assis sur une autre rive. Il ne manque que la clé. Pour ouvrir les portes, s’échapper. Je crois, tu crois aux miracles. Chaque jour, chaque soir. Une courte histoire. Mettant notre vie en spectacle. Sans cœur, sans spectateur. Notre labeur. Sans saveur, sans couleur. Tu me dis désenchanté. Je te dis effacée. Il nous reste la pitié pour se regarder. Réagir, éviter de se haïr. Une grille, une porte, une muraille, rien n’arrêtera l’envie. De franchir les barrières, d’aller voir briller la nuit.
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Tourne le vent, s’envole le temps dans la rue autrement. Marchant, pas à pas, en écoutant. Les plaintes d’ailleurs. Accrochées aux doigts. Essoufflés en ayant mal au cœur. Notre histoire qu’on traîne sans espoir. Notre malheur. Depuis des siècles pesamment. Les murs sombres, les étendoirs. De nos frustrations sans pardon. On s’aimera plus tard, demain. Passionnément, résolument. Projection sans contrefaçon. Absolument, aussi loin. Que s’étend notre désenchantement. Les larmes de notre mélancolie. Coulent entre les fissures. De nos cuirasses rouillées. C’est ainsi. La douleur que l’on endure. Fouette nos corps marqués. Transparents, infamants. Être en n’étant rien. Avoir été et l’oublier. Je voudrais hurler. Les sons ne sortent pas. On reste là. Impuissants, subissant. Notre lent effacement. De la terre, de tout. Le néant autour de nous. L’offense en sentence. Ne rien pouvoir faire. Nos ombres glissant sur les murs. Se noyant dans la mer. Être mort sans être sûr. Que les fantômes n’ont pas d’autre vie. Tu dis que nous nous sommes endormis. Je voudrais te croire. Un matin, un soir. Mais dans la main. Un rêve, un miracle. Je n’y crois pas. Notre désenchantement est là. Accompagne nos pas. Sur le sol, ses chaînes raclent. Leur bruit avec nous. Me rend fou. Je n’ai plus la force de t’écouter. Je nous sens nous éloigner. Pour aller où ? Tourne le vent, s’envole le temps dans la rue autrement. Marchant, pas à pas, en écoutant. Les plaintes d’ailleurs. Je sais que tu as peur. De ce qui peut nous arriver. Je ne peux l’empêcher. Comme toi, je suis effrayé. Je ne peux te le montrer. Par fierté. Par fragilité. J’ai perdu nos rêves. Oublié nos pas sur la grève. Tant de choses à me faire pardonner. Nous pourrions avoir une éternité à dessiner. Le noir de notre passé à noyer dans le miroir. Notre reflet me fait frisonner. Terrifié, désenchanté. La flamme s’est éteinte. Oubliant nos étreintes. Effaçant nos serments. Tourne le vent, s’envole le temps dans la rue irrémédiablement.
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La folie nous gagne, la furie nous assaille. Un jour pluvieux, brouillardeux. Notre ring en bataille. Un matin laiteux dans le blanc de tes yeux. Ton corps merveilleux. Je le veux. Ta pose recroquevillée, tes cheveux étalés. Ton souffle rythmé, volcan prêt à se réveiller. Les doigts écartés pour saisir la voie lactée. Je te hais, j’aimerais me glisser. Dans les caprices de tes rêves. Libre sans permission, sans interdiction. Boire cette sève. L’appel qu’il soulève. La question de tes intentions. Lascive, passive. Je le crois. Tu n’es que mauvaise foi. Langoureuse, tu joues les allumeuses. Tes dents acérées. Prêtes à me déchirer. Le cœur. Il n’y a rien de meilleur. Tu le sais. Je n’ai rien d’autre à te donner. Tu ronronnes, joue les mignonnes. Pendue à la croix de tes lois. Je communie insoumis. Nos luttes sur le ring de notre chute. Le sang comme talisman. Boisson de nos serments. Je te mens. Tu me mens. En jouant, en s’amusant. Susurrant du bout des dents. Des promesses jetées au vent. Tatouées sur ta peau. S’effaçant à coups de rabot. Recommencer pour s’aimer, s’éprouver. Je te hais, je ne peux que t’aimer. Silencieuse, enjôleuse. Bout de fille dans sa coquille. Inaccessible, sensible. L’image que tu veux donner. Ce matin, ce soir frigorifiée. Tes yeux qui brillent. Nos mains nouées. Vers toi attiré. Pour se consumer. Sur les buchers que tu vas allumer. Le bal des sorcières. Dansant, immondes, grossières. Je te hais, j’ai envie de crier. Mentir pour éviter le pire. Ta compassion. Comme ça sans raison. Ma rébellion. Pour gommer toute confusion. L’instant pour lendemain. Le présent chaque matin. Je te hais, je ne peux que te désirer. Tes yeux me regardant. Provocants, insolents. Un sourire, un soupir. La folie nous gagne, la furie nous assaille. Un jour pluvieux, langoureux. Notre ring en bataille.
