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gothique et romantique

Mes nouvelles

Le premier soleil du monde

Publié le 27 Mar 2013 | Aucun commentaire

Le premier soleil du monde

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Je te mens

Publié le 19 Fév 2013 | Aucun commentaire

Je te mens

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Je ne vends que du vent. Que tu ne veux croire. Encore moins voir. Je te mens, chaque jour, en permanence, tout le temps. Tu te damnes. Mais, tu l’attends. Ta perversité me bouleverse. Ce bonheur me renverse. La musique de nos mots se répète, insipide, morbide.  Je te mens, chaque jour, en permanence, tout le temps. Tu t’accroches à mon visage blanc, mon cœur noirci. Par nos mains glacées, notre absence de vie. Nous descendons chaque jour une marche de plus. Jusqu’au fond du puits. Accrochés pour ne pas tomber. Sur une route torturée. Faîte de virages, de courbes verglacées. Je te mens, chaque jour, en permanence, tout le temps. Je te parle de cet avenir merveilleux. Celui que je fabrique avec des mots. Qui sortent à peine. Au goût mielleux. Pour te faire croire que je suis beau. Ils n’ont pas la douceur de la laine. Juste la répétition de cette musique du mensonge qui raisonne dans ma tête. Que tu aimes entendre à perdre haleine. Pour te damner près de moi. Savoir qui tu es. Au vent mauvais. Tu as décidé de t’abandonner. Je suis l’ombre de tes sentiments les plus sombres. Je suis la poussière de tes plus belles années. Tu as décidé de me coller comme si j’étais ta destinée. Souvent, je voudrais t’abandonner, te protéger. Je me hais. Je te hais. Je nous hais. Je te mens, chaque jour, en permanence, tout le temps. Mais. Tu l’acceptes comme si c’était bon. Comme si tu t’en nourrissais pour exister. Tu es folle. Ta vie caracole. Sur des chemins égarés. Je ne serais jamais le bon cocher. Celui de ton âme, de ton cœur, celui qui pourra assécher le sang de tes larmes. Je ne puis guérir tes plaies. Je ne peux même pas effacer ce que tu as enduré. Je te mens, chaque jour, en permanence, tout le temps. Je suis rien. Je suis ta fin. Tu te maintiens. Debout, à coté de moi. Comme si nous étions bien. Comme si nous n’avions jamais faim. De goûter le sel de nos lèvres, de sombrer dans l’ivresse de nos corps décharnés. De hurler. De crier. De supplier. Que je t’aime comme tu m’aimes. Je ne le peux. Je ne le veux. Mentir  jusqu’au blasphème. Attendre jusqu’à pendre. Cette idée que je tiens à toi. Je te le dirai, tu me quitterais. Tu aimes trop plonger avec moi dans le noir. Là, où tu existes. Là, où, tu vis de cette peur. Qui monte jusqu’au cœur. Qui te remplit de bonheur. Je ne le sais que trop. Nous voulions aller si haut. Les étoiles dans les yeux. Avec le même vœu. De nous aimer. De ne jamais nous quitter. Je te mens chaque jour, en permanence, tout le temps. Je tiens à toi. J’en crève. Dans la nuit de mes rêves. Mais, il y a. Cette peur de nous voir souffrir. La détresse de nous sentir défaillir. Cette faiblesse de finir par mourir. Aussi, je fuis pour réduire nos vies. A cette descente dans le puits. Là, où nous pourrons nous cacher. Nous rencontrer. Ne plus tricher. Revenir comme avant. Où nous ne connaissions pas la peur du temps. Où nous ne tremblions pas sous le vent. Le jour approche. Je me prépare. Je le sens arriver. Il est là. Bien trop proche. Je te mens chaque jour, en permanence, tout le temps. J’ai çà en moi. Encore plus fort. Que tous nos efforts. Pour faire semblant. D’être vivants. Aux côtés de toi. Jusqu’au bout du bout. Quand notre vue sera floue. Pliés sur les genoux. A vomir dans la boue. Le peu qui reste de notre vie. Au fond de ce puits. Là, où je t’ai entraînée pour te capturer. Là, où je voulais te conserver. Pour toujours près de moi. Je t’ai dit tant de mensonges pour te faire descendre. J’ai tout réduit en cendres. Ton visage gris aux teintes du malheur. Qui ne connaît plus le bonheur. Baigné de larmes. Tu n’aurais jamais dû me croire. Te méfier de mes mots. Pour éviter ce drame. Ne jamais vouloir. Rien ne changera jamais. J’ai beau essayer. Je te mens chaque jour, en permanence, tout le temps…

