Une toile dessinée au fusain

Ce soir, dans la pénombre du lointain s’endormiront les teintes d’un pâle matin. Embaumées dans la patine d’une toile dessinée au fusain. Traversée par les balafres de branches scarifiant le ciel. S’enveloppant dans le souvenir fugace d’une journée sans trace. Laissant le froid et le silence d’une rivière qui s’en-sommeille. Coulera l’âme d’une eau trouble aux remous qui s’enlacent. Dans la danse d’un diable aux multiples farces. La pesanteur de l’air, son odeur, porteront le parfum de l’humidité. Qui se rependra avant que ne tombe le voile d’une nuit étoilée. Le chant des oiseaux s’éteindront. Laissant le théâtre vide, la scène abandonnée, la mort pour invitée. Rampante, mordante, lancinante, tournant en rond. Comme une bête fauve en mal de nourriture. Les yeux hagards, le poil terne, prête à déchirer. Par faim, par envie, par plaisir, se jetant sur la moindre pâture. Seul, le jour naissant pourra la chasser. D’un trait de couleur blanche se levant. Ce soir, dans la pénombre du lointain s’endormiront les teintes d’un pâle matin. Embaumées dans la patine d’une toile dessinée au fusain. Où se mélangeront la vie, la mort. Entre le blanc et le noir, appelant la complainte grise d’une voix extirpant l’or. D’une journée remplie de torpeur. D’un ciel peint de ternes couleurs. S’oublieront les petits détails du jour, les bruits, les cris, la peur, la plainte, le dernier gémissement. S’imposera alors l’insolent silence du vide après l’ultime tremblement. Laissant amer une croix pour se souvenir d’hier.
Lire la suiteOn se croyait immortels

Siffle un vent fou entre les tours déchiquetées d’hoqueter sous les assauts répétés d’un souffle lancinant. S’engouffre dans les gueules noires de cheminées le froid glacé de l’abandon s’infiltrant entre les pierres et les planchers chancelants. Somnole une nuit éternelle habitant les longues pièces mortes d’ennui où se reflète à la lune l’éclat d’armures empoussiérées. Suinte l’écho enfui des cris et des rires du passé sur des murs perlés d’humidité dans le souvenir d’une chaleur effacée. S’éteignent les flambeaux du jour devant l’avancée d’une nuit givrée enveloppant le château de notre enfance. Je pense alors à toi, à nous, à nos danses. Il n’en reste que le souvenir fou de ces étés doux où l’on se croyait immortels. Nous avions tort, cela ne pouvait pas être réel.
Lire la suiteThe reason to love you

There could be the thunder and the rain, the wind and the fear There is the sun, calm, and heat. Your tempting peeling, radiant, being played. Shades, glances, threats, rails which trespass. You, strong and powerful, reigning on an invisible kingdom that you guards of an alleviating approach. There is this light which recovers you of a brilliance homage. That you accept for his softness, refusing its glare which has of equal only your rage. Contained, maintained in the glare of your eyes which you can make wise. Polished attitude of sovereign sometimes haughty. Knowing that its power, its force, are not beechnuts. In front of suzerains crawling to appease their hunger. , Lengthened you on the settee of your excesses. You, scorning all these unimportant details. Hiding the truth of its moments. Behind the closed mask of impassive features. There is truth, the forgery which you can make possible. Of a growl, an irritation. There is the love which you give to the account drips, with torrent, according to your whims of the moment. Actress victim of her irritations. Dominating queen, who can show manipulator. Sleep in you so much of feelings which can leave bubbling crossbred a castrating fury. In this moment of peace, reigns the moment weighing to seek to guess the direction of your silences. This eye hardly shining which returns offense. To be observed to seek to understand, to hope to hear. These words which you will never pronounce. This glance of love thrown to the flight. Who is your truth and the reason to love you.
Lire la suiteLa raison de t’aimer

