
Cet autrefois bredouille encore en toi
Tout juste effrayant, juste là balayant
Le présent comme un roi sans foi
Sans contrôle
Sa parole comme une parabole
Son corps avec l’unique ressort
D’être une âme qui tort
Tes errements
Ce temple de tes sentiments
Simples et vulgaires
Coupables et amers
Tu te révoltes, tu virevoltes
Simplement complice
Dans le fracas d’un ciel d’artifice
Je distingue cet autrefois encore en toi
Ses grelots plus forts que tes sanglots
Ces cris inutiles au cœur des flots
Où se forgent ton immaturité et sa croix ?
Posée là-haut sur la colline aux abîmes
Ces lieux où se noient tant de victimes
Souffrir et convaincre
Du sublime pour vaincre
Tes fantômes fantaisistes
Et leurs rîmes minimalistes
Tu ne crois que ce que tu vois
Autrefois fut cette loi
Irradiant ce précipice
Humidifiant le goût de tes délices
Sur la pierre tombale d’autrefois
Tu gravas ces lettres invisibles
Qui ont fait de toi
Un être improbable, imprévisible
Tu ne crois que ce que tu vois
Infaillible ou incorruptible
Tout simplement fragile ?
Je ne sais, sans apparaître léger
Tes vérités contre mes vérités
Je m’associe à cette loi du temps
Autrefois, ses symboles, tous si lents
S’endormant dans le ventre prospère
D’une vie simple et sans manière
Nos corps juste las à ras de terre
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Je me rappelle de ce jour étrange
Comme d’une sorte de challenge
Construit sur un reniement
Vierge de tout sentiment
Il fut vaporeux et merveilleux
Tendrement tourné
Vers d’autres cieux
Où s’en est-il allé ?
Goguenard et hagard
Triste et chaotique
Le lendemain, il était trop tard
Pour lui donner la réplique
Il en fut ainsi
Encore, j’en croque le fruit
Immaculé à la robe écarlate
Alors que dans le ciel éclate
Des lumières altières
Irradiant le lait et le fer
Jour étrange s’il en est
Glorieux et capricieux
Frétillant avant de s’effacer
Depuis, je cours après
Par un rêve sans cesse renouvelé
Qui s’habille de formes étranges
Se sculpte au travers de ce challenge
Où s’en est-il allé ?
Attendre la réponse est douter
Tâtonner dans une totale obscurité
Par nos corps noués
Nos âmes emmêlées
Il ne reste de ce jour
Qu’un souvenir pour toujours
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Objectivement, qu’attendre ?
De ce silence venu fendre
L’air du temps
Là, en suspend
Nous à le boire
Sans même savoir
Si ses larmes seront salées
Et viendront nous abreuver ?
Je regarde le ciel s’étoiler
Comme çà par ennui
Chaque soir, chaque nuit
Entre les vitres de la galerie
Qui pourfend les murs du château
Là où nous errons comme sur un radeau
Abandonné au milieu des flots
Par mélancolie, par folie
Le long de ces heures inabouties
Inavouables et insoutenables
C’est notre loi imputable
A notre statut
Fantômes vifs et nus
Les mains brûlées par le froid
L’âme emmurée d’effroi
Cette sensation, celle de notre quotidien
Nos corps évaporés jusqu’à la fin
Qui n’arrivera pas
Avec des siècles, là
Comme des jours qui se répètent
Nous laminent, nous entêtent
Tout doucement
Inexorablement
Le piège s’est refermé
Sur une porte fermée
Frémissent nos intuitions
D’un avenir sans absolution
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Comme un ultimatum, une profonde désillusion
Un testament en forme d’absolution
J’ai vu les étoiles briller et m’en suis extasié
Par complaisance pour prolonger
Cet état fécond à l’unisson
De notre paroxysme d’abandon
Si proche de ces extrémités asphyxiées
Qui nous ont si longtemps accompagnés
Et, oui maintenant, je le reconnais
Il paraît que c’est un premier pas pour pardonner
Sceptres parmi les spectres
Nous continuons à cultiver nos désillusions
Ne vivant que de ces tristes pulsations
En observant l’absence de nos reflets
Sur le verre de miroirs rouillés
Est-ce l’ultime fatalité de nos destinées ?
Je commence à l’accepter par animalité
Il y a dans cette logique une exception
Certains diraient une contradiction
Nos hésitations, nos tremblements, nos fragilités
Doivent-ils dessiner les crêtes de nos sommets ?
Spectres parmi les spectres
Tous voient en nous des erreurs
J’ajouterai de tristes leurres
Pour camoufler leurs anxiétés
Venues les submerger et les étouffer
Nous errons comme des trublions
Nous jurons, buvons, festoyons
Devant tous ces regards transis
Nourris de peurs au bord de l’asphyxie
Nous sommes les fantômes de leurs nuits
Spectres parmi les spectres
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Nos passés, nos futurs imbriqués
Dans un temps parfaitement calibré
Réalité sans haine, ni folie, juste elle est
Une routine savamment assimilée
Est-ce notre loi de l’endurer ?
Nous abîmant entre espoirs et regrets
Sur la partition d’une vie émiettée
Je danse, je chante ; mon unique vérité
Me grisant de ce vertige aux fers rouillés
Grandes furent mes illusions oubliées
Avec leurs statues devenues des ruines abandonnées
Mon temps n’est qu’un présent gourmand
Fringuant et totalement exaspérant
Sa quintessence, son obsolescence
Une essence volatile, je le pense
Qui transcende mon futur, embaume mon passé
Traçant les sillons des souvenirs par fatalité
Là où poussent les graines de nos futilités
Cette prochaine récolte féconde et avariée
Qui ne sait pas se renouveler
Simplement se répéter
Je danse, je chante, mon unique vérité
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