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Pars en paix

Publié le 30 Jan 2013 | Aucun commentaire

Pars en paix

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Je te cherche depuis si longtemps. Depuis mon départ, depuis ce jour sombre où je t’ai abandonnée. Te laissant seule avec tes doutes, tes rêves, prisonnières de tes incompréhensions face à ce monde qui te terrifiait tant. Parti courir au-delà de ces limites dans lesquelles tu t’emprisonnais un peu plus chaque jour, je me suis enfui. Pour ne plus te secourir, m’échapper de ta folie qui paralysait mes sens, bloquait ma respiration, étouffait les mots sur mes lèvres. Je suis parti pour un ailleurs où la vie n’est pas aussi compliquée qu’avec toi. Elle était devenue infernale. Je ne la supportai plus. Je me suis éloigné sans me retourner; trouvant la force dans chaque nouveau pas de ne pas regarder en arrière. Je ne sais pas si tu m’as vu m’éloigner. J’ai marché puis couru. A perdre haleine. Je me suis arrêté loin, si loin que je ne savais plus où j’étais. Il faisait jour ou nuit dans cette grande forêt où je me suis effondré. Je ne me rappelle plus. Je me souviens des étoiles qui dans le ciel se levaient. Elles brillaient de cet éclat que j’avais oublié. Avec toi, il y avait tant de noirceurs dans notre vie. Je faisais semblant de ne pas les voir. Par faiblesse, pour espérer qu’un jour tu soufflerais sur les nuages de notre cimetière. Tu ne l’as jamais fait. Au contraire, tu as attisé les braises consumant le fil qui me reliait à mes dernières illusions. Au milieu des loups, des fantômes de notre vie passée, je me suis allongé entre les arbres de la forêt. Leurs squelettes décharnés ne m’inquiétaient pas. Je n’avais pas peur. Ils étaient moins terrifiants que les épouvantails de ta déraison. Ta folie a réduit les murs de ma liberté. Elle a élimé mes projets, mes journées, mes secondes au point que l’horloge du temps s’était arrêtée. Je ne suis pas libre maintenant. Heureux ? Pas vraiment. Fort d’un sentiment. Celui d’avoir réalisé quelque chose que je me devais de tenter. Celui de t’abandonner. Pour moi. Pour toi. Je ne savais plus où nous allions. Oui, il fallait tenter quelque chose. Une course désespérée au-delà des murs de ta déraison. Je sais qu’il le fallait. C’était ainsi que tout devait s’achever. Je le croyais lorsque nous étions ensemble. Est-ce d’ailleurs la bonne expression ? Nous étions proches d’une présence physique. Et encore… Si éloignés mentalement. Le fossé s’était creusé dès le premier jour. Nous ne l’avons pas vu ou feint de l’oublier. Ta pensée m’obsédait. Je culpabilisais à l’idée de t’abandonner. J’ai tant mélangé de choses, m’apitoyant sur moi, sur toi. Pensant à ta faiblesse. Ta détresse. Je vivais . Je ne respirai plus. Je ne mangeai plus. Il y avait en moi cette unique question de toi, de ta souffrance, de ta solitude. Je suis tombé dans la pitié. On n’aime pas avec de la pitié. Je l’ai compris après ces longues années d’errance dans les forêts de mes interrogations. J’ai tenté de te sacrifier  sur l’autel de l’oubli. J’ai scarifié ma mémoire pour n’y laisser que le dessin de ma nouvelle vie. J’ai immolé le livre de notre passé détruit. Rien n’y a fait. Plus je luttais pour te rejeter, plus je me rapprochais de toi. Ta folie entrait en moi. Je ne parvenais pas à la rejeter. Je l’appelais.  Je t’ai cherchée. Je suis revenu sur mes pas. Pour me faire pardonner, t’aider. Tout s’est mélangé dans ma tête. La confusion de mes pensées, le mélange de mes obsessions, la culpabilité de ton abandon. J’ai crié devant notre porte fermée. Tu ne répondais pas. Tu n’étais plus là. Je suis parti à ta quête dans les recoins les plus sombres de ta pensée. Dans ces lieux où abondent tes démons. Où te rongent tes craintes. Celles qui ont mangé, une à une, tes dernières parcelles de lumière. J’ai caressé les écailles de ta détresse. Celles qui ont éteint les couleurs en toi ne te laissant que le blanc et le noir. J’ai senti le froid glacial monter le long de tes os. J’ai vu cette paralysie se répandre dans tes chairs jusqu’à cette rigidité qui te va si bien. Maintenant, tu ne bouges plus. Tu ne bougeras plus. Ton corps ne t’apportait plus aucune joie. Ton esprit l’avait abandonné parti sur des mers desquelles on ne revient pas. Tu entres dans le tableau peu à peu. Ton visage s’installe dans le décor. Une place t’es réservée pour que tu vives. C’est la première fois que cela t’est offert. Il reste encore de l’inquiétude sur ton visage. La cire n’a pu maquiller tes dernières peurs. Tu as revêtu ta plus belle robe. Tu sembles presque heureuse. Tu ne le seras jamais. C’est dans ta nature. Je te regarde. Il me reste cela. Je ne me sens ni coupable, ni abandonné. Nous étions faits pour nous quitter. C’est ce qui nous a rejoints. Je l’ai enfin compris. Tu n’as plus besoin de moi. Dans ton monde, il y a aucune place pour moi. Dans le mien, nous étions trop à l’étroit. Dors ma belle. Pars en paix.

