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gothique et romantique

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La lettre d’amour

Publié le 28 Nov 2012 | Aucun commentaire

Hier, ta lettre est arrivée. J’ai reconnu ton écriture, ses traits, fins, sa fragilité. Je ne l’attendais pas. Je ne l’attendais plus. Une enveloppe déchirée, des gestes maladroits abîmant les premières phrases; j’avais hâte de toi.  Sur le papier blanc, les ombres de tes mots griffonnés à la va-vite, les ratures, les hésitations, toutes ces phrases jetées dans un cri. J’ai ressenti tes certitudes, compris tes interrogations, aimé tes affirmations. Tu t’es dévoilée. Pas de main passée sur le visage, pas de cheveux tombant sur tes yeux pour voiler ta flamme. Il y avait tous ces mots d’amour que tu as enfin osé prononcer. Avec l’encre de ton cœur, tu les as jetés sur le papier. Comme une folle, tu t’es lancée pour devancer ces doutes qui voulaient que tu attendes encore et encore. Ils ont imposé quelques ratures pour freiner ces sentiments qui leur font si peur. Ils frappent à la porte de ta bouche, piétinent à la pointe de ta plume. Un jour prochain, tu oseras les utiliser. Face à moi, sans lettre, avec un regard, un sourire, nous embarquerons sur la rivière de notre passion.

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Gothique et romantique

Publié le 27 Nov 2012 | Aucun commentaire

Au bout du chemin, à la fin du brouillard, il y a cette vieille église. Nous la rejoindrons à la nuit tombée. Atteindre ses portes pour nous arrêter, nous reposer. Tant d’autres marcheurs l’ont fait avant nous. Sens leurs âmes qui nous accompagnent jouant à cache-cache dans la brume nous recouvrant. Les branches des arbres gouttent de pluie. Les fleurs violettes portent des rivières de diamants. Les pierres noires volcaniques luisent sur le sol herbu.  Dans la vaste étendue silencieuse, les oiseaux ne planent plus. Parfois, le son de tes pas me rappelle ta présence derrière moi. C’est le dernier lien qui me lie à toi. Nous avançons comme deux fantômes sur les monts abandonnées. Notre marche prendra fin à la porte de la vieille église, là-bas, si loin qu’elle semble inaccessible. Le silence est lourd, pesant. Perdus, nos yeux nous trahissent sans repères. Parfois, un arbre sort du brouillard. Géant aux bras tentaculaires, maigre au corps décharné, il nous regarde. Ferme les yeux, entend le chant des anges qui volent au-dessus de nous. Écoute, oui écoute. Ils s’adressent à nous. Marcher, marcher à en crever, les rejoindre, courir sur les monts, planer sur les vallées. Ne plus souffrir, s’abîmer pour rejoindre des chimères. Lâcher, s’abandonner, se coucher sur le chemin. Personne ne nous verra dans le brouillard qui nous ensevelit. Jouer avec les anges dans des courses sans fin. Il suffit de tendre la main. Oui, tu le peux. Je le veux. Mais le bruit de tes pas me revient comme un écho. Tu trébuches, chutes, je te te relève. Il faut continuer, marcher, avancer. Le chant des anges s’est évanoui. Nous sommes seuls de nouveau. Le brouillard, le froid, la solitude. Le poids du sac sur le dos. Le souffle court. Tant d’autres l’ont vécu avant nous. Penser, se donner un but pour résister, ne pas se coucher, tendre la main aux anges. Au bout du chemin, à la fin du brouillard, apparaît cette vieille église. Main dans la main, nous la rejoignons. Entrer dedans, se reposer et s’aimer à jamais sous la protection des anges.

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Le poème de tes mots

Publié le 27 Nov 2012 | Aucun commentaire

Sur le lac bleu des tes yeux, une goutte de tristesse a perlé. Tu as serré tes poings devant ta bouche pour te protéger, ne pas montrer. Ta tête s’est baissée pour te replier. Ta frange a caché ce qu’elle pouvait. Mais le lac bleu de tes yeux s’est assombri ne pouvant plus rien empêcher. Ton corps s’est contracté. La goutte de tristesse est devenue une larme de détresse. Dans l’orage de tes sentiments, tu t’es abandonnée. La larme a coulé sur ta joue, tes fossettes déprimées. Tes poings serrés ne pouvaient plus rien maîtriser. Pleurer pour exister. Pleurer pour avoir trop aimé. Dans une larme, le poème de tes mots s’est échappé.Plus de texte à écrire, personne pour l’écouter. Un avenir en lambeau, l’abandon pour destinée. La rage habite tes poings, le lac bleu est rempli de laves incandescentes, la nuit s’est levée. Une ombre recouvre ton visage défait. Tu es belle mais tu l’as oublié. Demain, plus tard, le volcan s’éteindra, sa rage étouffée. Tes yeux illuminés retrouveront leur éclat sous la frange dorée. Tes poings contractés se seront ouverts à l’inconnu dans une autre main glissée. Le crayon de papier écrira de nouveau les poèmes de tes mots sur le petit carnet. Lève toi, efface ce teint mâché. Lutte, résiste pour ne pas sombrer. Sur le lac bleu de tes yeux un vent de révolte doit souffler.

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Sur les rives glacées de ton âme

Publié le 26 Nov 2012 | Aucun commentaire

Sur les rives glacées de ton âme, je me suis égaré. Tes silences, tes absences m’y ont poussé. Sans but, errant sur la lande déserte, sans repère, je ne t’ai pas trouvée. Tu fuis ce lieu. Tu le crains. Tu as peur d’y pénétrer, de t’y égarer. Il te dépasse, t’écrase. Les démons qui se cachent en toi t’y précipitent parfois. Tu te débats, tu ne veux pas venir t’échouer sur les cailloux noirs de ta détresse. Tu as mal. Ce mal habite en toi. Il te ronge, te plonge dans ces silences sans fin qui m’ont précipité sur ces rives glacées. J’ai voulu comprendre. Il fait froid. Sans clé pour m’échapper, je hais ce jour où je t’ai rencontrée. Ton visage souriant, tes mains chaudes, tes sourires enfiévrés. Je me suis laissé capturer sans lutter. Les démons en toi savent si bien tricher. Tu as été la lente agonie de mes jours, de mes années qui peu à peu se sont consumées. Plus rien à se dire, apprendre à se haïr. Il fallait que je sois fou pour rester. Tu n’avais qu’un seul but m’entraîner sur les rives glacées de ton âme. Tu m’as donné en pâture, sans hésiter. Le seul compromis avec tes démons pour qu’ils te laissent en paix.

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Lettre d’amour

Publié le 20 Nov 2012 | Aucun commentaire

Ferme les yeux. Oui, ferme les yeux. Sens les odeurs de la forêt plongée dans le noir. Glisse-toi dans la brume qui monte, nous recouvre. Tu as froid. Blottis-toi contre moi. Tu frissonnes, tu as peur. C’est normal. Tu avances sans savoir. Tu m’as donné ta confiance. Bien plus encore. Tu t’es jetée dans le vide, sans parachute, sans penser au néant. Tu sursautes au bruit des branches qui craquent sous tes pieds. Tu t’accroches à moi. Encore plus. Tu ne poses pas de question. Tu as fermé les yeux. Tu ne veux pas savoir. Ta vie sera celle-là. Proche de moi. Moi avec toi. Dans la forêt de la vie, au milieu des grands arbres noirs. Nous avancerons sans lanterne, juste collés l’un à l’autre. Moi aussi, j’ai les yeux bandés. Je m’accroche à toi. Je ne te l’ai dit pour ne pas t’effrayer.

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