La lumière sombre et pure

Il y a ce temps obscur. Ses nuages tristes et pluvieux. La lumière sombre et pure. De reflets noirs et langoureux. La sensation d’un mur. Où sont taguées nos vérités. Moribondes et entrelacées. Je n’ose les affronter. Par peur, par pitié. Je tremble et j’expire. Le venin de l’inimitié. Concubine de cette fatalité. En ligne de mire. De nos êtres séparés. Baignant dans l’endurance de notre dépendance. Je ne pouvais pas l’imaginer. Je dois maintenant te l’avouer. En quête de traces ou de signes. Symbolisme aggravé de mon addiction. Au sang noir de cette vigne. Vin de toutes mes passions. Posé sur nos lèvres. Sans se voir ni se toucher. Je goutte le nectar dans la fièvre. De ton apparition là ou ailleurs. Je prononce le mot magique. De t’espérer dans le bonheur. D’une ivresse et de ses vertiges. En l’absence de panique. Tanguant au bord du vide. Je crois en nous en nos vestiges. Notre avenir n’est pas putride. Il est juste morcelé et éparpillé. En rejet du mot de consumé. Pour conjurer le sort de ta mort. A jamais plus forts dans des châteaux imaginaires. Nos existences ondulent entre les sentences de l’infini. Êtres immatériels et partenaires. Je dessine ton nom sur les nuages. Tu m’as fait croire aux mirages. Me rendant la vie. Alors que je la croyais enfuie.
Lire la suiteNotre destin

Je n’ai pas les mots pour le dire. Juste la sensation du temps qui s’étire. En larmes de miel tombant du ciel. En force sur l’écorce. Des arbres de la forêt que tu as plantée. Pour te protéger et t’effacer. Je me perds dans le dédale de ses sentiers. Je crie, je t’appelle. Le vide, le néant à enfanter, le silence assourdissant. D’une douleur envahissante et éternelle. Dans les cimetières je cherche ta tombe. Je trouve sous le lierre le nom d’autres gens. Gravés dans la pierre parmi des cœurs et des colombes. Qui n’étendent plus leurs ailes. J’espère qu’elles t’ont rejointe au ciel. Un vœu, un espoir qui m’accompagnent. Pour endormir ma culpabilité. Ce spectre en guise de compagne. Sans foi, ni loi. Toujours là à me torturer. En vagabond de mon abandon. Je te fais cette confession. Car tu peux m’accorder le pardon. Voudras-tu m’entendre ? Librement sans concession. J’en doute et le redoute. Ma douleur à fendre. Mes certitudes. Trouvant dans les funérailles. De mes champs de bataille. Le squelette des mes platitudes. Tu es la sœur de mes peurs. En qui j’ai déversé toutes mes rancœurs. Je l’avoue de t’avoir aimée comme un fou. Ne prenant et ne pensant qu’à moi. Tu en avais fait cette loi. Je le croyais dans l’inhumation de mes passions. Nos déraisons, nos folies, nos frustrations ont forgé notre destin. Avec sur ses lèvres le venin. D’un dernier baiser assassin.
Lire la suiteLes grilles en fer forgé

Dans ses yeux cette loi. Une exigence. Son regard au fond de moi. Une dépendance. Qui ne me quitte pas. Ses yeux, son absolu. Sombre et têtu. Elle ne me croit pas. Que lui dire ? Sourire et fuir. Pleurer et l’apitoyer. Encore une fois. S’échapper d’une pirouette. La nuit parmi les chouettes. Au fond des bois. Sans qu’elle ne me voit. Encombré de la culpabilité. Cet être empoisonné. Que son regard m’a imposé. Elle assise au bord du lit. Magistrale, théâtrale. Pausant alanguie. Je l’ai maudite. Elle m’a conquis. Dans la soumission de ma dépendance. Venimeuse et qui cohabite. Avec l’emprise de son regard. Libre et sans fard. Sur le masque de ma mémoire. Un instant d’espoir. Volé au temps. Au goût frelaté et envoutant. Du miel des années passées. Sur mes doigts dégoulinant. Je le vois s’égoutter. Je pense à elle. Image évaporée. D’un battement d’ailes. Dont j’aime à me rappeler. Son regard au fond de moi. Le son de sa voix. Frêle et fragile. Sirène pleurant sa peine. Ses larmes de crocodiles. Encore une fois. Je suis son jouet, son pantin. A jamais et sans fin. Je suis le clown triste et pathétique. Nostalgique et romantique. Qu’elle a épinglé et mutilé. Son regard au fond de moi. Qui grandit et croit. Libre et à moi. J’ai enfin accepté cette vérité. Derrière les grilles en fer forgé. Où elle m’a emprisonné.
Lire la suiteUn vide amer