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La présence

Publié le 30 Déc 2012 | Aucun commentaire

La présence

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Tu as si longtemps vécu dans cette maison que tu en as pris ses couleurs, sa tristesse, sa vieillesse. Des pièces sans lumière derrière des volets de bois élimé où rien ne passe dans une oppressante intimité. Pour te cacher, ne pas effrayer, paniquer. Tu as si souvent erré dans l’escalier aux marches usées. Pour te faufiler, t’esquiver, t’effacer. Sans but, passant comme une ombre de chambres en chambres, du premier au salon du rez de chaussée. Pour respirer, ne pas asphyxier, ne pas suffoquer. Tu es entrée dans leurs vies sans te faire remarquer. Pour ne pas les gêner, les offusquer, les crisper. Ils ne t’ont pas vu, juste sentie, parfois imaginée. Pour s’inquiéter, douter, s’interroger. En haut, tu t’es réfugiée dans le grenier durant de longues années. Pour ne plus exister, te faire oublier, les respecter. Ils ont vieilli, accepter ta présence, appris à vivre avec avant de s’éteindre chargés de ce lourd secret. Pour ne pas le révéler, apeurer, terrifier. La maison ne s’est jamais vendue, elle te ressemble, tu lui ressembles en sœurs jumelles, tu n’as d’autre part où aller. Pour exister, te terrer, t’enfermer. Entre ciel et enfer, dans le purgatoire de ce voile fantomatique qui te recouvre, tu es perdue dans les limbes de ton lourd passé. Pour avoir aimé plus que de raison, pour avoir adoré au point de tuer, pour être allé jusqu’à la dernière extrémité. Un jour tu seras délivrée. Pour t’envoler, te recroqueviller dans les bras de ton bien aimé.

