Mélancolie

La mélancolie des couleurs fauves de l’automne. Frappent mon cœur d’une tristesse qui raisonne. Comme le son étouffé d’une plainte. A jamais éteinte. Sous la lueur livide de la lune. Baignant mes peines qui ne font qu’une. Avec l’anxiété violentée d’un loup. Blessé au fond de son trou. Feu de paille. D’une âme qui défaille. Vierge de toute haine. Chassée à jamais de ses veines. Sempiternelle sentinelle. Laissant en rêve éternel. Une trace d’amour. Pour unique toujours. La mélancolie des couleurs fauves de l’automne. Frappent mon cœur d’une tristesse qui raisonne. Comme l’unique signal. D’une douleur fatale. Fille de mes amours initiales. Que tes doigts frêles. Ont effacé sur mon corps de polichinelle. Balafré de mes trajets. Entre le beau et laid. Voyageur inavoué. De mon sombre passé. Que ton être enfiévré. Veut pour toujours éradiquer. La mélancolie des couleurs fauves de l’automne. Frappent mon cœur d’une tristesse qui raisonne. Comme la pénombre. D’un aveu qui sombre. Sous l’horizon d’étain. Dernier jour avant le lendemain. Teinté du soleil rouge de l’été. Empreint de gaieté. Que je n’ai jamais pu effleurer. Que tu as promis de me révéler. Portant pour toujours l’oubli. De ma mélancolie.
Lire la suiteOublier ?

Oublier ? Effacer ce qui nous restait pour mieux recommencer ? Sans retenir les leçons du passé. Plus loin que la mémoire ne s’efface. Oublier ? Ces remords qui nous enlacent. Brisant nos carcasses moins fort que la vraie menace. De ne plus avoir d’histoire. Pour avoir oublié. D’où nous venions; de si loin perdus dans le noir. Au cœur d’une forêt à chercher le chemin d’une possible réconciliation. Faîte d’hésitation, de perversion. Pour savoir qui sera le plus fort ? Avant de découvrir que nous avions tort. De nous être abandonnés dans ce labyrinthe de contradictions. J’en ai ce matin la conviction. Je ne veux plus oublier. Tout laver. Faire semblant de recommencer. Niant le passé qui nous a fabriqués. Traçant la marque indélébile de nos destinés. La notre était de nous rencontrer. De nous aimer. Quitte à surmonter tant de difficultés. Sans nous échapper. Courant entre les ronces et le blé. Vers le bout du chemin où tout deviendra félicité. Je ne peux abandonner. Ce qui nous a forgés. Car j’aurais simplement oublié. Par facilité. Barrant d’un trait de plume. Sur la peau du livre de notre histoire. Le faux et le vrai de notre passé que j’assume. Pour toi, il est le venin qui chaque jour étouffe un peu plus ta conscience du bien. Sans autre devoir. Que de t’engager sur un autre chemin. Oubliant ce que nous aimions. Détruisant les allées d’où tu venais. Sans jamais te retourner. Mettant un terme à toute passion. Oubliant pour toujours. Qui tu avais été. Un être d’amour. Oublier ? Je ne peux, je ne veux le faire. Allant tous deux jusqu’en enfer. Rongés par cette impossibilité de comprendre pourquoi nous sommes encore réunis ? Derrière les visages vides d’un souvenir évanoui. Masquant l’absence infinie. D’une histoire à jamais enfuie. Oublier ? Pour ressembler à ce que nous avions toujours détesté. Le silence entre deux êtres. Portant les chaînes de l’ennui. Comme unique lien les ayant toujours unis. Oublier ? Le son des tes mots, la couleur de ta peau, l’éclat de tes yeux. Capricieux, amoureux. Oublier ? Non, jamais. Pour trahir ce que nous avions été ? Faire semblant d’exister. Maintenant. Demain. Tout le temps. Avec cette entorse au passé. Plus forte que la culpabilité de ne prendre ta main. Sur ce chemin où l’on dit que la vie sera plus belle chaque matin.
Lire la suiteLe dernier tour de piste du pierrot

Des fils de lune tombent éparses sur les lumières de la nuit. Entremêlés aux gouttes de pluie. S’étirant dans l’air avant de faillir. S’écrasant sur le sol avant de mourir. Messagères futiles. Passagères fragiles. Portant le texte d’un faire part. Aux écrits improbables volés au cœur des ténèbres. Ruisselant sur le sel et le corps d’une marche funèbre. S’échappant du chœur d’une cathédrale. Célébrant l’effacement d’un cœur haletant éclairé de l’éclat diaphane d’une bougie. S’éteignant d’un ultime vacillement théâtrale. Étiré en fils de lune tombant éparses sur les lumières de la nuit. A l’éclat livide. Au regard insensible. Dernier tour de piste du pierrot devant une salle vide. Sans sortie possible. Si, ce n’est de regarder une dernière fois la lune. Et, de lui tendre la main sans pouvoir l’arracher à sa solitude.
Lire la suiteThe door of blood

A glowing sky for a last hesitation of the day. Dying out on the door of blood. Before the night does not extend on the mounts and the valleys. Forsaking the heart of the alive ones. Recovering shroud of the evening the palpitation blown. Pressed to enter on other side of the leaves. To protect itself from the growing cold. Recovering the emaciated bodies. Sauntering in the large mob of the circle of the life. Forever ravaged. Running up against the door of blood. Crashing to pieces itself with the remainders of regrets. Momentary vagrants of so much of years wasted to scorn. Curve of time while believing in immortality. Intoxicating poison. Being distilled in the veins. With this transitory vision to be stronger than all the sorrows. Leaving the traces of their scratches on the carmine of the door of blood.
Lire la suiteLa porte de sang

Un ciel rougeoyant pour une dernière hésitation du jour. S’éteignant sur la porte de sang. Avant que la nuit ne s’étende sur les monts et les vallées. Délaissant l’âme des vivants. Recouvrant du linceul du soir le battement de cœurs essoufflés. Pressés d’entrer de l’autre côté des battants. Pour se protéger du froid grandissant. Recouvrant les corps décharnés. Déambulant dans la grande cohue du cercle de la vie. A jamais meurtri. Se heurtant à la porte de sang. Se fracassant aux restes de regrets. Vagabonds passagers de tant d’années gâchées à mépriser. La courbure du temps en croyant à l’immortalité. Poison enivrant. Se distillant dans les veines. Avec cette vision éphémère d’être plus fort que toutes les peines. Laissant les traces de leurs griffures sur le carmin de la porte de sang.
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