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Dans le reflet de la lune s’étirent les langueurs d’un château imaginaire. Plus loin que les deux hémisphères. A mi chemin entre le ciel et la terre. Balayé par le vent de la mer. Réchauffant le sable des déserts. Brulant l’herbe asséchée d’un cimetière. Où perlent les larmes amères. De chevaliers en enfer. Pleurant le déclin d’un château imaginaire. Où tombent en berne des drapeaux fiers. Capitaines d’une âme guerrière. Hantant les allées et les murs de leurs mystères. Rappelant la souffrance et les peurs solitaires. De combats engagés contre une armée de cavalières. Aux tenues à la parade altières. Laissant le vide et le néant derrière. Il reste les silences de ces héritières. Gris aux teintes de pierres. Érigeant les parois du château imaginaire. Ses murailles sont en verre. Dessus pousse du lierre. Les fantômes à leurs pieds font des prières. Pour que continuent les guerres. Les squelettes que l’on déterre. Les coupables que l’on déferre. Devant des juges qui appellent le tonnerre. Je voudrais te parler de ce château imaginaire. Gardée par deux archères. On le visitera, tu seras mon équipière. Sans trembler, sans manière. Nos journées, nos nuits prisonnières. De cette folie nourricière. S’enfoncer dans la tanière. Traquer nos peurs, les sorcières qui prospèrent. Jusqu’à la racine de nos misères. Nous deux missionnaires. En quête de lumière. Plus fort que l’obscurité qui altère. Nos forces puissant somnifère. Avec toi je serais plus solide que le fer. Pour s’extraire du cauchemar, retrouver l’air. Nos vies aux enchères. Instants éphémères. Prisonnières du château imaginaire. Je ferme les yeux, je murmure, j’espère.
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Volatile, envoutant, dans l’air se libérant. Je te parle de mon ennui. Silencieux et capricieux. Je te parle de ses lents mouvements. Dans le reflet de la glace se glissant. Imperceptiblement. Le souffle de l’air s’y retenant. En vagues de poussières. Altières et fières. Plus loin que le jour et la nuit. Se languissant de ne connaître que l’infini. Dans le bourdonnement assourdissant. Du néant. Sans souvenir, le cœur qui expire. Sans réfléchir, le vide qui attire. Là toujours là. Le regard que rien ne retient. S’enfuit mon ennui. Ses inconstances, son arrogance qui sont miennes. Je te parle de lui. Accompagnant ces peurs qui me retiennent. Le bruit, les cris, un corps transis. Le froid, le noir, toi. Cette présence si proche de moi. Que je pourrais toucher. Que j’ai si souvent imaginée. Voluptueuse, merveilleuse. Sortie de l’infini de mon ennui. Irréfléchie, en vie. Tu n’as pas de nom. Éveille mon attention. Réveille ma raison. Appelant ma rébellion. Brisant les chaînes de la fatalité. Scellée dans l’ennui de mes facilités. Attendre sans bouger. Prétendre sans oser. Briser le miroir de ces soirs. Où se baigne le reflet noir. D’un temps qui ne pourra s’effacer. Je te parle de l’oublier, de t’accompagner. Dans un pays où s’endormira notre ennui. Ce soir, j’ai rêvé d’infini. Toi, nous deux, en vie.
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