Le dernier matin

Un mystère. La pesanteur de l’air. Qui nous environne. Nous emprisonne. Respirer. Exister. Ne plus étouffer. Trouver de l’air. Sortir de ce mystère. Qui nous atterre. Plus bas que terre. Si proche de l’enfer. Exister. Respirer. Se toucher. Se serrer. Pour remonter. Vers le soleil. Qui étincelle. Rebelle. Derrière. La barrière. De nuages. Un mirage ? Ou est-ce l’âge ? De croire en ces chimères. Les notes amères. D’un piano désaccordé. Par tant d’années. A être frappé, martyrisé. De nos doigts agacés. Ne nous font plus valser. Respirer. Exister. Répété. Y penser sans arrêt. Entretenir le mystère. De l’enfer. De nos vieilles années. Aux corps abîmés. A l’esprit léger. Étouffé. Par nos carcasses rouillées. Incapables de bouger. Dans la pesanteur de l’air. A l’odeur de terre. Où nous irons nous allonger. Sans être allé derrière. La barrière. De nuages. Où étincelle. Ce soleil. Sans pareil. Au goût de miel. Exister. Respirer. Pour croire encore que l’on est vrai. Habillés de notre lâcheté. Qui nous a si souvent protégés. Pour nous dérober. Ne pas assumer. Ce matin. Elle ne sert plus à rien. C’est la fin. Il n’y aura plus d’autre lendemain. Juste ce dernier matin. Dans le mystère. De la pesanteur de cet air trop lourd à respirer pour exister.
Lire la suiteNotre premier secret

Je t’ai donné rendez-vous devant la statue. Aux corps emmêlés. Aux têtes exténuées. Sous le poids démesuré. D’un être dépravé. Qui ne se générait. De t’éclabousser. De son obscénité. Tout est exagéré. Le faux , le vrai. Le lourd, le léger. Toi, si fragile. Tu sembles écrasée. A côté. De ce délire de corps et de bêtes. Jusqu’au bout de la tempête. Qui a enfanté. De ce monstre au visage illuminé. Demandant à être porté. Titanesque. Ne parvenant pas à se déplacer. Grotesque. Ni même à bouger. Ubuesque. Pour chevaucher. Un animal à ses pieds. Au pelage délavé. Les yeux humiliés. Tu es restée à les observer. De loin, je t’ai regardée. N’osant avancer. A quoi as-tu pensé ? Je ne te l’ai pas demandé. J’ai vu que tu souriais. Je ne saurais jamais. Jusqu’où le rêve t’a emmené. Il est ta propriété. Je ne viendrai la violer. Ni même en parler. J’ai vu scintiller une étoile de ton intimité. Que tu ne veux dévoiler. Cette statue ayant glissé entre nous notre premier secret.
Lire la suiteMots d’amour

Assis sur le banc à regarder la mer. Les bateaux. La ville. Les nuages qui s’étirent. Langoureusement. J’entends ta mélancolie. Le son délicat des violons de ton âme. Qui pleurent de ne pas savoir. Où va le temps ? Celui qui s’étire en toi. Te privant. De cette joie qui te bride tant. Amputant ta vie de fantaisie. Au bénéfice de cette mélancolie. Qui te pousse à imaginer qu’ailleurs. Tu trouveras le bonheur. Mais, il ne peut habiter en toi. Les teintes de ton âme sont grises. Incapables de voir le monde autrement. Pourtant. Je te dis le contraire. Je te mens. Pour que tu espères. Que mon mensonge te protège. Te mette à l’abri de l’hiver, de toutes ces neiges. De tous ces précipices desquels tu ne pourrais te relever. J’aime ta fragilité. Le sang chaud de ta sensibilité. S’étalant sur le carmin de tes lèvres. Que j’aime embrasser. Que je veux à tout jamais.
Lire la suiteLe sommeil de la lumière du temps

Sur la cheminée de bois. J’ai placé une lampe. Pour briller, me souvenir de toi. Ce ne sera pas assez. Pourtant, c’est tout ce que j’ai trouvé. Car, je sais que je vais oublier. Le souvenir de toi. Tes mots, tes yeux, tes idées. Tout ce qu’il y avait en toi. Je ne voudrais pas que cela soit effacé. Mais, c’est ainsi, je ne peux rien y faire. Chaque jour, un peu plus, nous nous éloignons l’un de l’autre. C’était avant, c’était hier. Aujourd’hui, nous n’avons plus qu’un passé. C’est ce qui nous réunit. Au bout de la nuit. Dans le sommeil de la lumière du temps. Je veux me souvenir de toi. Comme si c’était avant.
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J’y aspire

J’aime ton idée qu’un arbre puisse fleurir toute une vie sans jamais mourir. J’aime cette idée qu’une vie peut ne pas avoir de fin. Je ne l’avais pas imaginé. Ni osé le penser. Que certains arbres puissent être touchés d’un doigt divin. Cette idée vient du plus profond de ton désir. Portant ta grâce de l’impossible. J’y aspire. Se parfumant d’essences futiles, si fragiles. Inaccessibles. Les fleurs balayées par le vent de l’été, frappées par le souffle des mois d’hiver. Tout autour de l’arbre, il n’y a que joie et misère. Lui reste droit, beau et fier. Jusqu’au bout du mystère. D’une vie sans mourir. Ton idée. Est-elle de toi ? J’y aspire. As-tu le pouvoir de nous l’offrir ? Je le désire. Le sang de cette vie où rien ne s’éteint ? Qui ne connaît pas de fin. La plainte des feuilles s’abîmant sur le linceul de l’automne. Le gémissement de branches déchirées par la tempête. As-tu cette force de pouvoir agir ? Pour tout ralentir. Quitte à nous endormir. Avant que les cloches de la mort ne sonnent. J’y aspire.
Lire la suiteTant de vagues sont venues mourir au bord de la plage

Proches de nous, tant de vagues sont venues mourir au bord de la plage. Sur ce sable froid de l’hiver. Qui n’a plus d’age. Dans la nuit argentée. D’un ciel étoilé. Au vent frais. Venu balayer nos habitudes. Dans un doux prélude. Au pied de ce château illuminé. Dressé au pied de la plage. Éclairant nos retrouvailles. Après toutes nos batailles. Nous sommes devenus plus sages. Comme l’orage. De ces vagues écumantes. Menaçantes. Dans le lointain. Qui perdent de leur force en s’approchant de la fin. Sur ce sable que nous foulons. Où, nous, nous retrouvons. Après tant de dérives sur l’écume de nos tempêtes. C’était hier. Ce n’est pas si loin. Je l’ai encore en tête. Je n’en suis pas si fier. De ces querelles sans fin. Au goût amer. A l’âme futile. Pour un enfer. Inutile. Nous, nous sommes égarés. Mais, ce soir, proches de nous, tant de vagues sont venues mourir au bord de la plage. Nous rappelant par leurs plaintes. A nos craintes. Effaçant ces lettres de nos maux. Que nous avions tracées. Sur le sable de la plage. Qu’une vague d’un dernier coup de rein. A su écrire le mot de la fin. Pour qu’enfin nous puissions nous retrouver main dans la main.
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