De verres en verres

De verres en verres à refaire une nuit dans l’éphémère d’un goût de bière. Au bord des larmes et des relents amers plus forts qu’une promesse la dernière. De se laisser endormir par la douceur d’une mélancolie. Voyageant dans l’ivresse et sa tendresse. Une tentation, une faiblesse. A quelques centimètres de l’envie. De t’embrasser sans savoir si c’est la vérité ou la simple idée. D’avoir peur de finir la nuit seul dans les bras des fantômes de l’ennui. Faudra-t-il te mentir pour cacher ce vrai désir ? Quitte à frémir. Prêt de toi. Les yeux langoureux. Au fond de toi. Heureux ou malheureux. Cette idée me tente, me hante. Effleurer ta main sans voir ton regard se contracter. Lentement, doucement en hésitant pour savoir. Si c’est la bonne idée de continuer. Sans te voir t’en aller ou refuser. De verres en verres à refaire une nuit dans l’éphémère d’un goût de bière. En ayant passé le stade des bonnes et des mauvaises manières. Dans le pub vide. Nous deux au bord du vide. A aimer cette idée de perdition sans autre contrefaçon. Que de sauter ensemble sans chercher la raison. Tombant ou s’envolant dans l’ivresse d’un bout de tendresse. Sans heure, ni repère avant demain. Il nous reste une fin de nuit sans autre destin. Les yeux clos. Pour qu’il soit plus beau. Sans mots. Pour qu’il n’y ait pas de traces. Pas de future, que tout s’efface. En faisant durer l’instant indéfiniment. Le retenant du bout des doigts, imperceptiblement. Au bord des larmes et des relents amers plus forts qu’une promesse la dernière. De se laisser endormir par la douceur d’une mélancolie. Voyageant dans l’ivresse et sa tendresse. Une envie. Une tentation, une faiblesse. Que je confesse, que je t’adresse.
Lire la suiteIl y a dans ta bouche le goût sucré des bonbons de ton enfance.

Il y a dans ta bouche le goût sucré des bonbons de ton enfance. Le temps passé à choisir les couleurs, les saveurs. En rêvant de chewing-gums, de bonbons péteurs. Croqués à tout moment, à toute heure. Avec la joie et le bonheur de te sortir de ta torpeur. Comme une drogue qui tangue, balance. Tu as dans la bouche le goût sucré des bonbons de ton enfance. Mangés en toute innocence. Chassant tes craintes, tes peurs. De ces longues nuits d’errance s’étirant à l’infini. Plus loin que les ombres ne se meurent. Tard à la lisière de tes cauchemars. Tu marches dans les rues sombres à la recherche de cette odeur. Sucrée, rouge, bleue, jaune de toutes les couleurs. Les yeux rivés sur des bocaux. Où dorment des bonbons en forme de lionceaux. Dans leur peau, tu vas planter tes crocs. Il y a dans ta bouche le goût sucré des bonbons de ton enfance. Un soupir, un appel, un désir. Assoiffée comme un vampire. Tu traînes dans les rues sombres à la recherche de ces odeurs. Réveillant tes sens, alimentant ton errance. Croquant à tout moment, à toute heure. Comme une drogue qui tangue, balance. Ces petits lambeaux sucrés pour calmer tes fureurs. La salive au bord des lèvres. Pour éteindre tes fièvres. Remède à ton anxiété sans jamais effacer ce souvenir du passé. La première fois, ce goût sucré du péché, entré en toi pour t’enflammer. Avec le besoin chaque nuit de le retrouver. Comme une drogue qui tangue, balance. Il y a dans ta bouche le goût sucré des bonbons de ton enfance. Tu erres entre les zones sombres de ta conscience. Tiraillée par le besoin de communier à cette offense. Pour mieux pénétrer, exposée sous la lumière artificielle. Et te damner, le sang dans la bouche, fusionnel. Le bonheur qui chasse le malheur. Avec l’apaisement d’une dépendance. Le goût sucré des bonbons de ton enfance. Dans ta bouche, se glissant, en apportant le temps d’un moment l’endormissement de tes tourments.
Lire la suiteUne fleur

