
Écrire au bord de l’eau. Jeter à vau l’eau des mots. Flottant sur les flots. Graver dans la pierre. Mes vœux, mes prières. Se dissolvant dans des larmes amères. La tête dans les nuages. Sans frontière, juste otage. Ne pouvant tourner la page. Rédiger sur le papier. Des poèmes, des sonnets. Chuchotant presque muet. Jouer sur un piano. Une partition couleur coquelicot. Dans le sang de sanglots. Boire dans le verre. La ciguë de l’apothicaire. Distillant sa vie, ses horaires. Se nourrir de la nuit. Sans bruits, sans cris. Habillant le silence infini. Sur la trace de tes pas. Pas à pas. Jusqu’à toi, quand tu seras là. Imaginaire. Dans le secret de mes rêves. Crépusculaires. Fantasme qui s’élève. Vaporeux. Merveilleux. Une étincelle, brève. Fusionnelle, unidirectionnelle. Vers ton cœur. En fusion de toi. Toujours, à chaque fois. A toute heure. Une ritournelle. Obsessionnelle. Je me fous de tout. Je suis jaloux. De tes paradis. Leurs velours. Mes rêves en labours. Lovée dans tes pensées cachées. Cette intimité que je veux partager. Sans parvenir à te conserver. Des bouts de soir. Un sommeil bordé d’espoir. Rêvant de te revoir. Blonde, brune, rousse. J’ai la frousse. Tes yeux qui m’éclaboussent. Ainsi. Aussi. Écrire au bord de l’eau. Jeter à vau l’eau des mots. Flottant sur les flots. Pour te retenir. Avant que n’expire. Le temps du désir. Que tu m’accordes. En concorde. D’une voix monocorde. Imaginaire, je te nomme. Ce nom qui raisonne. Colère, éclairs, orage qui tonne. Imaginaire, je t’appelle. Les lettres que j’égraine en enfer ou au ciel. Graver dans la pierre. Mes vœux, mes prières. Se dissolvant dans des larmes amères. Imaginaire, si tu veux. Un jour ensemble tous les deux. Des nuits, nos rêves merveilleux. La tête dans les nuages. Sans frontière, marchant sur les rivages. Sombres, les couleurs de nos tatouages. Je n’ai de toi qu’une image. Échappée d’un rêve sans visage.
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Une image déformée, des couleurs exagérées, un ciel trop noir, trop mauvais. J’ai envie de te te dire que je ne me souviens plus de rien. J’ai envie de fuir ailleurs plus loin. Dans le feu, j’ai jeté l’album de nos photos. Celles où il y avait notre maison. Ses fenêtres fermées, des trous dans les carreaux. Un appel, une pulsion. J’ai regardé le brasier s’allumer. J’ai vu nos clichés se consumer. Là sans bouger. J’ai pensé regretter. Je n’ai pas bougé. J’ai aimé. Je me suis senti purifié. De pouvoir tout effacer. Il le fallait. J’ai respiré l’odeur des cendres les yeux fermés. J’ai fait un vœu trop noir, trop mauvais. Je ne peux te l’avouer. Notre maison, notre totem en image déformée, des couleurs exagérées. C’est comme çà que je la vois, la voyais. En château abandonné. Les fantômes dans ce cloaque venus s’enrhumer. Le quotidien de nos nuits. A s’épier, se guetter. Je n’ai pas oublié. C’est ainsi. J’ai maintenant la force de te le dire. Face à toi, j’étais faible, soumis. Incapable de m’enfuir. Par lâcheté, par facilité. Ma vie. Mon infini. A attendre je ne sais quoi. Certainement pas toi. Le début d’une force. La force de briser l’écorce. La haine m’a porté, endormi. Elle a bordé mes nuits. Mes cauchemars, leurs brouillards. Je me suis uni à leurs soirs. Je te suis devenu invisible, inaccessible. Impersonnel, irréel. Loin de toi. Refermé en moi. Ombre parmi les ombres. De siècles en siècles. Sans gémir. Croyant au pire. T’aimant à te maudire. Avoir quelque chose à se dire. Jusqu’à ce jour où. J’ai couru comme un fou. En manque de toi. Tu n’étais plus là. Orphelin de ta loi. Je n’ai que toi. Pourquoi m’as tu laissé là ? Les fantômes ne peuvent pas mourir. Les fantômes n’ont pas le droit de mourir. Je fais le malin pour ne pas pleurer, m’effondrer. Je suis seul abandonné. Transparent, absent. Une image déformée, des couleurs exagérées, un ciel trop noir, trop mauvais. J’ai envie de te te dire que je ne me souviens plus de rien. J’ai envie de fuir ailleurs plus loin. Je te mens, je me retiens. Je n’ai pu brûler nos souvenirs, je les ai maquillés. Notre maison d’un ciel trop noir. J’ai exagéré les contrastes comme si j’avais tenté de la brûler. Notre passé, toi, tout ce qui me restait. Les miettes que les oiseaux ne voulaient. Je me suis apitoyé. Je me suis relevé. Tournant la page avec le mirage de colorier nos dernières images. Une folie, une envie pour ne pas effacer les lueurs de nos dernières bougies. Ainsi maintenant s’enfuit ma vie. Mon infini.
