Dans ta maison

Errer dans une maison qui n’est pas inconnue. Sous les regards du chien et du chat surveillant tout en retenue. Mon impromptue venue. Toucher les meubles en les écoutant frissonner d’être là par hasard. Placés au milieu d’un immense bazar. Qui frappe ta mémoire. Décor où tu a cloué le miroir. De ces choses qui peuvent t’émouvoir. Traîner les pieds sur le parquet. Sans faire de bruit, juste porté par le silence de glisser sans laisser de traces. Passage fugace. Marchant sur les pas de milliers de joies et de tragédies. En sachant que pour pardon elles ont eu l’oubli. De ne plus sentir le souffre de corps qui souffrent. Dors l’absence apportant le calme d’un matin. Sur le reflet d’une vitre embuée par les souffles du chat et du chien. Prudents gardiens. D’une maison endormie. Où je t’aurais vue assoupie. Plus haut à l’étage ignorante de mon passage. Alanguie dans le pelage. De milliers d’animaux veillant sur tes mirages. Mors l’ombre d’un soleil sur le cimetière d’une nuit sans lune. Noyant tes cauchemars dans les eaux claires d’une lagune. Brillent les vagues d’une marée montante peignant son écume. Sur les lattes d’un sol d’où s’échappent les ombres. De ta nuit frappées par les coups sombres. D’horloges désynchronisées émiettant le temps. En morceaux volés aux yeux carnassiers. Du chat et du chien. Envahissantes statues. Ayant oublié mon impromptue venue.
Lire la suiteEnvole-toi

Au fond des bois, ou peut-être ailleurs, il était une fois. Une porte ouverte sur l’inconnu de tes rêves. Entre, écouter battre le vent sur la grève. Les arbres se balançant sous le souffle de tes songes. Dorment les vagues apaisées de tes mensonges. Vaque sur le sable humide, les pieds nus. Les cheveux emmêlés jusqu’aux nœuds de ta mue. Les yeux embués de s’être retrouvée. A ne rien attendre. Si ce n’est le vent doucement apaisant. D’un songe reposant. Abandonne tes diables du matin. Harcelant ton quotidien. Le visage déformé par le sourire de trop savoir mentir. Masquant habilement ton envie de fuir, de trahir. L’image lisse de ta vie maquillée d’ennui. Plus loin que dorme le sommeil de tes songes. Se réveillent les passions que ta vie assèche comme une éponge. D’avoir trop servi à effacer les larmes de tes drames. Trouve dans l’inconnu de tes rêves la source de te surprendre. Il n’y a que l’attention à tendre. Pour aller, jusqu’au bout du silence, prendre. Le mouvement s’amplifiant du carillon de ta renaissance. Dansant sur les accords des noirs et des blanches d’une partition. Heurte le ciel, cogne la terre, se répète sur la toile de tes passion. L’empreinte de tes mots. Dans le lent mouvement de ton renouveau. Marche les pieds nus au bord de l’eau. Dessinant la trace éphémère. De tes pas effacés par la mer. Au fond des bois, ou peut-être ailleurs, il était une fois. Une porte ouverte sur l’inconnu de tes rêves. Qu’il te suffira de pousser lorsque tu signeras la trêve. Avec ces liens que tu as fabriqués pour mieux t’entraver. Trouvant dans l’artificiel le poison de ton ciel. Où ne brillent plus d’étoiles. Sauf la nuit quand les songes tissent le voile. Éclairant les lumières de cette porte ouverte sur l’inconnu de tes rêves. Entre, écouter battre le vent sur la grève. Pour toujours, pour une fois. Envole-toi.
Lire la suiteAu bout de la nuit

