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gothique et romantique

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Au bout de la route sans fin

Publié le 26 Juil 2012 | Aucun commentaire

Il y a au bout de la route sans fin, là-bas, au fond des bois, si loin que le trouver est un miracle, un petit château. Au bord d’une rivière, il regarde l’eau couler de ses tours abandonnées. Quelques promeneurs, tous plus chanceux les uns que les autres, font de ce lieu un secret. Ils y trouvent le silence et la paix. Il n’y a plus d’époque, ni de règles, ni de principes, juste le calme d’une nature épanouie et sauvage.  Il reste surtout le plaisir d’avoir eu la chance de se perdre sur la route sans fin le long de ses virages tordus qui n’en finissent jamais. Partir devient un instant chargé de regrets. A l’inverse, il restera toujours l’ardent désir d’y revenir.

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La lune n’a plus pitié de nous…

Publié le 23 Juil 2012 | Aucun commentaire

Je suis souvent allé, par les chemins de la forêt, jusqu’à la croix. Celle perdue, au carrefour de quatre chemins, au cœur de l’immensité d’arbres sombres et inquiétants. Je ne compte plus le nombre de fois où je suis venu. Depuis ma première visite, je ne vis plus que pour la lueur merveilleuse qui m’a accueilli. Elle m’apaise. Une nouvelle fois, je progresse vers elle. La lune éclaire mes pas, étouffés par le tapis de feuilles mortes. Les ombres des arbres se font plus étroites, plus discrètes. Les rapaces arrêtent de siffler. Peu à peu, le silence se fait lourd, pesant, oppressant. J’ai ressenti cette impression lors de ma première venue. Cette nuit où je m’étais égaré alors que je te cherchais désespérément. Mais cela ne m’inquiète plus maintenant. C’est, à chaque fois, pareil. Je suis venu de jour sans ressentir cette impression de chaleur merveilleuse me pénétrant. La croix de pierre est classique sur son socle, belle, sans plus. Alors que la nuit, le rayon de lune qui la transperce projette en arrière plan une autre croix blanche qui semble flotter dans l’air. De jour, on ne la voit pas. Elle est translucide, irréelle. Souvent, je tends la main pour la saisir mais tu ne me laisses jamais approcher. Tu es partie ce soir de brume dans la grande forêt pour ne plus jamais revenir. Je t’ai cherchée sans jamais te trouver si ce n’est cette croix merveilleuse qui dans mon imaginaire te remplace. C’est pourquoi, ce soir, comme les autres soirs, je te rends visite. La forêt se pare de silence, nous offrant une part d’intimité. On aura peu de choses à se dire. Je vais m’approcher de la croix, m’asseoir devant elle, attendre que la lune vienne caresser d’un rayon magique la croix, provoquant l’apparition. J’ai peur. Hier, elle n’était pas là. Les jours précédant aussi. Le vide de nos dernières rencontres est-il venu éteindre mon imagination et la lueur merveilleuse ? Depuis plusieurs nuits, les rayons de lune ne touchent plus les pierres de la croix. Ma douleur de ton absence s’éloigne, mon deuil se fait. La lune n’a plus pitié de nous…