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Sur la tombe de nos sorts gémit la douleur de nos corps morts. Sombre et tenace comme la liane qui s’enlace. Aux bras multiples et vivaces. Arrachant dans nos chairs les lambeaux putréfiés de cette fatalité.Elle a perdu la vie. Elle incarne ce passif.Plus mort que vif. Flirtant avec les rives de l’infini. Avec pour épitaphe des mots gras. Chargés de l’odeur rance de nos péchés. Gravés dans la pierre du glaive de nos infirmités. S’alignant un à un pour rappeler. Qu’il y a plus à oublier qu’à pardonner. Je frisonne. Tu tâtonnes. Dans le noir torride de nos soirs. Où cheminent deux par deux nos regrets. Sans bouche à bouche pour les réanimer. Nos squelettes enlacés pour se protéger. Du froid que l’on ne ressent plus. De ces soleils que l’on ne voit plus. Nous aveugles et sourds pour toujours.
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Voyeur de tes ébats, de tes lenteurs. Doucement bat ton cœur. Les pieds nus sur le parquet. Ballerine aux pas muets. Dansant en pleurant. Hoquetant en trébuchant. Les bras écartés. A maintenir l’équilibre envoutant. De ne pas chuter. La robe se liant. Autour de ton corps. Ensorcelant ce moment. Vivant ou mort. Je ne sais plus. Maintenant ou hier. Il y a si longtemps. La douceur de ta peau nue. Au goût sucré ou amer. Un souvenir inanimé. Des ébats oubliés. En croyant te voir danser. Au travers d’une fenêtre vague silhouette. Les yeux à rêver. Pauvre marionnette. Les fils accrochés à ton cœur. Dans le mouvement saccadé. De tes pas, de tes peurs. Tu ne m’entends pas. Tu ne me vois pas. Impuissant, je suis là. Voyeur de tes ébats, de tes lenteurs. Tu es emportée, ensorcelée. Vers un autre ailleurs. Émiettée, morcelée. Je te vois t’effacer. Comme si tu n’avais jamais existé. Je ne peux te retenir. Croire que je t’ai inventée. Pour ne pas oublier. Te faire revenir. Tricher avec le passé. Le déformer pour le maquiller. De cette danse, toi les pieds nus sur le parquet. Tournoyant pour t’enivrer. Derrière une fenêtre à nous séparer. Sans pouvoir s’approcher, ni se parler. Voyeur de tes ébats, de tes lenteurs. Ta vie à l’intérieur. La mienne à l’extérieur. Maintenant, tout le temps. A jamais, pour l’éternité.
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Infinies comme des gouttes de pluie sur une feuille qui plie. Je veux te parler ici d’un lieu où mes pas m’ont conduit. Les reflets d’un lac sous les clapotis. L’image trouble et affadie. De ce présent dans les bois à l’arrivée de la nuit. Les fleurs qui se lassent, se délavent sous la pluie. Le vent devenu calme et assagi. Je marche entre des arbres aux troncs noircis. Ombres rigides dans le mausolée d’un printemps reverdi. Traînent paresseuses les ombres d’une angoisse meurtries. Dans le silence pesant d’un ciel qui s’obscurcit. Se morcelle alors la déliquescence de mon ennui. Je pourrais y trouver une once de poésie. Douce emprunte de mélancolie. Cherchant la torpeur et la candeur d’une âme endormie. S’évaporant dans le brouillard qui s’épaissit. Je t’appellerai au secours pour que tu me ramènes à la vie. T’offrant en échange le goût des fruits interdits. Avant tu auras lu le texte où il est écrit. Que nos pas marchent sur les traces de notre nostalgie. L’époque où nous vivions entre les murs d’un paradis. Vague souvenir dont il ne reste aujourd’hui. Qu’un ennui infini écrasant la feuille qui plie. Le poids lourd des larmes de nos pluies. Une à une les gouttes avachies. Passent dans le sablier d’un temps affadi. Toi et moi, métronomes de nos instants inaboutis. Là, va mon idée de nous, une vue de l’esprit. Ce soir au travers du brouillard et de la nuit. Entre les arbres où se languit. Ce désir, cette envie, cet infini. De tuer mon ennui dans l’éclat de ton visage qui rit.
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