Je ressens le vide amer. D’une insolence, de ses mystères. Le corps décharné d’une idée. Ses fleurs sèches et fanées. Ce silence que je ne peux exorciser. La violence du fer. Battant le vent et la terre. Cherchant à ferrailler. Avec les fantômes du passé. Je crois à la douleur sincère. D’une vérité une et entière. Je t’ai oubliée me laissant emporter. Par le poison de la facilité. Bercé par les jours et les années. Croyant être de pierre. Faisant le brave et le fier. En pensant avoir trouvé. Le moyen de t’échapper. Je l’imaginais, le voulais. Vainqueur d’une autre guerre. Dans cette peine qui m’enserre. Incapable de bouger et de remuer. Je suis là figé. Devant le mur de ton cimetière. Avec cette sensation qui m’atterre. Je ne peux rien n’y changer. Plié à jamais sous l’infirmité. Du poids de mes regrets.
Lire la suiteAinsi soit-il et si ?

La pantomime hallucinogène de ton cœur blessé. Dessine mes failles sur une partition aux notes glacées. Sans main pour les jouer. Sans rien pour me charmer. Tu me dis reviens, je te hais. Voyage sans retour. Je crie au secours. Alors que tes mots blêmes portent le blasphème. Capiteux d’un vin frelaté. S’endorment notre vie, notre agonie. Je m’assoupis, je m’évanouis. Dans le silence d’une nuit. Fantôme aux ailes sidérales. Je m’envole, tu restes au sol. Traquant comme un animal. Les traces de mon crime. Toi en bas; moi sur les cimes. Naufragé au cœur de notre tempête. Je te hais et tu t’entêtes. Sans logique comme une bête. Assoiffée de sang. Aigrie et sans répit. Toujours, tout le temps. Je te regarde, je te méprise. Âme sombre et grise. Tes cryptes sont le cercueil. D’une vie, de regrets, d’écueils. Tes soirs, sont tes jours. Dans le noir et pour toujours. Ainsi soit-il et si ? Tu pouvais écouter. Le vent murmurer. Les abeilles butiner. Tes larmes viendraient laver. L’impression surannée. D’un enfer chaque matin répété. Nos vertiges pourraient de nouveau fusionner. S’apprivoiser, se réconcilier, s’aimer. Je parle d’un monde inespéré. Où le rien serait notre quotidien. L’inutile porterait l’ADN de nos particules. Dans la synchronisation de nos ventricules. Je le sais, je suis ridicule. Avec ma gueule à faire gerber. La procession de tes regrets. Devenus des mutants. Je veux ronger notre temps. Sortir de cet enfermement. Où nous sommes englués. Par fatalité, les yeux fermés. Je te hais. Ce n’est pas vrai. Conquistador sans or. Sans toi, je suis mort. Tu le sais. Notre jeu à nous repousser, nous attirer. Dans la confusion de nos ombres. Il existe une once de compassion. Notre bateau ivre sombre. Je ris, tu souris. Il nous reste la folie. Pour donner un sens à nos vies. En addiction. De la pantomime hallucinogène de ton cœur blessé. Je suis cobaye de ta passion. Mes failles saignent sur ta partition aux notes glacées. Ainsi soit-il et si ?
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