
J’entends encore l’orchestre de nos mélodies chatoyantes. Dans une salle vide, quelques lumières orangées, les vapeurs océaniques de nos effusions et le murmure d’une nuit d’été. Je fends cette image alors que je pénètre plus avant dans le couloir. Je viens à ta rencontre. Tu le sais, tu m’as appelé. Comme c’est le cas depuis quelques soirs. Je tremble de te croiser. Saurais-je avoir les mots justes pour t’apitoyer ?
Il ne me reste que ça et pas plus. Faible et vulgaire je suis devenu. J’ai perdu les repères de nos folies partagées, la cacophonie de nos rires étouffés, la symbolique de nos mains nouées. Tes doigts plus petits se nichant dans la paume de ma main. Et, ce présent sans lendemain.
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Je viens te retrouver. Tu seras au bout de ce long couloir. Cet espoir porte mes pas dans cet océan d’angoisses qui me submergent. Je frôle ces épieux qui éperonnent mes frayeurs. Je touche leurs têtes sanguinolentes. Elles sont rieuses et mielleuses. Elles comptent l’histoire de mes répugnances.
Infamantes, elles sont les plaies qui m’ont accompagné en bordure des chemins et des allées où je suis allé me perdre. Ces terres de désolation, de mauvaises rencontres, les festins giboyeux de commères malsaines. J’en ai si souvent vues se reproduire à la chaîne. Elles m’ont usé. Elles ont scellé la tombe de tant de fatalités. Tu étais présente pour m’aider à me relever. Je faisais appel à toi pour remonter la pente. Tu es la seule à ne m’avoir jamais trahi. Maintenant, je peux te le dire dans nos souvenirs évanouis. Avant, j’avais de la pudeur ou peut-être plus de la retenue. J’étais ébloui, oui c’est que je pensais. J’ose enfin l’affirmer. Face à ce vide qui m’étreignait, tu étais ma seule issue. Un fanal au bout d’une perche comme maintenant dans ce couloir où trébuchent mes pas.
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J’ai rêvé de toi cette nuit. Je me suis engouffré dans le rêve qui à chaque fois se termine en cauchemar. Il en est ainsi. Depuis si longtemps, il est le complice de ce qui ne doit rien au hasard. Ces peurs aiguisées qui me rejoignent en cortège au fond d’un long couloir.
Il s’enfonce sous terre dans le noir. Mes doigts effleurent les pierres de mes souvenirs où sont gravés tant d’histoires. Les soubresauts de mes hésitations, ces rencontres imposant des virages brusques et inattendus. Je revois tout lentement dans l’urgence de mes précipitations. J’avance si vite parmi les ombres comme à chaque fois. Nu et sans protection. Je n’ai jamais su me protéger. Combien de fois me l’as-tu reproché ? Cela a toujours fait partie de mes incapacités. J’en ai tant. Comme d’être devant toi comme un enfant. Je ne le vis pas comme une erreur, ni une fatalité. De nous deux tu as toujours été la plus forte. Je te reconnais cet absolu et bien plus encore. Par amour et fidélité. Je n’en ai jamais ressenti le poids. J’ai fait ce choix sans effort. Il était légitime et accepté. Il me semblait logique et cohérent. Placé proche de toi, je me sentais protégé.
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J’ai tant rêvé de toi, ma muse imaginaire. Je n’ai jamais vu ton visage, est-ce nécessaire ? Pour m’évader en ta compagnie et marcher sur le lac salé. Là, où nous allions nous retrouver. J’ai vu les soleils noirs de nos nuits se prosterner. Avec des gouttes d’encre sur le voile immaculé de nos matins échevelés. Tu lisais ces messages en fredonnant nos airs nostalgiques. Toutes ces choses que l’on ne pourra jamais ensevelir.
Les matins blancs qui chassaient la pénombre chaotique. Puis s’effilochaient entre les épines des étoiles s’endormant. Nous avions entre elles tendu le hamac de nos tendresses flamboyantes. Encore, maintenant, j’aspire à en conserver l’éclat tout le temps. Pour qu’elles vivent et respirent. Mes libellules de mes étés romantiques vagabondes et capricieuses. Je leur ai tout donné par fidélité à toi.
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Je te veux dans mes bras. Frileuse et enjôleuse. Comme autrefois lorsque nous étions rois et reines de nos torpeurs alanguies sur la soie de nos draps. Souviens-toi de ces instants que jamais nous n’avons pu définir. Nos regards, ces frissonnements, l’appel de se toucher du bout des doigts pour ne pas se heurter et mieux s’écouter. Je me rappelle ces messages à tremblements discrets sur ta peau humide. J’ai dans la mémoire toutes ces choses qui encore m’émerveillent. Et, plus encore nos silences parmi ces nuits torrides. Comme de petits oasis dans le sable et les dunes de nos rêves.
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