La plage

Je t’ai regardée partir. Sans défaillir. C’est ainsi que cela devait se finir. Ton visage n’avait plus de sourires. Triste à en mourir. Le mien n’acceptait plus notre réalité, faire semblant, pour la travestir ? J’ai voulu me l’interdire. Continuer et tout pourrir ? Pire ? Trahir ? Nos mois, nos années de plaisir ? Polluer le souvenir de nos rires ? Piétiner les images de nos vies à en gémir ? Il fallait accepter, pardonner, ne pas nous punir. Sur la plage, une dernière fois, nous unir dans un sourire pour ne jamais nous haïr. Sur la plage, ton dos, ta silhouette qui s’éloignent pour tout finir. Les vagues ont effacé les traces de tes pas sans frémir. Le soleil d’hiver est monté dans le ciel pour te blanchir. Derrière ce voile, tu as disparu sans faiblir. Ensemble, nous n’avions jamais existé, notre histoire ne pouvait plus nous appartenir. Sans défaillir, je t’ai regardée partir. Dans un ultime soupir.
Lire la suiteThe door at the top of the staircase

The door at the top of the staircase was closed again. The steps moved away after the last turn from key. In the part, the night fell. Silence settled. Sometimes, under the door a bit of clearness slips by. There is nobody any more to awake. In an armchair a headstock, the gotten mixed up hair rests. There is no more child to shout or have fun. More smoke in the chimney, more meal to be consumed. On the wrists of door sleep of the spiders as if nothing had never been. A given up house, forgotten, without destiny. One day, perhaps, of the steps the stairs will go up. They will open the door, the eyes opened wide to see beyond the darkness. Will they be able to imagine our wild dances, our rested sleeps, our agitated years, our completed lives? They will take the headstock like a trophy of our old years, from will go away without regret, the step in a hurry. They will sell our released walls of a ball. It we will leave time, all these years of darkness the closed door. It is there to protect us. We do not need more to see us to love us.
Lire la suiteLa porte en haut de l’escalier

La porte en haut de l’escalier s’est refermée. Les pas se sont éloignés après le dernier tour de clé. Dans la pièce, la nuit est tombée. Le silence s’est installé. Parfois, sous la porte file un brin de clarté. Il n’y a plus personne à réveiller. Dans un fauteuil repose une poupée, les cheveux emmêlés. Il n’y a plus d’enfant pour crier ou s’amuser. Plus de fumée dans la cheminée, plus de repas à consommer. Sur les poignets de porte dorment des araignées comme si rien n’avait jamais été. Une maison abandonnée, oubliée, sans destinée. Un jour, peut-être, des pas remonteront les marches de l’escalier. Ils ouvriront la porte, les yeux écarquillés pour voir au-delà de l’obscurité. Pourront-ils imaginer nos danses endiablées, nos sommeils reposés, nos années agitées, nos vies achevées ? Ils prendront la poupée comme un trophée de nos anciennes années, s’en iront sans regret, le pas pressé. Ils vendront nos murs libérés d’un boulet. Il nous laisserons le temps, toutes ces années d’obscurité la porte fermée. Elle est là pour nous protéger. Nous n’avons plus besoin de nous voir pour nous aimer.
Lire la suiteI cannot forget you.

I came at the edge of the lake where we came to walk. The Weather is cold, the birds flew away, this night it will freeze. The sun slips behind the trees of the forest. Their shades extend on water. I like silence, the cold which arrives. You are not there to speak to me. I feel your presence, like front. As these evenings in the middle of the summer when we came to be posed at the edge of water without speaking, without us to touch. We sought this silence in which we wanted to wrap ourselves to protect us, to divide, us to like. The minutes passed, the hours fled, the night fell. But one wanted to only remain. As this evening when you are not there any more. The shades of the forest lick me the feet. I am refrigerated. I cannot from go away. There is only there that I feel your presence as in this deep past. There is only there that I can fight not to forget you. The sound of your voice is now deformed, the disturbed glare of your eyes. My memories are distorted. I need to hang up again me with our truth. I came at the edge of the lake where we came to walk. I cannot forget you.
Lire la suiteJe ne peux t’oublier

Je suis venu au bord du lac où nous allions nous promener. Il fait froid, les oiseaux se sont envolés, cette nuit il va geler. Le soleil se glisse derrière les arbres de la forêt. Leurs ombres s’étendent sur l’eau. J’aime le silence, le froid qui arrive. Tu n’es pas là pour me parler. Je sens ta présence, comme avant. Comme ces soirs au cœur de l’été où nous venions nous poser au bord de l’eau sans parler, sans nous toucher. Nous recherchions ce silence dans lequel nous voulions nous envelopper pour nous protéger, partager, nous aimer. Les minutes passaient, les heures s’enfuyaient, la nuit tombait. Mais on ne voulait que rester. Comme ce soir où tu n’es plus là. Les ombres de la forêt me lèchent les pieds. Je suis frigorifié. Je ne peux m’en aller. Il n’y a que là que je ressens ta présence comme dans ce lointain passé. Il n’y a que là que je peux lutter pour ne pas t’oublier. Le son de ta voix est maintenant déformé, l’éclat de tes yeux troublé. Mes souvenirs sont faussés. J’ai besoin de me raccrocher à notre vérité. Je suis venu au bord du lac où nous allions nous promener. Je ne peux t’oublier.
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