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Je n’en ai plus la clé

Publié le 17 Juil 2012 | Aucun commentaire

J’avais juré que jamais je ne passerai devant le château, depuis ce jour où tu as fermé sa porte définitivement. Il y a longtemps, dix ans, peut-être plus ? Il y a neuf ans, dix mois et sept jours exactement. Je ne peux pas faire semblant, en parler avec détachement. Cela m’est impossible pour tous ces souvenirs que nous avons avec. Ses murs sont les livres de nos plus belles années. Ses fenêtres, nos premières ouvertures sur le monde. Nous y venions l’été. A cette période où tout est plus facile, les jours longs, les nuits douces. Ces images sont les temps langoureux d’été infinis. Elles se préparaient par cette route longue des vacances pour le rejoindre. On se racontait des histoires pour mieux franchir sa grille, pénétrer dans son imaginaire. C’était le notre, des escaliers qui grincent, des portes closes, des grandes salles, ce froid du dernier hiver se détachant en lambeau sous les assauts d’un été flamboyant. On ouvrait les fenêtres, poussait les volets; la lumière s’installait pendant que nous retirions les draps recouvrant les meubles. Combien de fois l’avons nous fait ? Les années passant les salles sont devenues moins grandes, les escaliers moins hauts mais la magie opérait toujours. Jusqu’à ce jour où nous avons fermé sa porte définitivement. Sur l’instant, on ne nous a rien dit. On a pas eu à lui dire au revoir car nous pensions revenir comme de coutume. Sauf, que plus loin sur la route du retour au détour d’un virage, dans ce lieu où il y avait une maison rouge, du sang de l’abandon, nous avons appris qu’il serait vendu. Le château allait nous quitter. Nous vivons encore, aujourd’hui, avec cette cicatrice béante, plus profonde que tous ces autres étés passés à traîner sans but, plus douloureuse que ces souvenirs d’une époque révolue, nous pensons toujours à lui. Qu’est-il devenu ? Il est toujours vivant dans notre mémoire. C’est pourquoi, j’ai renié ma promesse et suis venu le voir. Ses portes, ses fenêtres sont closes, comme si personne le les avait ouvertes depuis notre départ. La rouille s’est installée sur la grande grille d’entrée. Des herbes folles poussent dans la cour devant les garages aux portes de bois sculptées. Il attend désœuvré. Je me suis approché. J’aurais voulu pousser la grille, ouvrir la porte, sauter sur les premières marches de l’escalier qui grince, monter comme un fou dans les étages, ouvrir les fenêtres, faire comme avant. J’étais en mesure de le réveiller. A cet instant, j’ai pris conscience que je n’en ai plus la clé, le précipitant pour toujours dans le cimetière de ma mémoire.

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As-tu vraiment existé ?

Publié le 12 Juil 2012 | Aucun commentaire

Je me souviens de ce château où nous allions nous promener. Nous marchions le long des douves regardant l’eau refléter les hauts murs, les rares fenêtres blanches. Parfois, quelques canards passaient, un couple de cygnes les accompagnant. Nous les regardions avancer de leurs pattes palmées laissant derrière eux les vagues de leur promenade. Tu aimais ces moments particuliers où des petits les suivaient naïvement. C’était le printemps, les beaux jours. Peut-être pensais-tu qu’un jour nous viendrions, dans les allées de ce château, des enfants jouant derrière nous ? Je ne le sais pas. L’idée m’a souvent effleuré.Tu étais si secrète. Je me suis caché derrière tes silences. C’était ma façon de t’accompagner. Nous sommes venus, des années durant, sans prendre conscience que nos promenades n’avaient pas de but. Ce vide portait la valeur d’un refuge jusqu’à ce jour où je ne t’ai plus vue. Il pleuvait. J’ai pris du retard sur la route, un ralentissement, des conducteurs hésitants, je suis arrivé cinq minutes plus tard que de coutume. Tu n’étais pas là sous le porche de l’entrée. La pluie n’avait pas pu t’arrêter. Combien de fois avions nous affronté le vent, les averses, les tempêtes ? En venant, j’avais le pressentiment de ton absence. C’est facile de le dire maintenant. Le porche vide, ta frêle silhouette qui n’est pas posée devant la haie de lauriers, ces signes ne m’ont pas trompé. Je ne connais pas ton adresse. Où te chercher, où te trouver ? Le voudrais-tu tout simplement ? Il ne me reste que cette question es-tu partie lassée de m’attendre ou as-tu refusé de venir ? Je n’ai pas envie de connaître ta réponse. Pour savoir que nous n’avions aucun avenir ensemble. Je l’ai toujours su. Depuis, je fais le tour du château, seul. Les canards, les cygnes ont vieilli, leurs enfants ont pris la relève animant les douves du château. Je marche sans but les regardant avancer sur l’eau. Je pense souvent à toi le fantôme de mes promenades. As-tu vraiment existé ?