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Un miroir

Publié le 1 Déc 2012 | Aucun commentaire

Un miroir

Un miroir. S’approcher, regarder, avoir peur, hésiter, reculer, douter, s’inquiéter, s’effondrer. Craindre son image, ce qu’elle est devenue, ce corps qui a changé, s’est modifié, métamorphosé. Souffrir, pleurer, mais ne rien pouvoir y changer. La peau plus tendre, plus douce, fragile, légère comme le vent. Ressentir, trop, tout, avec tant d’émotions, les larmes prêtes à couler pendant que le ventre se tord, que la douleur déchire les entrailles. Vivre le moment des millions de fois alors que d’un clignement d’yeux le temps s’est arrêté. Maîtriser, bloquer, les aiguilles des minutes, des années pour chercher à comprendre cette nouvelle vie où tout n’est que sensations sans explication. Donner un sens au sacrifice. Devenir un ange. Etre un ange. Savoir, comprendre son corps pour conserver l’espoir ; un espoir.

Un miroir. Oser l’affronter, s’opposer, trouver, donner à l’âme une identité. Des yeux qui vont se regarder dans un reflet sans pitié. Des yeux qui craignent ce moment. Quelle âme vont-ils pénétrer ? Sont-ils prêts à plonger au fond de l’humanité, loin, si loin que les dates s’effaceront, balayant les heures du temps, l’histoire des années, pour ne plus retenir que les cendres de ce méandre. Pourtant, restera cette lueur si particulière qui module les couleurs, donne au noir ce gris qui laisse encore une place à l’espérance. Oui, croire qu’un ange possède, a une existence qui n’est pas que solitaire, noire ou misérable, qu’il lui reste l’espoir.

Un miroir. S’avancer, se redresser, lutter, ne pas succomber, résister, se regarder pour accepter, mener le grand combat de la vérité. De longs cheveux noirs, des boucles brunes tombant en cascade sur des épaules à la peau blanche, si blanche comme la première neige d’un matin d’hiver. Ne pas en avoir peur, ne pas trembler, ne pas avoir froid. Juste frissonner. Des veines à fleur de peau, un cœur qui bat lentement, imperceptiblement, se ménageant pour les milliers d’années qui rythmeront les pulsations de sa vie à venir. Les mains qui touchent le visage aux lèvres rouges sang, qui aiment ce contact doux et délicat, qui se sont embellies par le contraste du carmin avec la blancheur de doigts fins et délicats. Glisser les mains sur les yeux, pour les protéger, les apprivoiser. Une dernière fois, les laisser baissés avant de définitivement les relever.

Le moment de vérité.

Les doigts se sont écartés. Le regard a percé. Vif et doux, tendre et violent, aimant, ardent. Balayées par le souffle du temps, les joies et les souffrances sont apparues avec une fragilité qu’une larme laisse échapper. Se reconnaître, sans vraiment savoir qui l’on est, ce que l’on est devenu. Chercher dans ce regard une trace de ce que l’on a été, avoir la sensation de ne rien y trouver mais savoir pourtant qu’il reste quelque chose, une part de soi qui ne s’est pas envolée, qui a résisté. Lutter pour la retrouver, pour exister, ne pas sombrer. Se raccrocher à la chute d’une larme, chercher dans son éclat un reflet, un dernier reflet de ce que l’on a été. Ensuite, il n’y aura plus rien à y puiser. L’ange est né pour sauver son père. Dans son dos, les ailes ont poussé. Il a beau les replier, les cacher, son corps est à jamais marqué, déformé, sa vie métamorphosée. Il a donné pour protéger, épargner.  Changer pour avoir aimé et continuer à aimer. Le choix a été fait. Ethel, c’est ta vérité.

