Un amour fort et envoutant

Je rêve d’un amour fort et envoutant. Me portant aux sources de l’enivrement. Dans une douce torpeur chloroformant. Mes doutes et mes atermoiements. Voguant sur la paresse de l’abandon. Le radeau de notre union. Libre de toutes concessions. Nous conduira jusqu’aux tréfonds. De ce rêve merveilleux. Dessinant sur la toile des cieux. L’or étincelant de nos yeux. Brillant d’un amour fou et fabuleux. Allongés sur le sol de l’éternité. Nous apprendrons à nous aimer. Dans la sagesse de ne pas nous détester. Portés par nos baisers et nos projets. Mais le rêve de cet amour fort et envoutant. Né dans la dérive de mon esprit ajoutant. La crainte d’un corps souffrant. De l’impossible existence de ce firmament. Nourrit l’insoutenable errance d’un autre artificiel. Étreint dans un monde parallèle. Sans terre, ni tombe, ni ciel. Où seuls les mots ont la douceur du vol d’une hirondelle.
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Dans le jardin du mal

Dans l’ombre fortuite d’une lune étourdie. Cachant des rêves inassouvis. Le jardin du mal s’est enorgueillit. De la naissance d’une rose aux pétales interdits. Colorés du reflet éclatant d’un vice innocent. Vierge d’épines et de dents. Offrant le visage attirant d’un caractère odorant. Dans l’ombre étourdie d’une lune. S’égarant sur des chemins de mauvaises fortunes. Le jardin du mal a ouvert ses grilles aux pas d’âmes errantes. Écrasées sous le poids de charges harassantes. Traînant le fardeau d’une culpabilité étouffant leur vaine vanité. Dans l’ombre affadie d’une lune. Maquillée d’un teint laiteux. Posant sur la terre son regard malheureux. Le jardin du mal a enfanté ses secrets. Dans la naissance d’une rose aux pétales interdits. Noirs comme l’ébène baignant dans le mensonge poli. D’être belle pour mieux cacher ses racines infidèles. Faîtes pour trahir. Puis mourir. Faîtes pour souffrir. Puis faillir. Dans l’ombre ternie d’une lune pale s’étend sur le jardin du mal. Le corps pesant d’une nuit sans lendemain. Dansant une valse ultime en compagnie du fantôme du matin. Tourbillonnant l’un et l’autre dans une ivresse fatale. A l’alcool animal. Aux lèvres recouvertes de sang. Squelette égaré dans les allées du jardin du mal. Ployant sous le poids improbable des ans. Dans l’ombre oubliée d’une lune sans fin. Personne ne se souvient. Qu’un jour à jamais le soleil s’est éteint. Posant son oubli éternel sur le ciel et le monde. Prisonnier d’un jardin où le mal se répand d’une odeur nauséabonde.
Lire la suiteNos dernières heures

Dans l’exagération d’une extrême lenteur. Est née sur ton visage l’expression de la peur. Habillée du cri de l’effroi qui des entrailles montent jusqu’à moi. Visage aux traits contractés s’étalant étirés sur la croix. Les stigmates d’une lancinante douleur à travers toi. Spectateur de l’ombre éteignant notre assurance emprisonnée dans les limbes de l’impuissance. Portée par la mélodie affligée d’un piano endeuillé. Écoulant sur le blanc et le noir les sanglots de mes pleurs. Posant dans l’exagération d’une extrême lenteur. Sur ton visage le fer de la peur. Je te vois. T’éloigner de moi. Sans que tu ne bouges. Sans que je ne bouge. Séparés par cette intolérable cassure du temps. Morcelant la vérité de l’instant. Du mensonge de l’oubli. Paralysant nos souvenirs endormis. Bercés des notes insolentes d’un piano de l’automne. Se posant sur ce sol infertile où raisonnent mes pas. Je reste là. Capturé par l’exagération d’une extrême lenteur. Que je ne peux retenir. Au delà de ma douleur. Habité de ce doux rêve d’un jour revenir. Plus loin que se souvienne l’oubli. Proche de ton visage aux traits épanouis. Goûtant le miel d’une passion éternelle. Mais, je me mens évitant que le deuil m’ensorcelle. Cherchant dans l’exagération d’une extrême lenteur. La douceur de ta chaleur me laissant le chagrin de ton odeur. Tenant, dans la photo jaunie de nos vies, le récit de nos souvenirs évanouis. Hantés par ce cri venu du fond de la nuit. Légué dans l’exagération d’une extrême lenteur. Ce jour où la langueur du piano maudit a égrené nos dernières heures.
Lire la suiteL’imperceptible émiettement du temps