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Tu détestes mon pessimisme

Publié le 9 Juil 2012 | Aucun commentaire

Je t’ai accompagnée au pied du glacier en ce lieu magique où de l’autre côté du mur blanc le soleil ne se couche jamais. Il ne fait pas froid. Il n’y fait jamais froid. Le soleil flotte au-dessus de la barrière blanche fixement accroché entre les montagnes. Il en a toujours été ainsi. Son éclat est vif, sans être aveuglant. Tendre les mains, chercher à l’attirer à soi, l’envie est si tentante. Tu me racontes l’histoire de ces hommes qui ont voulu aller voir de l’autre côté le soleil et ce monde qu’il illumine. On a tenté de les en dissuader. Mais, ils étaient si obstinés. Partis, ils ne sont jamais revenus. Pour se consoler, certains pensent qu’ils ont trouvé un pays merveilleux où la chaleur, la douceur s’unissent leur offrant le bonheur. Je veux bien le croire mais est-ce raisonnable ? Cela nous conduira à vouloir escalader le glacier, se jouer de ses crevasses. Es-tu prête pour ce voyage sans retour ? Tu m’as dit que là-haut entre les montagnes sommeillent des monstres, des démons, gardiens de ce territoire merveilleux. Sommes-nous prêts à les défier ? J’en doute. Tu aimes ce qui brille. Moi pas. Pour m’éviter une cruelle désillusion, je préfère croire que de l’autre côté du glacier le soleil est brûlant, que ses rayons ne sont que souffrances. Tu vas détester mon pessimisme, je le sais. Tu réagis toujours ainsi. Mais nous sommes encore en vie…

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J’ai failli te perdre…

Publié le 5 Juil 2012 | Aucun commentaire

Le matin, en me levant, je sais que tu seras là. Le soir, tu m’accompagneras au moment de me coucher. C’est simple, régulier, routinier. Tu aimes les habitudes. Elles sont dans ta nature. Les habitudes te sécurisent. Tu te sens protégée. Je l’ai accepté car tu ne pourras jamais changer ce qui est inscrit en toi. Je t’aime pour cela et pour tant d’autres choses. Je hais les habitudes, la routine mais tu en as besoin pour te sentir bien. C’est ta nature. Je l’accepte car je t’aime. Je n’arrête pas d’utiliser ce verbe. Je le conjugue à tous les temps. Je le conjugue à ce temps si imparfait de cette routine qui lui enlève sa vraie nature. D’ailleurs, je ne sais plus vraiment ce que c’est que de t’aimer. Le matin, tu es là. Le soir tout autant. Mon amour est rongé par l’habitude. Cette répétition lancinante n’est qu’un appel vers ce vide où je m’étale avec trop d’aisance. Je l’ai compris, hier, lorsque tu as glissé, que tu t’es cognée. Tu as titubé. Tu as failli tomber. J’ai ressenti ta douleur, le danger qui venait de te menacer. J’ai eu peur de cette peur affreuse, violente qui a produit une faille en moi. Il y avait au fond le vide de te perdre. J’ai mesuré ce que tu représentes pour moi, ce qui donne un sens à notre vie de chaque jour. Le bonheur de voir l’éclat de tes yeux, leur façon si vive de me regarder. J’avais oublié que je pouvais te perdre, que nous pouvions nous perdre.Ta chute a brisé en moi le mot aimer et ses pollutions routinières de chaque jour . Je l’ai remplacé par cette crainte que nous pourrions nous perdre à jamais. Elle est plus vive, plus forte que ce verbe aimer que je hais, que je déteste, si facile à utiliser, incapable de définir ce que j’ai ressenti lorsque j’ai failli te perdre.

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