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gothique et romantique

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Une ville déserte

Publié le 29 Jan 2013 | Aucun commentaire

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Un soir. La neige sur les toits, les trottoirs. Une ville déserte. Des lumières blanches. Le silence. S’arrêter pour écouter le bruit de leurs pas. Imaginer les rues animées. Ou simplement rêver. L’absence de passants. Une ville sans habitants. Une terre de fin du monde. Sans êtres humains soudainement. Marcher dans les rues vierges de vie. Chercher sans trouver. Seul entre les murs aux lumières tristes . La neige a étouffé leurs derniers souffles. Recouverts d’un joli papier blanc. Reste dessus les traces de leurs pas. Les dernières avant ce départ pour un pays imaginaire où il n’y a ni paradis, ni enfer. Marcher dans les rues vierges de vie jusqu’au moment où les lumières s’éteindront. Regarder le jour se lever. Pour un d’après. Où le froid sera cuisant. Agressif et violent. Rentrer se réchauffer. Dans les maisons abandonnées. Aux grands escaliers grimpant vers les sommets. Où il n’y a plus de cris d’enfants. Des chambres désertes où l’on entend que le vent. Glissant sur les toits recouverts de neige s’enfuyant en hurlant. Se sentir seul. La magie du rêve morte sous le voile de ce linceul.

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Les roses

Publié le 24 Jan 2013 | Aucun commentaire

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Les cueillir. Te les offrir. Te faire plaisir. Blanches, elles pendaient au bord du chemin. J’ai pensé à toi. A ce bonheur de te les apporter. Imaginer l’éclat de ton sourire. Vivre ce bonheur partagé. Je les ai prises en main. Blanches, elles pendaient au bord du chemin. Mes doigts ont effleuré les pétales tendres. Doux comme ta joue. Soyeux comme nos jours heureux. Une abeille mangeait le sucré, volait, batifolait. Je me suis écarté. Elle s’est en allée. Je me suis rapproché. Blanches, elles pendaient au bord du chemin. Le soleil se levait sur le petit matin. La rosée sur l’herbe s’étalait. L’aube naissait. J’ai pensé à toi, à notre rendez-vous prochain. Je ne pouvais pas venir te rejoindre sans rien en main. Blanches, elles pendaient au bord du chemin. Mes doigts ont saisi une tige pour la couper. La rose a tremblé, s’est courbée avant de plier. Une douleur, le sang a coulé. Les pétales blancs se sont tachés. Rouges, ils portent maintenant la marque de mon sacrifice. Ma douleur n’est pas factice. Blanches, elles pendaient au bord du chemin. Elles sont pour toi. Je te rejoins. Imaginer l’éclat de ton sourire. Vivre ce bonheur partagé. Il n’y a rien de plus bon que de t’aimer.

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Les larmes

Publié le 23 Jan 2013 | Aucun commentaire

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Sur les fenêtres de lumières. Là, où pleurent les larmes de pluie. Nous avons vu fleurir des arbres, des fleurs, vivre des jardins merveilleux. Nous avons baissé les armes. Il faisait nuit, nous étions en conflit. Cela nous arrive souvent. Si souvent. Dans cet univers enchanté, nous avons retrouvé la paix. Quelques instants, si peu, juste assez. Pour oublier nos rancœurs, nos reproches maintes fois ressassés. Pour avancer entre les couleurs vives de ce paradis artificiel. Tombé du ciel. Pour nous réconcilier. Espérer que ce moment ira jusqu’au bout de la nuit. A cet instant où le soleil viendra éteindre les lumières de ce jardin imaginaire. Nous jettera au-dehors. Demain, il n’y aura plus de larmes de pluie à couler sur les fenêtres endormies. Les murs sombres retrouveront leurs teintes grises. Nos visages aussi. Je le sais. Je le sens. Il n’y a que la nuit que nous parvenons à nous faufiler à l’intérieur. Dans ce pays où nous existons sans temps, ni heure. On se retrouve comme avant. Doucement. En nous aimant. Mais, la magie s’effrite, je le vois, j’en ai peur. Tu as moins envie de venir. Pour t’enfuir, aller ailleurs. Les larmes qui couleront un soir sur les fenêtres de lumière seront celles de ma douleur.

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Mélancolique

Publié le 22 Jan 2013 | Aucun commentaire

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Ce soir, nous irons marcher dans les rues de la ville. Sans but. Portés par le vent de l’hiver. Poussés par le froid des montagnes. Nous, nous cacherons sous un porche pour éviter le souffle enneigé. Pour nous embrasser. Les lumières de fête traceront le chemin de nos pas. Entre les hauts murs de pierres. Devant les rares fenêtres encore éclairées. Nous irons d’un pas lent. Chaque jour, nous courrons. Tout le temps. Éloge de la lenteur. Espérance de la douceur. Nous entrerons dans une douce torpeur. Collés l’un à l’autre, nous glisserons comme des fantômes sur le sol brillant. Nos ombres ne pourront pas s’y refléter. Ce soir, nous avons décidé que nous serons invisibles. Seuls. Irrésistiblement seuls. Pour partager ce moment. Simple. Unique. Mélancolique.

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Nos secrets

Publié le 21 Jan 2013 | Aucun commentaire

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La brume s’est levée ce matin, venant recouvrir le lac où nous avons noyé nos secrets, nos souffrances passées. Nous les pensions coulées à jamais. Mais, ce matin en venant marcher le long des rives sombres, j’ai vu remonter à la surface ce que nous avions tout fait pour oublier. Une main recouverte d’algues, un visage blanc, des cheveux collés dessus. Une bouche déformée. Un cri ne pouvant en sortir. Nos démons sont apparus, revenus du plus profond de notre histoire, brisant cette mémoire lisse que nous nous sommes employés à fabriquer. Pour nous protéger. Pour croire que nous existons. Pour espérer que les siècles n’auront pas de prise sur nous. Entre les arbres du parc où nous avons grandi, où nous avons si souvent joué. En ce lieu où nous avons appris à nous aimer, à grandir, à avoir peur de nous perdre. Sur ce lac où il y a eu l’accident. Une chute de la barque, l’eau qui entre dans ma bouche, m’étouffe. Mes bras qui battent pour résister. Mon corps qui s’enfonce. La lumière de la vie qui s’éteint. Une dernière fois ton visage regardé. Dessus, tant de peur, de détresse. Ce n’est pas cette image que j’aurais voulu emporter. Tu étais traumatisée, terrifiée. Moi, tout autant. Puis, il y a eu le calme, le silence, ce matelas de vase où je me suis reposé. Plus tard, beaucoup plus tard, je me suis relevé de ce corps qui m’avait abandonné. Je suis parti à ta recherche. Je ne t’ai retrouvée que le soir où ton corps, usé, a accepté de te laisser partir pour te précipiter dans mes bras. Depuis, nous nous promenons dans ce parc comme des fantômes courant après nos vies ratées. On a tout fait pour oublier ce jour funeste où je me suis noyé. Mais ce matin, la brume l’a réveillé pour me torturer, nous faire souffrir, nous rappeler que nous devons nous protéger, nous aimer. Alors, comme un fou, je cours vers toi, pour me jeter dans tes bras. Fermer les yeux, croire que jamais rien n’est arrivé. Tricher, falsifier notre réalité. Depuis des siècles, je sais que nous vivons dans ce monde où jamais nous ne parviendrons à noyer nos secrets, nos souffrances passées.

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