Par où commencer, comment enchaîner ces phrases répétées, mortes avant d’être nées ? Avec cette ritournelle d’aimer, qui revient sans cesse, qui s’emmêle. Hésiter, se demander, troublé, angoissé si c’est la bonne idée ? Une fleur pour séduire, conquérir. Une guerre à remporter contre l’incertitude, le désir. Un combat sans arme avec le risque de mourir. Frappé d’un coup invisible, né de la fatalité. De ne pas arriver à s’aimer dans l’océan troublé d’un quotidien tourmenté. Attendre, un rien, une fleur à cueillir. Pour se rassurer, influencer, un cœur à ouvrir. Avec cette angoisse de ne pas savoir le dire. Par où commencer, comment enchaîner ces phrases répétées, mortes avant d’être nées ? Qui reviennent imperturbables comme le refrain. D’une chanson maudite se répétant en boucle chaque matin. Portée par la voix nasillarde d’un mauvais lutin. Une fleur pour conjurer le sort. Rouge sang, liquoreux, presque noir. Pour redonner l’espoir avec l’incertitude de pouvoir enfanter le désespoir. En avançant dans ce corridor aux portes fermées. D’une vie où ne bat que l’amour. Aussi fragile qu’une fleur se dressant têtue. Belle et sans retenue le temps de quelques jours. Née pour être désirée et vue. Apportant la tentation de la cueillir. Afin de préserver ce qui pourrait mourir. Dans la mélancolie d’une vie aux rêves infinis. Qui chaque jour se ternissent dans l’oubli. Par où commencer, comment enchaîner ces phrases répétées, mortes avant d’être nées ? Avec cet ultime but d’endiabler un passé qui ne demande qu’à se réveiller.
Lire la suiteLes couleurs de notre crépuscule

Les vagues qui brillent devant un ciel désenchanté. L’eau qui vibre, frissonne. Les nuages s’entortillant en danse saccadée. Le tonnerre qui résonne. Sur les couleurs de notre crépuscule. Noires, bleues, argentées. C’est ainsi que je l’avais imaginé en teintes majuscules. Avant, après de nous être séparés. Imperceptiblement, étirés par la fatalité. Émiettés de s’oublier. Éparpillés de s’envoler. Kidnappés par ce vent mauvais. S’effilochant au rythme du temps. Portant les accents déchirant d’une boîte à musique. Où tourne constamment. Pathétique. La ballerine d’une infirme routine. Lancinante, anesthésiante. Que nous avons trop croisée. Au point de l’adopter. Sans se rendre compte qu’elle nous séparait. Apportant l’endormissement. Le poison réconfortant de faire semblant. D’encore se passionner ou bien de s’émerveiller. Pour des futilités. Qui ont fini de nous lasser. Nous poussant à faire la bascule. Sur les couleurs de notre crépuscule. Noires, bleues, argentées. Sombres comme les yeux de ce chien. Le seul qui nous retient en nous léchant la main. Un trait d’union pour presque rien. L’image effritée d’un rêve embaumé. Un soir, une nuit sur une mer aux couleurs de notre tombe. Le rideau qui tombe. Devant la barrière du temps brisant la frontière. De nos guerres. Anciennes, rabougries qui nous ont tant fait bouillir. A se battre, à se combattre. Pour finalement faillir puis se maudire. Teintant les couleurs de notre crépuscule. Noires, bleues, argentées. Où il est impossible de faire miroiter. Ces rouges vifs du temps où l’on s’aimait.
Lire la suiteNous sommes éternels

