Mon éternelle

Avec des larmes de temps. J’ai cru noyer notre passé. Dans un lac amer et salé. Regardant vers demain. Là-bas au fond du jardin. Ce labyrinthe abandonné. Derrière le bosquet fané. Des fleurs de l’été. Où nous allions nous égarer. Tressant des cordes de temps. Espérant un jour nous évader. Il me reste cette pensée. Ces bouts de rien. Ce fil qui me retient. Me donnant le désir de t’écrire. Pour te raconter le néant. De ton absence, ses conséquences. D’autres été son passés. Sans le moindre enchantement. Laissant le goût rance. D’être seul et amputé. Je te parle de déclin. A ma porte demain. Tu attends de moi un poème. Je te parle de blasphème. Cette douleur qui m’étreint. Recroquevillé sur moi-même. Tu me dirais de me réveiller. De me lever, de lutter. Or tu n’es pas là pour me le susurrer. Alors je rêve, je m’endors. Sous un ciel crépusculaire. Sous des étoiles sans lumière. Pendant que dansent les feu follets. De ma pensée venue te retrouver. Je t’appelle mon éternelle. Comme autrefois tout contre toi. Encore une dernière fois. Avant d’ouvrir les yeux. Sur un matin laiteux et malheureux.
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L’enfer ou le paradis

D’un pas pesant tiré par quatre chevaux. J’ai vu passer le corbillard de ma nostalgie. Avec des yeux rubis teintés d’un voile d’infini. Lentement ils progressaient traînant des sabots. Se dirigeant vers l’enfer ou le paradis. Je n’avais pas encore choisi. Dans mes larmes brillaient encore ce rêve interdit. De rejouer avec envie la comédie de ma vie. Dans le délice de ce jeu d’ombres égarées parmi ces peurs qui m’encombrent. Enterrées dans une tombe sous un éboulis. Afin qu’elles ne reviennent plus me hanter. Tout au long de ces nuits où elles réveillaient mes insomnies. Aujourd’hui, je cris, je m’enfuis porté par l’ivresse de ma nostalgie. Cet alcool frelaté du vagabond que je suis. Fait partie de ma vie, me nourrit. Colore de noir et de gris mon âme mon esprit. Il est un tout et c’est ainsi. J’ai voulu m’en séparer nier mon passé. En recherche d’une identité, je me suis égaré. J’avais oublié qui j’étais sur les rives acides de l’infini. Et, j’ai vu passer le corbillard de ma nostalgie. D’un pas pesant tiré par quatre chevaux. Un matin où il faisait beau. Fier assis sur un banc de pierre. Entre les mains le livre de mes regrets. Que je feuilletais sans m’y intéresser. Regardant le corbillard s’en aller. Sans parvenir à m’apitoyer.
Lire la suiteDans un château de misère

Dans un château de misère poussent des branches de lierre. Tissant leur fil sur des murs de poussière. Les araignées y font leurs prières. En croix pendues du bout des doigts. Elles rêvent de mouches de baisers de mort. Au-dessus de squelettes épouvantés et morcelés. Frappés par l’injustice de leur mauvais sort. Des corbeaux les regardent goguenards. Repoussant leurs larmes à plus tard. Se délectant du prochain festin. De lapereaux éventrés par des chiens. Errants en recherche de leur pitance. Voleurs qui finiront sur une potence. Tous se préparent au bal du soir. Apprêtés, ils seront habillés de noir. Danseront derrière des masques. Leurs yeux de rubis scintilleront. Des cris accompagneront leurs frasques. Les robes virevolteront, les dentelles frôleront des chandelles. Une ronde où sombrent les âmes des ombres. Portant des couleurs de catacombes cet endroit où j’erre. Ce château de misère où poussent des branches de lierre. Un lieu de vie où se fourvoie mon ennui. J’ai dessiné sur les nuages un monde imaginaire. Avec des crayons de charbon d’un dernier buché. Là où furent consumés mes rêves, mes larmes du passé. En cendres, sans pleurs, ni pitié. Demain, je ne serai plus rien. Qu’un fantôme aux espérances de môme. Un vagabond croyant pour de bon. Aux promesses d’une fée qui m’a promis d’être une déesse. Une princesse que j’ai regardée danser dans le voile des nuages. Elle a emporté mes rêves d’immortalité. L’espoir éternel auquel je croyais dont j’étais l’otage. J’enrage de m’être fait berner. Je l’aimais ce monde imaginaire. J’y menais une vie princière avec ma cavalière. Nous étions heureux et fiers dans nos attitudes singulières. Sans main, sans tête, juste évaporés. Fantômes insouciants jouant à cache-cache entre les tombes des cimetières. Maintenant, les araignées y font leurs prières. Tissent leur fil sur des murs de poussière. A côté d’un château de misère où poussent des branches de lierre.
Lire la suiteLà où pleurent les anges

La-bas dans la nuit. Là où pleurent les anges. Les yeux tournés vers l’infini. Je sombre, je m’alanguis. Dans l’ombre, je vis. Parmi le silence étrange. Du néant de ma mélancolie. Je suis aux portes d’un labyrinthe. D’où s’échappent des plaintes. Je m’avance vers lui. Sous le poids d’une torpeur. Apaisant mes peurs. Habillé de ses vapeurs. Je marche, je progresse. Habité de cette fausse promesse. Que dans l’ombre où je vis. Brillent les lueurs d’un paradis.
Lire la suiteEnfer

Une faiblesse passagère qui dure des nuits entières. Dans le désenchantement de moments permanents. Pas à pas dans le brouillard et dans le froid. Sur des chemins arides balayés par le vent. Un sentiment de peur d’être aux abois. Marchant en se courbant en piétinant. La tête basse des corbeaux qui croassent. Autour au-dessus une sensation d’être nu. La respiration saccadée l’idée d’étouffer. Le silence et l’abandon dans la mélancolie d’une romance. Lente et entêtante où je me perds amer. Dans une faiblesse passagère qui dure des nuits entières. Les yeux fermés pour croire qu’il est vrai. Ce monde recroquevillé et protégé où glisse l’onde. Sereine de vagues douces et vaines. Dans la permanence de cette récurrence. Bat la mesure des failles d’une fracture. Intemporelle où s’écoule le miel immortel. Rouge sang qui fait battre ton cœur. Sans lui à la dérive je me meurs. Dans un désert aride et austère. Une terre de misère qu’on appelle l’enfer.
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