Il pourrait y avoir le tonnerre et la pluie, le vent et la peur Il y a le soleil, le calme et la chaleur. Ton pelage séduisant, rayonnant, se jouant. Des ombres, des regards, des menaces, des râles qui trépassent. Toi, forte et puissante, régnante sur un royaume invisible que tu gardes d’une démarche apaisante. Il y a cette lumière qui te recouvre d’un brillant hommage. Que tu acceptes pour sa douceur, refusant son éclat qui n’a d’égale que ta rage. Contenue, maintenue dans l’éclat de tes yeux que tu sais rendre sage. Attitude polie d’une souveraine parfois hautaine. Sachant que sa puissance, sa force, ne sont pas faines. Devant des suzerains rampant pour assouvir leur faim. Toi, allongée sur le canapé de tes excès. Toi, méprisant tous ces détails insignifiants. Cachant la vérité de ses instants. Derrière le masque fermé de traits impassibles. Il y a le vrai, le faux que tu peux rendre possible. D’un grognement, d’un agacement. Il y a l’amour que tu donnes au compte goutte, à torrent, suivant tes caprices du moment. Actrice victime de ses énervements. Reine dominatrice, qui peut se montrer manipulatrice. Dorment en toi tant de sentiments qui peuvent sortir bouillonnants mâtinés d’une fureur castratrice. En ce moment de paix, règne l’instant pesant de chercher à deviner le sens de tes silences. Cet œil à peine luisant qui renvoie l’offense. D’être observé pour chercher à comprendre, pour espérer entendre. Ces mots que tu ne prononceras jamais. Ce regard d’amour jeté à la volée. Qui est ta vérité et la raison de t’aimer.
Lire la suiteLe cauchemar

Dans la nuit de tes cauchemars, il existe un escalier magique. Que tu montes pas à pas le cœur en panique. Au bout se trouve une porte de bois petite et sombre que tu ouvres lentement arrivant devant un miroir. Peu à peu s’éclairant à l’intérieur le reflet de bougies vacillant sous le souffle d’un vent s’échappant d’une forêt endormie. Recouverte de la pluie d’un hiver chargé d’une profonde mélancolie. S’étendant jusqu’aux rives d’un étang. Les arbres dénudés, transis, se reposant alanguis. Les herbes jaunes brûlées par le froid le bordant. Toi, plongeant les pieds nus dans l’eau, la peur te saisissant. Dans le miroir, ton image se troublant, l’inquiétude t’étreignant de te sentir dans la vase t’enfonçant. Mais, progressivement le voile lumineux des bougies se rallume, te rassurant en projetant à l’intérieur du miroir les images d’une ville endormie baignée de couleurs jaunes qui te caressent. Dans le silence de rues, tu avances entre de hautes maisons grises; dans cette absence de vie, tu progresses. Le long de murs vieillis, de portes majestueuses, fermées par de lourdes serrures, de nouveau la peur s’installe. Elle te prend à la gorge, tu n’as qu’une idée, sortir, t’enfuir, jusqu’au bout de la rue, n’importe où, courir vers une sortie à travers le dédale. Pousser une porte, l’unique restant ouverte, entrer dans une grande salle. Tomber devant un miroir, trouver dans son reflet l’image d’une route de montagne montant à travers les bois en accéléré. Un soleil vif et agressif perçant entre les branches d’arbres aux feuilles séchées. L’angoisse au ventre, portée par la violence de l’accélération, tu suffoques. Juste au moment d’être jetée au sol, tombant sur le sol détrempé, le croassement de corbeaux qui se moquent. De toi, faible proie dans une nuit maquillée des couleurs blanches de la lune, tu erres jusqu’au pied d’un château en ruines. La pluie dégoulinant sur les pierres abimées, les fenêtres crevées, les murs en lambeaux, tu montes un escalier le visage recouvert de bruine. Tu gouttes les perles humides se posant sur ta langue, elles ont le goût salé de ton sang. Tu veux te réveiller mais le rêve te reprend. Te jetant au bord d’un étang. Peu à peu ta tête s’enfonce au fond de l’eau frôlant la vase, des bulles d’air remontant à la surface où se flâne un couple de cygne blanc. Les yeux fermés, se touchant. Leur présence accapare ton esprit, tu veux les rejoindre, tu nages sans jamais parvenir à t’en approcher. Eux s’éloignant, toi t’endormant. Portée par le rêve qui te place devant le miroir. Où tu ne rencontres que le reflet du noir. Aveugle, tu touches les bords de son cadre, tes doigts se piquent, se griffent, tu as mal. Tu cries, tu supplies pour sortir du rêve qui t’enlace prisonnière dans une cage comme un animal. Tu n’as qu’une idée en tête, trouver la porte d’entrée du cauchemar pour t’en échapper, te libérer. Mais il n’y a que l’écho de ton souffle brûlant se heurtant aux murs de pierres. Puis, le vide après le néant jusqu’au bout de la mer. Où ton corps dérive jusqu’à une île, ses rivages accueillant, un soleil se levant chaud et fier. Tes pieds touchent le sable, montent les premières marches d’un escalier. Jusqu’à la nuit tombante où tu t’arrêtes sur le pallier. Au bout se trouve une porte de bois petite et sombre que tu ouvres lentement arrivant devant un miroir. Peu à peu s’éclairant à l’intérieur le reflet des lumières de bougies vacillant sous le souffle d’un vent provenant du fond d’une forêt endormie. Recouverte de la pluie d’un hiver chargé d’une profonde mélancolie…
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