L’imperceptible émiettement du temps. Frappe la loyauté de nos sentiments. Du doute lancinant. D’un vent froid et brûlant. S’échappant du pôle obscur et troublant. De la glace fissurée de notre abattement. L’imperceptible émiettement du temps. Fragilise le souffle de nos serments. Violents et ardents. Jetés trop précipitamment. Dans le feu dévorant. Du brasier de nos effusions s’éteignant. L’imperceptible émiettement du temps. Vagabonde entre les pulsations de faibles battements. D’un cœur atrophié s’essoufflant. Au rythme de pas trépidants. D’une vie à croire au firmament. D’un ciel scintillant. L’imperceptible émiettement du temps. Par des chemins escarpés s’enfuyant. A volé le miel et le sel de nos hurlements. Les élimant. Dans l’usure du frottement permanent. De silex aux caractères s’enflammant. L’imperceptible émiettement du temps. Transperce l’avenir vacillant. De notre ciel s’abandonnant. Aux terres sombres et gelées se refroidissant. Sous le poids de nuages écrasants. Portant le rictus de notre amour mourant. L’imperceptible émiettement du temps. Habité de crocs mordants. A labouré notre présent. Faisant couler le regret larmoyant. D’un passé flamboyant. Enterré sous la croix de nos tourments. L’imperceptible émiettement du temps. Est entré dans nos vies en courant. Avec l’élan de la routine s’installant. Endormant nos sens les tuant. D’un acier brillant et coupant. Le sang s’écoulant. Emportant l’imperceptible émiettement du temps. Venu frapper la loyauté de nos sentiments. Du doute lancinant. D’un vent froid et brûlant. S’échappant du pôle obscur et troublant. De la glace fissurée de notre écartèlement.
Lire la suiteDans la chapelle de nos oublis

Il y a ce voile un peu flou. Qui obscurcit la mémoire. Ce petit rien qui agrandit la distance entre nous. Dessinant le lent mouvement. Du va et du vient. Entre le matin et le soir. Il y a ce voile de ne plus savoir. Sans pouvoir se dire qu’il est trop tard. Sans parvenir à croire qu’il reste encore de l’espoir. Il y a ce voile que l’on ne peut ignorer. Afin de faire semblant. Masquant le temps dépassé. Imperceptiblement dans le sablier s’égrenant. Filtrant les couleurs de notre passion. Tombée à genoux devant la croix du renoncement, de l’abdication. Il y a ce voile que l’on a tissé. Par abandon ou par volonté. Histoire de s’enfuir derrière la facilité de ce que l’on a voulu ignorer. Il y a ce voile que l’on a laissé se tendre. Pour éviter de se fendre. Derrière des mots d’explications, des visages maquillés pour tromper. Blancs comme la fausse virginité. De nos paroles éculées. Polluées de phrases vides de sens. Ayant perdues l’âme de leur essence. Il y a ce voile qui protège nos yeux embués. De ne pas avoir le courage de les montrer. Pour tout recommencer. Il y ce voile qu’il n’est pas interdit de déchirer. Quitte à nous retrouver. Abandonnés dans la chapelle de nos oublis. Voile que tu pourrais porter comme mariée. Moi, marchant à tes côtés.
Lire la suiteTa zone d’ombre

En toi, endormie, se lovant cachée. Dans les méandres de tes années passées à l’esquiver. Tapie dans cette zone profonde. Où parfois tu sombres. A l’abri de ta conscience. Coupant ta vie en deux pour celle qui balance. Entre le blanc et le noir. Se nourrissant tard le soir. Des miettes de joie que ton chagrin a fabriquées. Oubliant le bonheur pour le malheur. De perdre ses repères. Pour ce goût sucré amer. Qui donne au squelette de ta pensée. Des bras, des jambes endiablant cette part d’ombre. Toujours aux aguets. Qui t’habite, posant sur ton visage figé. Le regard verglacé de ta perversité. Je crains de la rencontrer. L’ayant croisée. Au détour d’un jour mauvais. Où tu sombrais. Sans te rendre compte que tu prenais le chemin de tes catacombes. Dernière porte avant la tombe. Cercueil ouvert lâchant l’air fétide de cette zone d’ombre. Polluant ton cœur vêtu aux couleurs de ta rancœur. Contre tous et le monde. Au delà de tes peurs. Cherchant à maquiller ta méchanceté sous des formes rondes. Chloroformant ta fragilité. Pour mieux tromper, flouer, usurper une identité. D’un être habillé de faiblesse. Se perdant dans le labyrinthe de ses contradictions. Qui peu à peu s’affaissent. Sous le poids cruel. De l’inaction. Part active de cette zone d’ombre qui lui devient naturelle. Lâchée en liberté pour semer le mauvais. Qui en moi ouvre les ailes. De ces démons qui sommeillent. Que je croyais maîtrisés. Mais que tu ensorcelles. En tirant la ficelle. De la grille fermant leur prison. Je tremble à l’idée de leur libération.
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