
Il y a ces gouttes de pluie acide. Ruisselant sur les pierres d’un soir avide. Des corbeaux croassant le bec tendu. Prêts à déchirer l’âme nue. De larmes tombant drues. Il y a le ciel bas. Gris, s’étirant las. Jusqu’à perte de vue. Aussi loin que s’endorme la nuit. Cette couleur sombre que tu fuis. Plus forte que tu l’eus crue. Hantant les recoins de tes cauchemars. Vautrés dans les égouts hagards. D’une mémoire sans espoir. Il y a ces tombes qui habillent le cimetière. D’une vie réduite en poussière. L’herbe verte, les murs sombres. Entourant le bal des ombres. Où s’aventure ce qui reste de toi. Je veux le croire. Il me reste cette foi. Pour te retrouver dans le miroir. Jouer à s’émerveiller. Se dire que c’est la vérité. Sans se pincer. Ni se blesser aux barbelés du passé. Il y a le silence. Qui pèse lourd oppressant. Rythmant les pas lents d’une danse. Macabre où les squelettes tirent la vedette. Dans ce bruit qui m’entête. Je ne peux. Je ne veux. Imaginer que l’autre côté. Du mur il y a d’autres sentences. Ce rêve immense. Que le temps n’a pas de fin. Que les croix ont d’autres lois. Poussant derrière des murs. En se donnant l’allure. De s’être enterrées avec l’infirmité. D’attirer ces gouttes de pluie acide. Ruisselant sur les pierres d’un soir avide. Des corbeaux croassant le bec tendu. Prêts à déchirer l’âme nue. De larmes tombant drues. Je pense à toi. Je me dis des fois. Que la musique du temps. Se répète indéfiniment. S’achevant par une croix. Inlassablement. Sans nom. Effacé par l’érosion. Juste du bout des doigts. Se lit sur la pierre une trace d’autrefois. Il y a le ciel bas. Gris, s’étirant las. Jusqu’à perte de vue. Aussi loin que s’endorme la nuit. Cette couleur sombre qui colore les insomnies. Jusqu’au moment où les yeux se ferment. Que tout revienne. Toi mettant un terme. A cette éternelle absence. La tienne. Comme une souffrance.
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Il y a un mois, un an, je ne sais plus. Il y a si longtemps que je ne me rappelle plus. Le vide et le néant sont venus remplacer nos élans. Sur les rives de nos promenades au fils des ans. Doucement, si lentement, accrochant le temps. Aux épines de roses sauvages. Poussant au bord des plages. Ceinturant notre château assoupi dans le noir. Bordé de ciels nostalgiques endormant nos soirs. Il y a un mois, un an, je ne sais plus. Il y a si longtemps que je ne me rappelle plus. Imaginant une vie entre les murs. Des rois, des reines ayant fières allures. Des chevaux galopant sur les rives. Montés par des chevaliers aux teintes vives. S’éloignant en criant. Dans le lointain disparaissant. Laissant un silence envoutant. Il y a un mois, un an, je ne sais plus. Il y a si longtemps que je ne me rappelle plus. L’eau caressée par le vent. Des vagues se formant. Le vent arrivant. D’un revers balayant. Les images d’un monde fascinant. Où nous marchions gaiement. Il y a un mois, un an, je ne sais plus. Il y a si longtemps que je ne me rappelle plus. Le sable de nos mirages entre les doigts s’en est allé. Le château n’a pas changé. Les roses continuent de pousser. Leurs épines de piquer. Seuls, nous avons évolué dans le miroir d’un temps venu nous effacer. Donnant à nos silhouettes plus de clarté. Diffuses, elles se sont effilochées. Transparentes, oubliées. Il y a un mois, un an, je ne sais plus. Il y a si longtemps que je ne me rappelle plus. Ne reste que le décor de nos rêves. Les jours qui se répètent sans trêve. Des amants qui hantent les grèves. Avant que tout ne s’achève. Dans une histoire brève. Il y a un mois, un an, je ne sais plus. Il y a si longtemps que je ne me rappelle plus.