(Ce texte est la préface de mon nouveau roman et la suite du premier présenté sur ce site)

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Le purgatoire des âmes

Publié le 30 Oct 2012 | Aucun commentaire

Le purgatoire des âmes

 

Au-delà des montagnes et des collines, des fleuves et des rivières, des plaines et des champs, il y a une ville que l’on voit mais que l’on ne peut approcher. Elle est là toute proche, à quelques pas seulement. Elle est là mais ne s’ouvre jamais derrière les remparts de ses hauts murs. L’hiver, on observe des fumées s’échappant de quelques cheminées. C’est le seul moment de l’année où l’on sait qu’elle est habitée. Sinon, il n’y a jamais de bruit qui s’en échappe. Le silence est pesant, lourd, écrasant. La ville semble muette, déserte. Beaucoup ont essayé de s’en approcher mais elle s’est reculée. Certains ont allongé la foulée pour la rattraper mais plus ils couraient, plus l’écart augmentait. Elle est devenue la ville de toutes les peurs. Elle fascine tout autant. Au-dessus, flotte, en permanence, un ciel de nuages noirs. Souvent, les éclairs parcourent la toile sombre des nuages. La cathédrale, qui veille sur la ville, est triste, sombre. Sur ses murs, l’encre noire des nuages a coulé, l’a tatouée. La nuit, aucune lumière ne s’échappe des fenêtres de ses maisons. Certains affirment que ses habitants ne ressentent ni le froid, ni la chaleur, ne mangent pas, ne boivent pas. La nuit, leurs yeux sont aussi vifs que le jour. D’autres ajoutent que les habitants de cette ville fantôme ne vieillissent pas, ne mourront jamais. Pourtant, le mystère est entier. Pourquoi, l’hiver, quelques cheminées de la ville fument-elles ? Que peuvent-elles cracher vers le ciel ?  Il n’y a pas de bois derrière les hauts murs des remparts. On ne voit jamais personne venir récolter des branches dans les forêts environnantes. Pourtant, des cheminées fument entretenant le mystère. Certains ont essayé de survoler la ville. Mais, les nuages sont devenues vaporeux, gris, sombres, noirs, agressifs, chargés de tonnerre, d’éclairs. Une force invisible en a fermé l’accès. L’été est revenu comme chaque année. Autour de la ville, les arbres ont verdi, les feuilles les ont recouverts. Au loin, la ville est restée figée dans ses habits sombres et noirs. Autour, les paysans ont continué à travailler dans les champs, s’attachant à faire lever le blé. C’est là qu’ ils l’ont vu arriver. Sa barbe blanche, ses pieds noircis par la poussière des chemins, il s’est présenté à eux, un bâton à la main, un loup à ses côtés. Gris, des yeux luisants, un poil brillant, la taille d’un mouton, des crocs blancs, acérés, le souffle court, haletant. Les paysans ont eu peur de cet animal infernal, ont frémi devant son regard insoutenable. Ils se sont reculés, protégés. Sur la route de la ville, le loup s’est engagé. L’homme à la barbe blanche s’est positionné en retrait. Le miracle s’est produit. La ville est restée à sa place, ne s’est pas reculée. La grande porte des remparts s’est ouverte devant l’animal, puis s’est refermée sur lui. Le silence est devenu lourd, pesant, inquiétant. L’homme, à la barbe blanche, a tendu son bâton vers les nuages recouvrant la ville. Il a tracé dessus un signe de croix, qui s’est étalé de blanc comme la craie sur le tableau des écoliers. Au loin, derrière les remparts, la plainte du loup s’est faite entendre, lugubre, assourdissante. Les paysans se sont protégés du bruit en plaquant leurs mains sur les oreilles. Mais la plainte était si forte, qu’ils sont tombés à terre, gémissant, râlant. Alors, toutes les cheminées de la ville se sont mises à fumer, puis à cracher dans le ciel des flammes sur lesquelles couraient les corps dénudés d’âmes s’enfuyant du purgatoire. Hurlant, tendant leurs mains dans un dernier appel, ils se sont élevés dans le ciel pour disparaître. Plus tard, beaucoup plus tard, les flammes se sont éteintes. La porte des remparts s’est ouverte, laissant sortir le loup gris.La porte s’est refermée, le soleil s’est levé, la ville s’est dissipée derrière le voile chaud de l’été. On ne l’a plus jamais revue.

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