Entends-tu la fin du monde approcher ?

Entends-tu le son déformé de la fin du monde approcher ? Ressens-tu ton corps se transformer sous la violente poussée ? Du vent mauvais venus nous balayer. Je te vois frissonner, moi trembler. J’ai mal de tout voir s’en aller. Je voudrais me raccrocher à l’idée que rien n’est encore passé. Que tout peut arriver. J’aimerais me réveiller, toujours espérer. En des riens, des détails, toutes ces choses qui me font mal et que j’ai aimées. Je ne peux plus, je ne sais. Quoi toucher, ta peau, tes mains, t’embrasser. Pour tordre le sort, le conjurer. Revenir en arrière dans le silence embué de nos humeurs partagées. A se désirer, se chamailler, se dévorer, se retrouver. Tu me dis qu’il ne faut pas paniquer. Mais j’ai peur de l’idée de nous abandonner. Plus que le vent balayant tes cheveux emmêlées. Plus que le souffre du volcan réveillé. Qui s’approche, va nous brûler. Il reste encore quelques secondes à imaginer. Chercher le mot, la lueur qui pourra dans tes yeux étinceler. Je pourrais te dire que je t’ai aimée. C’est trop banal, c’est… Un triste et pale résumé de tout ce que tu m’as apporté. La fin du monde va nous consumer. Ne rien laisser de ce que l’on a été. Je ne veux pas marquer l’histoire, ni même rester. Je ne peux plus te regarder. Le noir nous a enveloppés. Il va falloir oublier. Il va y avoir le vide puis l’éternité. Le froid, nos corps carbonisés. Peut-être nos poussières mélangées ? Elles continueront de s’attirer. C’est l’idée que je veux emmener alors que mon corps est écartelé, brisé. Restera cette seule vérité. Que nous continuerons à nous aimer. Malgré nos corps émiettés. A jamais. Dans la poussière de l’oubli disséminé.
Lire la suiteUn monde à imaginer

Ce n’est pas le remord, ni même le regret. Qui m’empêcheront de déplorer. De voir le jour s’en aller. Refermant les heures ensoleillées. Passées à se promener. En rêvant d’un monde à imaginer. Où nous pourrions nous protéger. Il suffirait de le fabriquer. Au fil de nos pensées. En se laissant divaguer. Ivres de tanguer. Dans le silence d’une nuit ensommeillée. Glissant le long du château à ses pieds. Portés par l’eau glacée. Que nous ne pourrions toucher. Les yeux vers le ciel rivés. En regardant les étoiles filer. Nos cauchemars derrière accrochés. J’ai le droit de rêver. A un univers rond ou carré. Sa forme ne pourra m’empêcher. De croire que les murs sont faits. Pour être repoussés. Ce n’est pas le remord, ni même le regret. Qui viendront me contrarier. De croire et d’espérer. Que les péchés sont faits pour être pétrifiés. Et que les rêves terminent embaumés. Même s’ils ne se sont jamais réalisés. Ils restent à la mémoire accrochés. Comme des étoiles filants illuminées. Sur la voute d’un soir ombragé. Tableau noir marqué. Des lettres de craie. Racontant pourquoi on était fait. Sans jamais l’avoir réalisé. Il reste la nuit, le silence écrasé. Pour caresser les cordes du passé, les faire vibrer. En écouter les larmes couler. Les boire, s’en abreuver. Pour tenir, ne pas craquer. Afin d’être prêt à se lever. Quand le jour viendra rappeler. Que ce n’est pas le remord, ni même le regret. Qui m’empêcheront de déplorer. De voir le jour s’en aller. Refermant les heures ensoleillées. Passées à se promener. En rêvant d’un monde à imaginer.
Lire la suiteAn unfinished book

Further the memory remembers. In an unfinished book the words of a text without hope Sleep. Write with the wavering light of a candle in the one evening half-light. Carved on paper with black ink. The removed the structure from letters of chopped sentences are the mirror. Of a sad and disabled heart liming itself in despair. Fear, not to know fear. Concern disabled more nothing to see. Were right of these words of love thrown through the mincer. Of a passion arriving at the end of its history. In a library or some share this unfinished book is on standby goodwill. Of a reader ready to doubt or to believe. That these letters can still move. And better than an old black book. They reflect a heart which does not have anything illusory. Because in them a spirit dozes in which one can still perceive. The sharp blood of an infinite love ready to be moved again.
Lire la suiteLe livre inachevé

Plus loin que se souvienne la mémoire. Dorment dans un livre inachevé les mots d’un texte sans espoir. Écris à la lumière vacillante d’une bougie dans la pénombre d’un soir. Sculptées sur le papier à l’encre noire. Les lettres déstructurées de phrases hachées sont le miroir. D’une âme triste et désemparée s’engluant dans le désespoir. La peur, la crainte de ne pas savoir. L’inquiétude désemparée de ne plus rien voir. Ont eu raison de ces mots d’amour jetés à travers le hachoir. D’une passion arrivant au bout de son histoire. Dans une bibliothèque ou quelque part ce livre inachevé est en attente du bon vouloir. D’un lecteur prêt à douter ou bien à croire. Que ces lettres peuvent encore émouvoir. Et mieux qu’un vieux grimoire. Elles reflètent une âme qui n’a rien d’illusoire. Car en elles sommeille un esprit dans lequel on peut encore percevoir. Le sang vif d’un amour infini prêt de nouveau à s’émouvoir.
Lire la suiteThe memory of a wheat field

There remains to me the memory of a wheat field. Rain falling, a softened ground. Clouds flying low clinging. With the branches of trees harpooning them. In the moistness of a stray summer. With the gray and spellbinding sky.Mystifying any idea to rest itself. There remains to me the memory of a wheat field. With the diluted gold colors yellow. Undulating in the wind until death. Putrescent in the middle of the vapors. Oozing one day until the night. Bathing in a torpor. Fleeing at the end of the infinite one. By not being afraid more. Unhappiness and pity. There remains to me the memory of a wheat field. Randomly of a forced march. Under the rain of the summer. Without seeking to turn over me. To see to disappear. The phantom of a memory. Behind the dense fog. Of a last offense.
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