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Il y a toujours un soleil qui se couche. Une nuit noire que l’on touche. Des yeux, du regard, se laissant endormir. Par la langueur d’un temps venu étourdir. La faiblesse d’avoir cru tenir. Le monde entre les mains et s’éblouir. Jetant un pont pour se conquérir. Ferme les yeux; souviens-toi. Du soleil venu nous éblouir. Ces heures échappées. Emportées pour les avoir oubliées. Toi et moi. Un slow porté par les eaux. Croyant à l’éternité ou feignant de l’imaginer. Dans tes bras, parlant avec des mots d’amour. Ces certitudes pour toujours. Voulant y croire. Sans chercher à savoir. Qu’il y a toujours un soleil qui se couche. Une nuit noire que l’on touche. Venue mettre un terme à ce jour que l’on voudrait sans fin. Le froid annonçant un nouveau lendemain. Détachant tes doigts d’entre les miens. Éteignant l’éclat des yeux, de nos regards, en se laissant endormir. Par la langueur d’un temps venu étourdir. L’espoir fou d’avoir espéré détenir. Une parcelle d’éternité sans parvenir à la maintenir. Ferme les yeux; souviens-toi. Du soleil venu nous éblouir. Du temps arrêté, cette sensation figée. Qu’autour de nous viennent de s’évanouir. Le bruit, la fureur, les peurs de mourir. Il ne reste que le silence. Cette insolence. De tenir la vie entre nos mains. De jouer avec sans fin. Tes yeux mutins. Nos câlins. Enfermés que l’on pourrait libérer. En venant briser le cristal de notre éternité. Pour retrouver cette idée. Qu’il y a toujours un soleil qui se couche. Une nuit noire que l’on touche. On tangue, ivres. Sur un radeau jeté à la rivière. On dérive dans une nuit noire couverte de givre. Tu as froid, tu trembles sur cette route buissonnière. Pour aller jusqu’au bout du bout. Nous sommes fous. Il n’y a que des fous. Pour s’accrocher ensemble, vent debout. Portant les yeux, le regard, en se laissant endormir. Par la langueur d’un temps venu étourdir. La faiblesse d’avoir cru tenir. Le monde entre les mains pour s’éblouir. En jetant un pont sur les eaux pour se conquérir. On se croyait immortels. Une journée, ce fut la plus belle.
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Entends-tu le son déformé de la fin du monde approcher ? Ressens-tu ton corps se transformer sous la violente poussée ? Du vent mauvais venus nous balayer. Je te vois frissonner, moi trembler. J’ai mal de tout voir s’en aller. Je voudrais me raccrocher à l’idée que rien n’est encore passé. Que tout peut arriver. J’aimerais me réveiller, toujours espérer. En des riens, des détails, toutes ces choses qui me font mal et que j’ai aimées. Je ne peux plus, je ne sais. Quoi toucher, ta peau, tes mains, t’embrasser. Pour tordre le sort, le conjurer. Revenir en arrière dans le silence embué de nos humeurs partagées. A se désirer, se chamailler, se dévorer, se retrouver. Tu me dis qu’il ne faut pas paniquer. Mais j’ai peur de l’idée de nous abandonner. Plus que le vent balayant tes cheveux emmêlées. Plus que le souffre du volcan réveillé. Qui s’approche, va nous brûler. Il reste encore quelques secondes à imaginer. Chercher le mot, la lueur qui pourra dans tes yeux étinceler. Je pourrais te dire que je t’ai aimée. C’est trop banal, c’est… Un triste et pale résumé de tout ce que tu m’as apporté. La fin du monde va nous consumer. Ne rien laisser de ce que l’on a été. Je ne veux pas marquer l’histoire, ni même rester. Je ne peux plus te regarder. Le noir nous a enveloppés. Il va falloir oublier. Il va y avoir le vide puis l’éternité. Le froid, nos corps carbonisés. Peut-être nos poussières mélangées ? Elles continueront de s’attirer. C’est l’idée que je veux emmener alors que mon corps est écartelé, brisé. Restera cette seule vérité. Que nous continuerons à nous aimer. Malgré nos corps émiettés. A jamais. Dans la poussière de l’oubli disséminé.
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Ce n’est pas le remord, ni même le regret. Qui m’empêcheront de déplorer. De voir le jour s’en aller. Refermant les heures ensoleillées. Passées à se promener. En rêvant d’un monde à imaginer. Où nous pourrions nous protéger. Il suffirait de le fabriquer. Au fil de nos pensées. En se laissant divaguer. Ivres de tanguer. Dans le silence d’une nuit ensommeillée. Glissant le long du château à ses pieds. Portés par l’eau glacée. Que nous ne pourrions toucher. Les yeux vers le ciel rivés. En regardant les étoiles filer. Nos cauchemars derrière accrochés. J’ai le droit de rêver. A un univers rond ou carré. Sa forme ne pourra m’empêcher. De croire que les murs sont faits. Pour être repoussés. Ce n’est pas le remord, ni même le regret. Qui viendront me contrarier. De croire et d’espérer. Que les péchés sont faits pour être pétrifiés. Et que les rêves terminent embaumés. Même s’ils ne se sont jamais réalisés. Ils restent à la mémoire accrochés. Comme des étoiles filants illuminées. Sur la voute d’un soir ombragé. Tableau noir marqué. Des lettres de craie. Racontant pourquoi on était fait. Sans jamais l’avoir réalisé. Il reste la nuit, le silence écrasé. Pour caresser les cordes du passé, les faire vibrer. En écouter les larmes couler. Les boire, s’en abreuver. Pour tenir, ne pas craquer. Afin d’être prêt à se lever. Quand le jour viendra rappeler. Que ce n’est pas le remord, ni même le regret. Qui m’empêcheront de déplorer. De voir le jour s’en aller. Refermant les heures ensoleillées. Passées à se promener. En rêvant d’un monde à imaginer.
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