Les larmes pesantes de l’ennui coulent sur la monotonie de nos vies faîte de gestes lents et appris. Le long d’années et de jours sans nuits. Juste éclairés par la lancinante agonie de nos yeux ouverts à attendre. La fin de l’opéra maudit qu’il ne fallait pas entendre. Celui de notre amour né pour ne pas vivre. Juste enfanté de quelques heures à tendre vers l’excellence. Que l’on a gouté comme un été sans hiver et sans givre. Il y a si longtemps que je ne t’en ferai pas l’offense. D’y revenir, de tordre le passé pour rebondir. Vers notre cruel avenir. Égrainé par une cantatrice seule face à nous dans l’opéra abandonné. Où nous nous étions réfugiés un jour de pluie. Croyant y trouver l’abri. N’y rencontrant que l’enfer du tonnerre et des éclairs. Porté par un orchestre invisible aux tambours martelant. Une fin du monde que l’on pressent. Au-dessus vole, porté par le vent, une voix. Douce, celle d’un ange, fragile comme toi. Qui a eu le tort de s’attacher à moi. Que je n’ai pu détacher de moi. Assis l’un à côté de l’autre, nous écoutons l’opéra maudit de nos vies. Défiler à l’envie. Dans la répétition lancinante de ce mal que je t’impose pour tenter de fuir. Sans y parvenir. Inexorablement quelque chose me retient à toi. Je ne sais quoi ? Tout simplement que, je ne peux vivre sans toi. Je ne peux me l’avouer. Tu le sais. Tu attends que passe le temps. Nous avons tout le temps. Tout s’est arrêté dans l’air pesant de nos gestes lents. Quand nous étions des mourants. Le souffle court de nos vies s’amenuisant. Nous avons accepté de rester là en écoutant. L’opéra maudit qui nous a réunis. Qui jamais ne s’arrêtera. Je ne le veux. Tu ne le veux. Vont ainsi nos vies. A qui reste le temps. Vacille sous le vent la flamme de nos bougies. Hantent les notes sombres de l’opéra maudit. Que nous sommes les seuls à écouter. Tombent les larmes volées à l’ennui coulant sur la monotonie de nos vies faîte de gestes lents et appris. Le long d’années et de jours sans nuits. Juste éclairés par la lancinante agonie de nos yeux ouverts à attendre. Que s’abatte un vent nous emportant. Sur les ailes d’un ange chantant. Loin du tonnerre et des éclairs de l’opéra maudit. Copiant les couleurs de mon enfer. Là, où depuis des années, je me terre.
Lire la suiteLes râles de ton évanouissement

Plus loin qu’aillent les chemins de travers. Dans un pays où meurent l’été et l’hiver. S’écrivent sur les pages du temps, les râles de ton évanouissement. Brefs instants volés à ton cœur chancelant. Respirant un air raréfié d’une tombe, prisonnier d’un corps sec et presque mort. Laisse ton âme amère errer parmi les limbes de cet enfer. Dans le dédale de tes souvenirs embaumés. Guide une plume ivre sur les pages vierges du livre. Testament qui laissera de toi. Ce que fut la vie d’un roi dictant le droit, imprimant la loi. Derrière une tour, à l’écart des nuits et des jours. Trouvant dans ses peurs, les raisons de sa terreur. Allant jusqu’au supplice d’un peuple poussé au sacrifice. Marqué du fer d’un caractère autoritaire. Reste une statue, symbole de ce que fut un tyran triste et nu. Sans femme, ni enfant, à l’amour inconnu. Hurlant sa détresse, étendant sa tristesse. D’un cœur froid et dur. Sur un ciel noir et sans espoir. S’étend dans la tombe et sur ses murs. Les ombres suintantes de ce passé qui te hante. Incapable de modifier l’histoire assourdissante. De tes erreurs que tu ne peux effacer. De tes ongles usés de s’élimer sur le bois d’un cercueil lacéré. Pleure sur les pages de ta vie l’encre alourdie. Du plomb de tes fantômes venus jusqu’à toi pour t’imposer l’oubli. Plus loin qu’aillent les chemins de travers. Dans un pays où meurent l’été et l’hiver. S’écrivent sur les pages du temps, les râles de ton évanouissement.
Lire la suiteLes amants maudits