Il y a cette musique qui rappelle nos jeux interdits. La lande au regard qui s’enfuit vers un autre pays. Le cœur d’une onde qui nous pousse à nous morfondre. Sur l’herbe où les moutons viennent se faire tondre. Envoutés, ballotés, à coups de fouet pour ne plus savoir trancher. S’aimer à en crever en sachant que tout peut s’arrêter. Un caprice teinté de malice, une marque dévastatrice. Sur tes lèvres les mots d’un sacrifice factice. Regardant tes yeux me transpercer. Boire la lie stagnant au fond du calice. Coulant au fond de ta gorge sans avarice. A genoux pour que çà soit plus doux. Sans larme, sans pitié. Juste s’aimer, tout partager, le bon, le mauvais. Un serment jeté en l’air pour savoir qu’on peut le faire. Je t’aime, tu m’aimes, ils s’aiment d’une passion, la même. Débordante. J’entends cette musique qui rappelle nos jeux interdits. Envoûtante. L’envie, la jalousie venues en nous, ce monstre qui nous envahit. Le laissant se répandre dans nos méandres. Tu tangues, je tangue sous un vent venu nous prendre. Déchirant des parties de nous en petits bouts. Main dans la main courant comme des fous. J’aime cette ivresse d’être saoul, je le confesse. Dégueulant cette peur traîtresse que ne ressurgissent nos faiblesses. Noyées dans le mauvais vin. Que l’on prolonge jusqu’au lendemain en espérant que rien ne sera vain. Cette peine hante nos veines. Venimeuse, cajoleuse, teintée de haine. Rebelle, fusionnelle. Il y a cette musique qui rappelle nos jeux interdits. Sur la lande de nos ennuis. Là où les océans se sont assombris. Sous le vent et sous la pluie. Les orages ont les larmes cruelles. Le grondement caractériel. Toi et moi, sans foi, ni loi. Le visage mouillé errant pour imaginer une autre façon de s’aimer. J’aime tes rires enivrés, endiablés. Ton corps onduler, tes cheveux s’envoler. Te regarder pour ne pas oublier. Tatouer, scarifier en moi la marque de ma piété. Comme une vision teintée de nos possessions. Tous deux comme des fous. Courant sur la lande, son sol mou. S’enfonçant, se relevant en jurant. Je me rappelle cette musique qui appelle nos jeux interdits. Ce monde imaginaire où nous nous sommes enfuis. Derrière un soleil ébloui. Dépression sur les notes de notre concerto de confusion. Écrit sur le rythme lent d’un piano récurrent. Toi et moi nous désirant dans le slow d’une nuit s’endormant. J’entends ton cœur battant. Ce souffle de l’appel. L’heure irréelle. Sensation irrationnelle. De savoir que nous sommes éternels. Je le veux pour que notre nuit soit belle.
Lire la suiteUn vertige sans aile

Entends-tu la musique de la nuit ? Tombant sur nous sans bruit. La mer émeraude. La peur qui rode. Un vertige sans aile. Fragile et frêle. Le vent caressant. Nos corps gelés. Violemment, pénétrant. Toi prêt de moi collée. Tremblante, troublante. Sens-tu le froid de la nuit ? Tombant sur nous transits. La mer écumante. L’angoisse envoutante. L’envol d’un soupçon. Une perte de raison. Le sol se dérobant. Moi et toi déconcertante. Lancinante, combattante. Entends-tu la plainte de la nuit ? Tombant sur nous sans abri. La mer montante. L’inquiétude suffocante. L’air salé. Des gouttes de marée. Dans la bouche pénétrant. Le visage ruisselant. Toi et moi partageant. Lentement, irrésistiblement. Sens-tu le froid de la nuit ? Tombant sur nous par magie. La mer irradiante. La panique qui nous envahit. Un abandon, une passion. Irrémédiable, imparable. Nos corps rapprochés. Fusionnels. Toi et moi un appel. Entends-tu la musique de la nuit ? Tombant sur nous endormis. La mer qui gronde. Le vent qui sonde. Nos rêves ébahis. Depuis longtemps enfuis. Un trait de fusain. Lointain. Sur l’écume de nos pages. Abandonnées sur une plage. Toi et moi oubliés. Délaissés, effacés. Sens-tu le froid de la nuit ? Tombant sur nous rabougris. La mer inlassable. Qui projette le sable. Recouvrant la tombe. D’un vertige sans aile. Frêle colombe. Nos corps calcinés. Nos âmes desséchées. Toi et moi rapprochés. Un rêve empoisonné. Noyé avant d’être né.
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