Sur le mur de notre rédemption fanent les roses de l’oubli. Tout juste assoupi. D’une morne torpeur qui n’a pas endormi. La terreur de nos erreurs. Fantômes plus proches du mal que du bien. Errant sur la lande habillés des oripeaux de nos laideurs. Virevoltant dans la danse sombre du malin. A qui nous avons si souvent tenus la main. Par force, par bravade, par haine, sans possibilité de reculades. Laissant derrière nous, le feu et le sang comme unique testament. Nous sommes ces amants maudits. Jouant de la peur. Sur le piano de nos fureurs. Suivant la partition de la vie et de la mort. Avec la baguette du maître jetant un sort. A ceux qui pensent nous mentir avant de mourir. Pouvoir divin. Qui nous a conduit vers ce monde lointain. Où nous nous sommes perdus. Certains. D’être supérieurs à toutes formes de vérité. Nus. Faisant de la confusion de nos sens le bois de notre bucher. Nous nous sommes enterrés. Dans l’ivresse de fuir. Quitte à périr. Nous le savions. Évitant de nous regarder retenant nos sensations.En conservant précieusement cette dernière goutte de passion. Pour la verser à l’ultime moment. Où rattrapés par le temps. Cloués par le jugement sanctionnant nos errements. Fabriquant le supplice habillant notre dernier artifice. Fusionnant nos regards avant de tressaillir. Nous nous sommes abrités derrière les pierres de nos souvenirs. Refusant de mourir. Laissant à nos corps le droit de lâcher un dernier soupir. Pour encore une fois mentir. A ceux qui jouissaient de nous flétrir. Libres maintenant nous pouvons courir. Sur la lande et la tourbe. De nos rires fourbes. Errant entre le jour et la nuit. Amants maudits. Qui n’auront ni tombe, ni abri. Dont le souvenir habite les cauchemars empêchant de dormir. Dansant sous l’orage et la pluie. Avec une rage animale. Notre sarabande infernale. Au cœur des éclairs. Avec ce mystère. De notre tendre passion. L’un pour l’autre sur le mur de notre rédemption fanent les roses de l’oubli. Tout juste assoupi. D’une morne torpeur qui n’a pas endormi. La terreur de nos erreurs.
Lire la suiteComment te dire ?

Comment te dire ? Te retenir ? Sans te faire vomir, ni pâlir. Je ne suis pas celui que tu croyais. Dessinateur du jour, de la nuit, des temps mauvais. C’est ainsi que tu me voyais. Je ne t’avais pas tout dit. Par caprice, par coquetterie ? Je ne le sais ? J’ai un jardin secret. Où je peins le bien et le mal. Dans un trouble fatal. Qui m’assaille. Je ne peux m’en défaire. Où que j’aille. C’est ainsi. Devant la toile d’un champ de brume. Je me suis assis. Pour dessiner du pinceau de mauvaise fortune. Une ville, ses allées, ses promenades, ses urnes. Là où brûlent les serments des amants. Sous les toits, je me suis glissé en rampant. Tapis dans le noir. Tuant l’espoir. Badigeonnant les murs de la pestilence de mes offenses. Nées de la déliquescence de mes silences. T’en parler t’aurait amenée à me quitter. Tu préférais mes sourires habités. De ce regard brûlant qui te réchauffait. Je te mentais. Par jeu, par lassitude, moi le mauvais. Je l’ai toujours été. Soufflant la tempête sur la ville que je venais de créer. Je n’avais plus envie de jouer. Plus rien ne m’amusait. En moi, tu es entrée. Je ne l’ai pas vu arriver. Dessinant sur les toits de la ville des cœurs brisés. Du venin de mes flèches acérées. Trempées dans le sang de mon corps bafoué. De t’avoir malmenée. En te mentant sur l’unique vérité à t’avouer. Que je t’aimais. Mais, il aurait fallu tout te livrer. Mon être, mes raisons, ma déraison, la nature de mon errance. Il aurait fallu y ajouter la repentance. De m’être longtemps caché. Derrière ce sourire maquillé. Trop d’efforts à fournir. A commencer par ne plus te mentir.Comment te dire ? Te retenir ? Sans te faire vomir, ni pâlir. Je ne suis pas celui que tu croyais. T’imaginer défaillir ou même mourir, je ne le pouvais. Sur le tableau où je t’avais promenée, je t’ai effacée. Petite silhouette abandonnée. Je t’ai recouverte de blanc. D’une couche épaisse pour que tu ne puisses te libérer. Lentement. Je t’ai emprisonnée. Sans hésiter, sans pleurer, sans crier. Seul moyen de ne pas te faire souffrir. J’ai cru pouvoir t’oublier d’un soupir. Maintenant, je suffoque, je n’arrive pas à partir. Envouté par la toile blanche. Devant laquelle je m’épanche. J’ai creusé dans les couleurs en quête de toi. Brisant mon unique loi. De ne jamais regarder derrière moi. Je n’ai pu te retrouver. Maintenant, j’ai mal, d’une douleur infernale. Qui fait ressortir en moi l’animal. Dont la morsure me sera fatale. Il avance dévorant par rancœur les larmes de mon bonheur. Celles qui me restaient de toi. Mais, je n’ai plus peur. Comment te dire ? Te retenir ? Sans te faire vomir, ni pâlir. Je suis devenu celui que tu croyais.
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